‹ Les hysteriquesChapitre 43 sur 265 · KK) TROUBLES I>E LA MOT1I.1II · texte numérisé non relu

KK) TROUBLES I>E LA MOT1I.1II

îiiettrc en relief, c'esl la fréquence de la douleur de la région ovarienne, el tout sur le rôle important qu'elle peut jouer dans la détermination ou l'arrêf desattaques. Une compression légère du point, ovarique douloureux en 'ii''t suffisante, dans bien <\r< cas, pour déterminer d'abord les phénomènes que nous avons décrits soas le nom d'aura hysterica, et, finalement, ceux qui constituent la crise convulsive. D'autre part une compression un peu forte suffit, chez la plupart des malades qui présentent une ovarie assez nettement accusée, pour irrêter immédiatement l'attaque. C'est un fait d'un.' haute importance sur lequel nous reviendrons à propos du traitement de l'hystérie.

ÏROLT. I.KS II E 1. V M HT I I. IT h

Bien qu'ils s'observent fréquemment chez les hystériques, les troubles delamotilité sont cependant moins communs que ceux de la sensibilité, qui figurent parmi les symptômes habituels de la névrose.

Comme ces derniers, ils sont de deux .ordres : tantôt, et c'estlc cas le plus fréquent, ilsticnnentàuneexagération passagère ou durable des fonctions motrices du cerveau ou de la moelle, tantôt, et c'est plus rare, à la diminution ou même à la suppression partielle de ces fonctions. Ceux de la première catégorie consistent en des spasmes etdes contractures, ceux de la seconde en des paralysies, qui parleur caractère flaccide rappellent de très près celles qu'on observe dans le cours de certaines alfections cérébrales ou médullaires à substratum anatomique dé-

EXAGÉRATION DES PONCTIONS MOTRICES. loi

fini. — On admet généralement chez les hystériques, un troisième ordre de perturbations du mouvement qu'on range assez improprement parmi les perversions de la niotilité. Nous voulons parler de ces troubles d'allure variée qu'on désigne sous le terme générique de choiée hystérique. Il serait peut-être plus physiologique de classer les désordres de cette dernière variété parmi ceux du premier groupe. Toutefois, pour la facilité de la description, et aussi par respect pour F usage établi auquel il n'y a pas lieu encore de renoncer définitivement, nous les décrirons à part.

1° Troubles dépendant d'une exagération des fonctions motrices du cerveau et île la moelle : spasmes et contractures.

Les fonctions motrices sont à la l'ois sous la dépendance des couebes corticales du cerveau et des centres réflexes de la moelle. A l'état normal, les premières dominent les secondes en importance, si bien que, lorsqu'il y a intégrité fonctionnelle des centres psychomoteurs et des conducteurs qui mettent en relation ces centres avec les cellules grises de la moelle épinière, il ne saurait y avoir ni contractures ni spasmes. Mais si nous supposons, et les notions de physiologie acquises autorisent cette hypothèse, que les couches corticales soient anormalement excitées, il pourra s'ensuivre des convulsions ou des contractures localisées comme cela se passe dans l'épilepsie Jacksonnienne. D'autre part, si l'on admet que la substance grise cérébrale cesse, par suite d'une paralysie momen-

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Lanée, d'exercer sur la moelle son influence modéra Lrice habituelle el qu'en mênn' temps il y ail exagéralion de l'activité des cellules spinales, on concevra qu'il puisse se produire des contractures localisées ■ u diffuses, passagères ou permanentes. C'est vraisemblablement en vertu de ce dernier mécanisme, l'hyperexcitabilité spinale étant quelquefois mise enjeu par les byperesthésies de sièges divers, qu'ont lieu la plupart îles spasmes et que s'établissent les contractures hystériques. 11 y a, dansées cas, une sorte de suractivité pathologique des fonctions médullaires, par suite de la rupture morbide de l'équilibre qui régit normalement 1rs rapports entre l'activité cérébrale et l'activité médullaire : l'une est diminuée, tandis que l'autre est anormalement accrue; de là ces troubles moteurs multiples et variés que nous avons à passer en revue.

spasmes. — On désigne sous le nom de spasmes, les convulsions ou les contractures habituellement passagères, plus rarement persistantes et durables, des muscles de la vie de nutrition, c'est-à-dire de ceux qui empruntent leur innervation au grand sympathique et qui, comme tels, sont soustraits à l'actionde la volonté. Par extension on a appliqué la même dénomination aux phénomènes convulsifs placés sous la dépendance de

Hains groupes musculaires, qui, bien que susceptibles de mouvements volontaires et innervés par le système cérébro-spinal, participent cependant à la fois aux fonctions de la vie organique et de la vie de relation, tels par exemple, les muscles du larynx.

