‹ Les hysteriquesChapitre 254 sur 265 · SÉQUESTRATION · texte numérisé non relu

SÉQUESTRATION

le fait d'une lésion des organes génitaux, suffisante pour provoquer passagèrement des appétits exagérés, mais trop légère pour amener à sa suite la compromission de la liberté morale.

Si, au contraire, L'intelligence esl profondément atteinte; si les besoins sont irrésistibles; si les déterminations semblent commandées par des désirs impérieux, la séquestration pourra devenir nécessaire, et l'interdiction Légitime. On devra, dans l'espèce, fonder son jugement >ur la considération de la nature plus ou moins ins dite des actes commis; sur le degré des troubles intellectuelsqui accompagnent ces actes; sur la persistance des ardeurs utérines, la fréquence et la durée des phases de rémission; sur la considération enfin des antécédents héréditaires, qui tiennent, nous l'avons vu, une si large place parmi les causes de la nymphomanie grave.

Le fait suivant, communiqué à Bayard par Esquirol, démontre bien, comme quelques autres de ceux que nous avons rapportés plus haut, l'utilité qu'il peut y avoir à isoler les malades dans un asile, pour les protéger contre elles-mêmes.

OBSERVATION X. — Folie nymphomaniaque. — Début soudain.

Une jeune personne, appartenant à une famille très honorable de province, est recherchée en mariage. Quelques entraves en retardent l'accomplissement; il a lieu toutefois à la satisfaction des parties contractantes. Après les cérémonies civiles et d'église, les familles se réunissent en un banquet,

la mariée seule est absente, elle échappe à toutes les re-

cherches. Ou parvient enfin à savoir qu'elle a pris la route de Paris; on suit ses traces.

Après de longues et inutiles perquisitions, la mère de cette jeune femme la rencontre aux environs du Palais-Royal, vêtue connue une prostituée et en faisant l'infâme métier. Aux reproches, aux larmes, elle répond par l'éloge de son genre de vie, par des rires de satisfaction, et, sourde aux prières, aux supplications de sa mère, elle s'obstine à continuer un métier qui lui procure les jouissances dont elle est insatiable.

La folie est évidente dans ce cas. Elle est déterminée par le besoin irrésistible de satisfaire l'appétit vénérien jusqu'alors contenu par une bonne éducation et des mœurs sévères, et qui a éclaté tout à coup. Ici, en quelques jours, la jeune fille sage et modeste est devenue la Messaline la plus éhontée.

Lorsque les nymphomanes, entraînées par leur honteuse passion, sont assez sérieusement atteintes pour être , dans leurs actes, dominées par leurs appétits morbides, elles peuvent, par des dons inconsidérés, des unions mal assorties, compromettre leurs intérêts et ceux de leurs proches. C'est alors que se pose la quesde Y interdiction. Au point de vue spécial, l'observation qui suit est intéressante :

OBSERVATION XI. — Nymphomanie. — Projet de mariage. — Opposition. — Rejet. — Demande en interdiction. — Rejet. — Appel. — Arrêt confirmatif.

Veuvede trois maris, madame Pu'eois veut à soixante-douze ans convoler en quatrièmes uoees ; la plume se refuserait à

Page 1