D. Fouquet, Thèse fie Paris
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sements analogues à ceux qui l'amènent aujourd'hui à l'hôpital. Ces vomissements revenaient après tous les repas, brusquement, et sans autre douleur que celle de l'acte luimême. Pourtant elle varie sur ce point dans divers interrogatoires, et dit qu'elle avait quelquefois de vives douleurs dans l'estomac. A cette époque, elle fut successivement traitée à Lariboisière et à la Pitié.
Cette fois, elle vomit depuis quatre mois presque tous les jours. Aussitôt qu'elle a ingéré des aliments quelconques, • Ile «'[trouve des douleurs dans la région épigastrique, et peu de temps après elle rejette tout le contenu stomacal. Elle aurait, de temps à autre, des douleurs vives et passagères dans les membres inférieurs, et éprouverait parfois de faux besoins d'aller à la garde-robe; mais elle n'a aucun trouble dans la marche; les réflexes tendineux sonl conservés.
v vue s'esl affaiblie depuis quelque temps; mais, comme .■lie travaille habituellement à des ouvrages de couture très minutieux et qu'elle a au moins l'âge qu'elle déclare, cet affaiblissement peut s'expliquer naturellement sans lésions des centres nerveux. L'examen ophthalmoscopique est d'ailleurs pratiqué. En voici le résultat :
Hypermétropie, 1/20% avec presbytie.
Iris rigide, peu mobile sous l'influence de la lumière.
Fond d'œil normal de chaque côté.
Acuité visuelle, vision des couleurs et champ visuel conserve-.
Il est donc difficile de songer à une ataxie locomotrice à forme fruste, opinion vers laquelle penchait le chef de service. D'autre part, la sensibilité est bien obtuse en certains points des téguments, mais il n'y a pas d'hémianesthésie ni d'ovaralgie, ce qui tend à éloigner tout d'abord l'hypothèse de l'hystéi è.
Les vomissements continuent presque tous les jours, malgré les médications les plus variées : pointes de feu, vésicatoire à l'épigastre, opium, poudres absorbantes. La glace seule pro-
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cure quelque soulagement, puis les vomissements cessent un jour brusquement, et la malade sort.
Quelques semaines après, elle recommence à vomir el rentre dans le service.
Les vomissements se font sans grand effort, presque par régurgitation et assez longtemps après le repas comme dans l'état caractérisé du nom de pyloriswe. Le chef de service pense qu'il existe de plus une dilatation assez marquée de l'estomac, ainsi que l'atteste le brait de glou-glou provoqué par la succussion île l'abdomen.
L'examen des urines, leur analyse et celle des matières vomies montrent que les premières sont en quantité normale, renferment une proportion d'urée normale, et qu'il n'y a pas trace d'urée dans les vomissements. Cette analyse répétée chaque jour ne permet donc pas d'invoquer, pour expliquer les vomissements, le mécanisme signalé par MM. Charcot et Bouchard : anurie el élimination d'urée par l'estomac* Ce sont bien des vomissements de cause spasmodique. Il n'en sera plus de même plus tard, comme nous le verrons.
On essaie le nitrate d'argent, l'aconitine, les pulvérisations d'éther sur la région épigastrique et le long du rachis, sans résultat.
-i septembre. — On pratique le cathétérisme œsophagien sans difficulté, et on fait un lavage de l'estomac avec de l'eau de Vichy. La malade, qui avait été frappée par la vue de l'instrument et les préparatifs de cette opération, se trouve très soulagée le soir ; elle ne vomit pas pendant deux jours et accuse de l'appétit.
Le 6. — Reprise des vomissements. Le cathétérisme est de nouveau pratiqué pendant cinq jours ; les vomissements sont rares.
Le 1 1. — Le chef de service veut opérer le cathétérisme que l'interne pratiquait d'ordinaire très facilement, et il est surpris de rencontrer une résistance invincible à quelques centimètres au-dessous de l'isthme pharyngien. L'interne essaie
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à son tour, et n'est pus plus heureux, non plus que plusieurs élèves du service. La malade ne vomit pas, mais elle ne peut prendre aucun aliment solide ou liquide. Elle sent comme un étau qui lui serre le gosier. Le calhétérisme est possible le soir : lavage de l'estomac, injection de bouillon ei de
lait.
Le lendemain, la dysphagie est de nouveau tellement forte qu'on ne peut passer la sonde. On donne pendant vingt-quatre heures des lavements de peptones préparées. Puis le passage des aliments se rétablit, et la malade se trouve très bien pendant quelques jours.
