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TROUBLES I>L LA SENSIBILITÉ

dessous de la proportion exacte, si l'on comprend, comme il est logique de le faire, parmi Les dermalgies hystériques, les points douloureux el les zones dites hvstérogènes, dont on a très bien décrit dans ces derniers temps la distribution et les attributs. Nous décrirons tout d'abord la dermalgie telle que l'ont envisagée la plupart des auteurs, et nous parlerons ensuite des points douloureux hystérogènes.

L'hyperalgésie cutanée peut faire partie des phénomènes dits permanents de la maladie, ou bien survenir accidentellement et d'une façon passagère à la suite d'une attaque convulsive. Elle est quelquefois généralisée, dans d'autre cas limitée à un côté du corps, plus fréquemment elle n'occupe qu'un département circonscrit des téguments et des muqueuses. La dermalgie généralisée, qui s'observe très rarement, varie d'intensité suivant les cas. Tantôt il s'agit d'une .-impie exagération de la sensibilité en temps d'orage; d'autres fois, la patiente éprouve par tout le corps la sensation de brûlure ou de piqûre, et sa situation peut être des plus pénibles. On voit de ces malheureuses qui ne peuvent ni se servir de leurs mains, ni marcher, ni s'asseoir, ni se coucher, sans éprouver d'horribles souffrances. Le moindre contact à la surface de la peau détermine de vives douleurs. Parfoisles sens se mettent de la partie : l'œil ne peut supporter la lumière, le moindre son excite péniblement l'ouïe, les odeurs impressionnent désagréablement l'odorat. Beau a rapporté trois cas dans lesquels les phénomènes présentaient ce remarquable degré de généralisation et d'intensité.

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L'hyperalgésie peut n'occuper qu'une des moitiés du corps. Elle parait contrairement à L'anesthésie affecter plus fréquemment le côté droit. D'ailleurs elle coïncide assez souvent avec l'hémi-ancsthésie, et dans ce cas, il y a pertedelasensibilitéd'uncôté,dermalgieducôtéopposé ; quelquefois l'hyperesthésie et l'anesthésie alternent dans la même région. Elles peuvent aussi exister simultanément au niveau des mêmes points. C'est par exemple ce qui avait eu lieu dans un cas rapporté par M. Grasset1 : la malade était incapable de discerner les objets qu'elle touchait, mais le contact était très douloureux.

Assez souvent, la dermalgie se localise, on peut même avancer qu'il est peu d'hystériques, anesthésiques ou non, qui ne présentent pas de points du tégument douloureux spontanément ou à la pression. On a depuis longtemps appelé l'attention sur l'hyperalgésie des grandes lèvres et de la vulve, qui donne lieu à une variété de vaginisme, réfractaire aux différents procédés de dilatation; sur celle de la peau du sein, accompagnée parfois d'un certain gonflement de la mamelle quia pu en imposer pour une tumeur maligne à quelques chirurgiens et les déterminer à amputer la glande. Mais ce sont seulement les travaux les plus récents qui ont appelé l'attention sur une variété de points douloureux particulièrement intéressants qu'on a désignés sous le nom de zones hystérogènes.

Les zones hystérogènes se distinguent de la dermalgie en ce sens que dans la majorité des cas la sen-

1. Grasset, Traité pratique des maladies du système nerveux, Paris

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