‹ Les hysteriquesChapitre 31 sur 265 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

sies, spasmes, contractures, crampes, attaques convu-

sives), constituent le tond et comme le décor changeant delà scène, sur laquelle vont se montrer et évoluer les troubles de l'intelligence ou de l'affectivité, véritables acteurs du drame médico-légal. Mais il ne faudrait pas croire qu'il y eut parallélisme constant entre les deux ordres de symptômes, somatiques et psychiques. Il est rare de voir l'hystérie bénigne, celle qui ne se traduit que par quelques spasmes, des douleurs, vagues, par exemple, s'accompagner de désordres mentaux sérieux. C'est habituellement, au contraire, dans l'hystérie la [dus grave, dans celle qu'on a appelée la grande hystérie, que s'observent le plus communément ces troubles cérébraux si accusés, que nous décrirons plus loin sous le nom de folie hystérique. Il peut se Taire enfin que les phénomènes somatiques soient peu prononcés, alors que, sous l'une des mille influences susceptibles de les déterminer, apparaissent des désordres psychiques intenses.

Dès lors, on ne saurait, dans une étude didactique, mener de pair la description des symptômes somatiques et celle des manifestations cérébrales de la névrose. Aussi, avant de parler de ces dernières, devons-nous passer les premières en revue.

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FORMES DES MANIFESTATIONS SOM ATI 1} l' ES ht L'HYSTÉRIE

L'attaque est en général regardée comme le phénomène capital, sinon le plus commun, dans l'histoire symplomatkme de l'hystérie. On peul donc, en se plaçant au poinl de vue des crises convulsives, diviser les hystériques en plusieurs groupes.

Parmi ces malades, en effet, les unes n'onl pas d'attaques, tandis que les autres en ont, el chei dernières, l'attaque peul rire simple ou au contraire imbiner avec des phénomènes épilepti formes, — nous ne disons pas épileptiques. De là, trois classes d'hystériques assez différentes les unes des autres.

Mais, il importe de le rappeler, les malades de chacun de ces trois groupes peuvent passer avec la plus grande facilité de l'un dans l'autre : c'est, en effet, l'un des caractères les plus saillants de l'hystérie de se modiûer sous mille influences, de s'aggraver ou de s'atténuer tour à tour; aussi les groupements répondentils, dan- l'espèce, plutôt aux besoins de la description qu'aux exigences de la nosologie.

A . — H ÏST ÉR I E SANS ITT AQ U ES

L'hystérie mu attaque* est certainement la plus fréquente. On en jugerait autrement sans (Joute, si l'on s'en rapportait aux statistiques dressées par les différents auteurs. D'après les chiffres recueillis par Bri-

HYSTÉRIE SANS AI I kQl ES.

quet, par exemple, sur Wl malades, 305 auraienl eu des attaques; mais il ne faut pas oublier <ju«- 1rs obseï -

valions de cet auteur ont ét«'* prises dans un milieu spécial, le milieu hospitalier, et que, de ce fait, la moyenne dont il s'agit, ne saurait être acceptée comme exacte. Briquet le reconnaît lui-même d'ailleurs, et il considère « comme probable que la moitié des femmes atteintes d'hystérie n'a pas d'attaques. » Non- ne croyons pas que cette proposition exprime la réalité, et nous pensons que l'hystérie sans attaques est plus fréquente que celle avec attaques. Nous rencontrons en effet la première à chaque pas, surtout dans le monde parisien. A vrai dire, les symptômes qui la constituent sont souvent fort légers. Les modifications de l'affectivité, que nous décrirons plus loin, tiennent ici dans le tableau la place importante. Les phénomènes somaliques seraient au contraire peu prononcés, si l'on s'en lient jiux indications assez vagues des auteurs. A l'impressionnabilité excessive, à la mobilité d'humeur, se joignent habituellement quelques troubles sensitifs ou moteurs: ce sont des fourmillements aux extrémités, des sensations subjectives de froid, des palpitations, assez souvent des crampes ou du spasme pharyngien, une sensation de corps étranger, de boule qui, remontant du creux épigastrique jusqu'à la gorge, détermine parfois une gêne vive, un sentiment d'oppression et d'anxiété respiratoire. Au degré le plus atténué, l'affection touche de près à la chlorose, à l'anémie, qui l'accompagnent souvent, et dont il est difficile de la distinguer; c'est du nervosisme, comme on a dit. Mais que les symptômes

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