CONTRACTURES
réflexes, particulièrement les réflexes tendineux. Lorsqu'en effet on percute le tendon rotulien par exemple, on observe fréquemment non seulement une exagération manifeste du réflexe patellaire, accusée par la moindre durée du temps perdu et L'amplitude plus grande du mouvement consécutif à la contraction involontaire du triceps fémoral, mais encore une sorte de diffusion de l'excitation dans toute L'étendue de la moelle. Cette diffusion se traduit par des mouvements réflexes du membre opposé au côté percuté, et aussi des membres supérieurs. 11 existe donc, chez les hystériques sérieusement atteintes, une véritable contracture latente, suivant l'expression de MM. Charrot et Brissaud1. Or cette contracture latente, sous une des mille influences qui agissent à chaque instant sur le système cérébro-spinal, pourra devenir contracture permanente. Nous verrons plus loin que dans le sommeil hypnotique, par exemple, on détermine avec la plus grande facilité l'apparition de ces contractures qui apparaissent spontanément dans un grand nombre de cas, en dehors de toute provocation directe.
Les contractures hystériques ont été bien décrites seulement dans ces dernières années. Cependant elles avaient été observées depuis longtemps. Les chroniques du moyen âge en font mention, et plus d'une des cures miraculeuses opérées sur le tombeau de Louis IX, à Saint-Denis, au treizième siècle, et
1. Brissaud, Recherches anatomo-pathologiques et physiologiques sur La contracture permanente des hémiplégiques, Paris, 1880.
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au dix-huitième sur celui du diacre Paris, à Saint- Mfédard, se rapportent à des cas de contracture. Pomme parait avoir étudié le premier avec quelque >oiu cel accident, dans sou traité des affections vaporeuses des deux sexes (1760). Tous les auteurs qui depuis cette époque, oui écril sur l'hystérie, oui eu >oiu d'y insister < Uriqui'l. rin. Les leçons de M. Cliarcot onl particulièrement fixé l'attention sur ce sujet, et c'est â deux de ses élèves, MM. Boumeville et Voulet1, que qous devons la description la plus méthodique et la plus détaillée du symptôme.
Les contractures constituent rarement ta première manifestation de l'hystérie. Elles apparaissent le plus habituellement, lorsque la névrose est déjà depuis longtemps établie et s'est traduite par ses manifestations ordinaires, les anesthésies, les attaques etc. Toutefois il existe un certain nombre d'observations où des contractures, dont la nature hystérique ne saurait être mise en doute, se sont montrées chez des malades qui n'avaient antérieurement présenté aucun symptômes bien net de la névrose.
Les contractures se montrent quelquefois subitement, sans que rien les annonce et qu'aucune cause spéciale puisse en expliquer l'apparition. D'autres fois, elles sont provoquées par un traumatisme. Une malade se pique l'index avec une aiguille : le doiert se fléchit en crochet et reste contracture pendant des mois. Une jeune fille hystérique reçoit en jouant un grain de sable dans l'œil
1. Boumeville et Voulet, De la contracture hystérique permanente, l'.iri-, 1872.