Le 19 septembre, les vomissements recommencent accompagnés «ette lois d'ischurie, et, comme on va le voir, de déviation de l'urée.
L'analyse de l'urine et des matières vomies est faite régulièrement. Voici les résultats :
Le 19. — Urine, 500 gr. ; urée, 13 gr. 87. Vomissements. L'albumine des matières analysées étant coagulée par la chaleur, le liquide qui surnage est encore légèrement albumineux et donne 40 centigrammes d'urée par litre.
Le 20 et le 21. — Pas, de vomissements.
Le 22. — Urine, 1000 grammes; urée, 20 gr. 17 ; pas de vomissements.
Le 2:5. — Urine, 750 grammes; urée, 11 gr. 3i; vomissements; urée, 50 centigrammes.
Le 21. — Urine, 1150 grammes; urée, 11 gr. 60; vomissements; urée, 50 centigrammes.
Le 25. — Urine, 1150 grammes; urée, 1 i gr. 50; pas de vomissements.
Le 2ii. — Urine, 150 grammes; urée, 11 gr. 21; vomissements.
Le 27. — Urine, 1800 grammes; urée, 15 gr. 08; pas de vomissements.
Le 28. — Urine, 1500 gr. ; urée, 18 gr. 92; pas de vomissements.
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1" octobre. — Urine, 1750 grammes; urée 17 gr. 65;
pas de vomissements.
Le 2. — Urine, 000 grammes; urée, 13 gr. 61; vomissements; 40 centigrammes d'urée par litre.
Le 3. — Urine, 500 grammes; urée, Il gr. 34; vomissements; 42 centigrammes d'urée par litre.
Le 7. — Urine, 650 grammes; urée, 12 gr. 21 ; vomissements ; 16 centigrammes d'urée par litre.
Le 8. — Urine, 150 grammes; urée, 15 gr. 13; pas de vomissements.
Le 0. — Urine, 2000 grammes; urée, 17 gr. 20; pas de vomissements.
Le 10. — Urine, 1500 grammes; urée, 18 gr. 91 ; pas de vomissements.
Il semble donc que, dans cette période, les vomissements n'aient eu lieu que lorsque l'urée excrétée par la voie rénale tombait à 13 grammes. L'urée apparaissait alors dans les matières vomies.
Depuis lors, la malade est restée un assez long espace de temps sans vomir et a été perdue de vue.
Bien que les hystériques jouissent du privilège de pouvoir jeûner durant un long temps, plusieurs semaines ou même plusieurs mois, sans perdre leurs forces, la santé sous l'inlluence des vomissements répétés est susceptible de décliner, et l'on est alors réduit à s'efforcer d'alimenter la malade par une voie autre que la voie naturelle qui n'est plus perméable. Il faut, dans ce cas, s'efforcer de faire absorber par le rectum, sous forme de lavement, les aliments qui ne peuvent plus être ingérés par l'estomac. C'est à ce propos que les auteurs se sont demandés si les liquides introduits par l'anus peuvent franchir la valvule iléo-
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île et être rendus par les vomissements. Bien que les expériences des physiologistes relatives au degré de résistance de (die valvule semblenl obliger de conclure à la négative, Briquet, se fondant sur certains faits cliniques bien observés , résout la question affirmativement.
11 ne faut pas, sans doute, perdre de vue l'étrange tendance qu'ont les hystériques à simuler des faits extraordinaires, et on ne doit accepter pour authentiques que les phénomènes constatés en se plaçant dans esconditionsles plus rigoureuses d'observation. On n'a pas oublié le cas si singulier, rapporté par Nysten, d'une malade qui avalait des boulettes de matières fécales pour se procurer le malin plaisir de tromper les personnes de son entourage, en feignant des vomissements stercoraux. Mais les faits de cet ordre, et ils sont nombreux, mis à part, il semble établi que dans certaines conditions anormales, les matières normalement contenues ou artificiellement introduites dans le gros intestin, peuvent franchir la valvule de Bauhin.
« Il est possible de comprendre, dit Briquet, que par le fait de mouvements antipéristaltiques, qui ne sont un doute pour personne, des contractions irrégulières s'établissent, que ces contractions portent sur les fibres musculaires des deux lèvres de la valvule, et qu'elles maintiennent de cette manière une ouverture béante, susceptible d'être traversée par les liquides venus du gros intestin. » Et à l'appui de son dire, l'auteur rapporte l'intéressante observation suivante :
Une hystérique de vingt-sept ans, entre à l'hôpital de la Charité, en mai 1857, pour s'y faire traiter d'acci-