D'ailleurs, au coins de l'hystérie, les spasmes peu-

SPASMES DES VOIES DlfiESTIVES. [03

vent se montrer dans la sphère des différents appareils, et nous passerons successivement en revue ceux qui intéressent les organes de la digestion et de la respiration, les appareils circulatoires el génito-urinaires.

Spasme* de» voles dtgeattve». — Ceux du pharynx et de l'œsophage sont les plus communs, ceux des fibres musculaires de l'estomac et de l'intestin s'observent plus rarement.

Le spasme du pharynx et de l'œsophage constitue en effet l'un des symptômes les plus habituels de la névrose. Briquet l'a rencontré 370 fois sur 400 cas. C'est lui qui détermine cette sensation si caractéristique de boule dont la plupart des malades se plaignent au début de leur attaque. Mais il peut se rencontrer en dehors de la période prodromique des accès, à l'état de symptôme isolé et indépendant des autres manifestations convulsives. Ce phénomène est identique, au degré près, à celui qu'on observe chez les individus à tempérament nerveux, sous l'influence d'une vive émotion, par exemple le trac des acteurs.

Assez souvent, surtout lorsqu'il n'est pas en relation avec les crises, le spasme apparaît d'emblée au pharynx ou à l'œsophage; mais dans les cas où il précède et annonce l'attaque, ou bien lorsqu'il est consécutif à une vive émotion morale, il est précédé par cette sensation pénible de globe ou de boule, dont nous avons parlé précédemment, et qui, partant de l'épigastre, progresse de l'estomac vers la gorge.

Le spasme est plus ou moins prononcé suivant les cas. Tantôt les malades se plaignent d'éprouver au

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niveau du cou une gêne pénible analogue à celle que déterminerait un corps étranger immobilisé dans le pharynx; quelquefois elle^ ressentenl une sorte de oonstriction comme celle qu'on déterminerait en sériant le cou avec les doigts ou avec un cordon ; enfin le spasme }»eut être encore plus prononcé et se traduire par une sensation de véritable strangulation.

Les anciens auteurs, depuis Hippocrate jusqu'à FérulSj interprétaient singulièrement ce symptôme dont la fréquence les avait frappés. Ils pensaient que la suffocation éprouvée par 1rs malades tenait à l'ascension de l'utérus qui venait comprimer les conduits de l'air. Il n'y a plus de doute à avoir aujourd'hui sur la physiologie pathologique du phénomène, il s'agit d'une contraction spasmodique des fibres musculaires de l'œsophage et du pharynx, contraction qui peut, dans quelques cas, coïncider avec l'anesthésie de la muqueuse de ces derniers conduits, mais qui, assez fréquemment, accompagne l'hyperesthésie de la membrane, dont elle semble être une des suites. Celte hyperesthésie peut être telle, que l'ingestion de quelques gouttes de liquide, d'une boulette de pain, devient im~ possible, le pharynx et l'œsophage se contractant avec force devant les boissons et les aliments; si bien que dans quelques cas, il y a une véritable hydrophobie et un invincible obstacle à l'alimentation. Chez une malade, dont Landouzy a rapporté l'histoire, une mie de pain dans un verre d'eau déterminait des convulsions terribles. Une jeune fille, observée par Sauvages, était dans l'impossibilité d'avaler la moindre parcelle d'ali-

UESOPHAGISME ET PYLORISME. lof,

ment solide, sans aider la déglutition en buvant un verre d'eau. Pour dissimuler son infirmité, cette malheureuse aurait été, durant toute une année, réduite à manger seule.

Le spasme des fibres musculaires de l'estomac s'associe presque toujours à celui des muscles de l'œsophage pour déterminer la sensation de la boule ascendante dont il constitue la première phase. Mais il peut se présenter isolément et persister plus ou moins longtemps avec des degrés variables d'intensité. Tantôt il se traduit simplement par une gêne, une constriction pénible au niveau du creux épigastrique, mais les aliments sont encore tolérés et l'estomac continue en partie l'accomplissement de ses fonctions. A un degré plus avancé, apparaissent les vomissements, qui peuvent être irréguliers et intermittents ou bien devenir incoercibles.

L'observation suivante présente à cet égard un intérêt marqué.

OBSERVATION IX1. — Hystérie : œsophagisme et pylorisme. — Vomissements incoercibles.

Z... (Elisabeth), quarante-deux ans, entre à l'Hù tel-Dieu (salle Sainte-Marie), le 27 mai 1870.

L'état général de cette malade ne paraît pas mauvais ; elle a même un certain embonpoint. Elle n'a pas eu d'enfants, et est menstruée d'une façon irrégulière. Au toucher vaginal , on trouve un col de nullipare avec un peu d'antéflexion.

Il y a cinq ans, elle a eu pour la première fois des vomis

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