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CONTRACTURES DUS MEMBRES

droit; aussitôt survient une contracture de l'orbiculaire des paupières qui dure trois mois1.

Les contractures peuvent être consécutives à une paralysie, et les choses dans ce cas se passent comme dans les lésions cérébrales anciennes où l'on voit la rigidité des membres succéder à la flaccidité. Elles sont parfois annoncées par des signes précurseurs, des fourmillements, des crampes, des sensations douloureuses, mais le plus souvent le début en est brusque.

Nous passerons successivement en revue les contractures des membres, puis celles qui se localisent à certains groupes musculaires.

Contracture* des membres. — Elles affectent différents types; tantôt le type monoplégique, et elles portent alors sur un seul membre ou un segment du membre; le type hémiplégique dans lequel la contracture intéresse à la fois le membre supérieur du même côté; le type paraplégique, qui consiste dans la contracture des deux membres inférieurs. Moins fréquemment, les quatre membres sont affectés simultanément, et, dans des cas rares, trois sont atteints pendant que le quatrième est intact (hémiplégie et hémiparaplégie) ; quelle que soit celle de ces différentes modalités que revête la contracture, l'attitude pour chacun des membres est à peu près toujours la même. Le bras est habituellement étendu, l'avant bras étant au contraire fléchi en prona-

l.Hrod'ie, Leçons sur les affections nerveuses locales, traduites par D. Aigre. Progies mélical, 1880.

Lasc'-gue, Des hystéies périphériques (Arch. de mai. de 1878).

Charcot, De l'influence des lésion» trait niliia.es sur le développement des phénomènes d'hystérie locnle. — Prog. méd , 1878.

Legrand du Saille. Les hystériques. 9

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lion, plus rarement étendu el en supination. Quelque* fois, il y a extension avec ou sans adduction des divers s nents du membre supérieur. Plusieurs fois on a vu le membre for temenl porté derrière le il"-, el ayanl subi un mouvement de torsion forcée sur son axe, torsion qui peut aller jusqu'à la luxai ion de L'épaule.

Le membre inférieur est ordinairement étendu, le pied placé dans l'altitude du varus équin. .Mais dans quelques cas, et M. Lasègue en a rapporté des exemples, il se produit une flexion exagérée des différents segments les uns sur les autres, si bien que les genoux peuvent arriver au contact du menton. Dans le type paraplégique, les deux cuisses soni dan- l'adduction extrême, les genoux se touchent el ne peuvent pas être écartés l'un de l'autre. La symptomalologie rappelle alors de tous points celle qu'on observe dans le tabès dorsal spasmodique, ou dans les dégénérescences bilatérales <Je la moelle consécutives à une pression; Le réflexe patellaire est très exagéré, et, en soulevant la pointe du pied, on détermine le phénomène connu sous le nom d'êpilepsie spinale.

La contracture, au lieu d'affecter tous les muscles d'un membre, peut se localiser à certains groupes musculaires, particulièrement à certains groupes de muscles péri-articulaires. Dans ce cas l'affection peut simuler une lésion de la jointure. A celte catégorie appartient la coxalgie hystérique qui a été si bien décrite par Brodie1.

I. Brodie, toc. i il., roy. aussi Blum, Des arthropathie» dforigint ner- I h. 'l • Paris, agrég , InT.j.

CONTRACTURES DES MEMBRES. l;:i

Comme les autres contractures, la coxalgie esi rarement le symptôme primitif de la névrose; elle se rencontre plus communément dans le cours de l'hystérie confirmée. Elle peu! débuter soudainement ou être consécutive aux crises convulsives. Lorsqu'elle esl constituée* les symptômes rappellent d'assez près ceux de la coxalgie vraie; comme dans ces dernières, il y a des douleurs, l'immobilisation du membre dans une altitude vicieuse,- du raecourcissemenl apparent; mais, en analysant attentivement ces divers symptômes, on trouve des différences qui permettent de reconnaître qu'on n'a pas affaire à une lésion de la jointure.

« Vous rencontrez, dit llrodie, de la douleur à la hanche et dans le genou, douleur qui est augmentée par la pression et par le mouvement Mais la douleur e>t rarement limitée à un point; elle s'étend à tout le membre. La malade fait des grimaces et pousse quelquefois des cris, si vous exercez une pression sur la hanche; mais elle le fait aussi si vous pressez sur l'os coxal ou la région lombaire, ou la cuisse, ou même la jambe, jusqu'au niveau des malléoles. Partout la sensibilité morbide siège dans l'enveloppe cutanée : si vous pincez la peau jusqu'à la soulever des parties sous jacentes, la malade se plaint plus que si vous poussez fortement la tète du fémur dans la cavité colyloïde. La douleur est plus forte quand la malade voit l'examen auquel on la soumet... elle empêche parfois le sommeil, mais, une fois endormie, la malade ne se réveille qu'au bout de plusieurs heures. »

I3S l ROUBLES DE LA Molli. 111

L'immobilisation de la jointure par les muscles contractures est absolue, le membre rigide contracte une muitude ûxe. On trouve quelquefois des changements notables dans la configuration de la région : le bassin

peut être projeti' en arrière et en même temps élevé ilu côté malade, de manière à former avec la colonne vertébrale un angle aigu au lieu d'un angle droit. C'est dans res cas surtout que le membre présente un raec durcissement apparent, et, lorsque la malade est debout, le talon du côté malade ne touche pas le sol. La chloroformisation, en faisant disparaître la contracture, permet toujours d'établir le diagnostic différentiel avec la coxalgie par lésions osseuses, D'ailleurs il n'y a comme dans ce dernier cas, de la rougeur et du gonflement et on ne voit pas se former d'abcès. Cependant, au dire de Brodie, on a pu dans quelques cas redouter à tort l'apparition de la suppuration, et on observerait quelquefois une tuméfaction de la cuisse et des fesses, due soit à un engorgement vasculaire, soit à une extravasation séreuse dans le tissu cellulaire. Ce sont là de ces troubles vaso-moteurs localisés, si fréquent^ chez les hystériques.

Parmi les contractures localisées, il faut signaler encore relies qui affectent la face. Elles peuvent êlre généralisées à tous les muscles des deux côtés du visage, c'est exceptionnel: ou n'intéresser que ceux d'une moitié de la face; le fait est moins rare. Dans un cas rapporté par M. Moutard-Martin, on a pu croire qu'on avait affaire à une paralysie faciale du côté opposé, alors qu'on était en" présence d'une contracture unilatérale. C'est

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