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Leroy «l'Étiollcs, Des paraplégies

ANESTHÉSIES.

M. Fournier1, et rapportées par lui à la syphilis, ne soient pas de simples troubles hystériques. Ce qui frappe dans la localisation de toutes ces anesthésies disséminées, c'est l'irrégularité de leur distribution. Briquet a insisté justement sur ce fait qu'elles sont sans relation appréciable avec le trajet des nerfs, et paraissent plutôt aiïecter un certain rapport avec la distribution des vaisseaux sanguins.

Quel que soit le type (généralisé, hémiplégique ou disséminé) que revêt l'anesthésie à un moment donné, il ne faut pas perdre de vue que ces différents types se transforment aisément les uns dans les autres. C'est ainsi qu'une hystérique hémianeslhésique peut facilement devenir une anesthésique totale; que, d'autre part, la forme hémiplégique est quelquefois précédée par l'apparition de plaques d'insensibilité, irrégulièrement disséminées sur plusieurs des points dont nous avons parlé. Nous dirons plus loin d'ailleurs, à propos du traitement de l'hystérie, avec quelle facilité on peut, à l'aide de certains agents, dits esthésiogènes, modifier, pour un temps tout au moins, ces troubles singuliers de la sensibilité.

La physiologie pathologique des anesthésies hystériques est encore incomplètement élucidée. Bien des faits autorisent d'ailleurs à penser que les conditions génératrices élémentaires sont diftérentes, suivant qu'on a affaire à telle ou telle autre forme de trouble sensitif. A ce point de vue, il est rationnel d'admettre que les

1 . Alfr. Fournier, Leçons sur la syphilis secondaire étudiée particulièrement cliezta femme. Paria 1870.

l ROUBLES l'i: l A SENSIBILITÉ.

aneslhésies dans l'hystérie peuvent relever soit d'une perturbation de la conductibilité nerveuse périphérique, soit d'un trouble dé l'innervation spinale ou cérébrale, L'hémianeslhésiesensitivo-sensorielle,par exemple, qui reproduit de tous points la symptomatologie de l'hémianesthésie par lésion matérielle du segment postérieur de la capsule interne, doit être évidemment rapportée à une perturbation de l'activité du cerveau. M. G. Ballet1, en s'appuyanl sur diverses expériences, a été amené à la considérer comme consécutive à un trouble fonctionnel de cette portion des couches corticales qu'il a appelée la zone sensitive.

*2° Des hyperesthésies V

Le mol hyperesthésie signifie exagération de la faculté de sentir; et, parce qu'il y a plusieurs modalités de la sensibilité, il y a plusieurs sortes d'byperesthésie, comme il y a plusieurs formes d'anesthésie. L'hyperesthésie tactile consiste à percevoir avec plus de délicatesse les impressions de contact, et nous verrons qu'elle s'observe surtout dans certain état hypnotique; l'hyperesthésie à la douleur ou hyperalgésie se traduit par une excessive impressionnabilité, qui lait que toute impression perçue par la partie ou le sens hyperesthé-

1. C. Ballet, Recherches amtomiques cl cliniques sur le faisceau tetuitif et les troubles de la sensibilité dans les lésions du cerveau, Paria 1881. — Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, Pariï 1882, t. XXXIII, art. Sensibilité.

'1. On consultera sur ce sujet, les différents Traités relatifs à l'hystérie, particulièrement celui de Briquet, Paris, 1859, in-8°.

Et en outre : Henrol [loc. cit.). Boucbut, Du Nervosisme aigu cl ■ hronique cl des maladies nerveuses, 2e édition, Paris 1X77.

HYPERESTHKSIES. K7

sié, provoque une sensation pénible et môme douloureuse; à un degré plus avancé même, la douleur apparaît

spontanément sans qu'aucune cause extérieure apparente intervienne pour la déterminer.

L'hyperesthésie tactile permet une analyse plus délicate des impressions; il s'agit là d'une sorte d'hyperacuité d'une des plus précieuses de nos facultés, et cette hyperacuité ne porte pas toujours exclusivement sur le sens du toucher, elle peut aussi intéresser les sens spéciaux. Bien différente est l'hyperalgésie qui rend au contraire la perception des diverses sensations plus obtuses en communiquant aux différents sens une impressionnabilité douloureuse. Si l'hépéresthésie proprement dite se montre très prononcée dans le sommeil hypnotique, c'est surtout L'hyperalgésie qui s'observe chez les hystériques, dans les conditions habituelles.

Cette hyperalgésie ou hyperesthésie douloureuse peut d'ailleurs occuper les régions du corps les plus variées, les organes les plus divers. Elle affecte la peau, les muscles, les articulations, les nerfs, les différents organes des sens; elle intéresse le larynx et les bronches, l'estomac et les intestins, les reins et la vessie, les organes génitaux, et nous allons voir, à propos de ces derniers le rôle important que joue dans l'évolution des phénomènes hystériques ce qu'on a appelé l'ovarie.

L'hyperalgésie tle la peau, — qu'on désigne quelquefois sous le nom dedermalgie serait incomparablement moins fréquente que l'anesthésie cutanée. Briquet ne l'aurait rencontrée que quarante-quatre fois sur quatre cent trente cas. Ce chiffre est certainement bien au-

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