‹ Les hysteriquesChapitre 57 sur 265 · I. Wilson, V.« , méd., janv · texte numérisé non relu

I. Wilson, V.« , méd., janv

i. Macario, Annal, médic. pysch., 1844.

wire la névrose ont consacré une largo place à L'étude de ce symptôme.

A en juger d'après les statistiques de Landouzy et celles de Briquet, les paralysies seraient fréquentes, puisque le premier de ces auteurs les auraient vues 40 ibis sur 370 cas, et le second 120 fois sur 4-30 malades. Ces chiffres exprimeraient certainement une proportion trop forte, si l'on ne tenait compte que des cas dans lesquels la perte du mouvement, limitée ou non à un membre ou à un côté du corps, est absolue; mais, si l'on fait entrer en ligne tous les cas dans lesquels on observe un trouble de la motilité, qu'il soit prononcé ou léger, qu'il s'agisse d'une paralysie complète ou d'un simple affaiblissement, on arrive à considérer les paralysies comme très communes dans l'hsytérie. Kn effet, dans la grande majorité des cas, les anesthésies s'accompagnent d'une parésie plus ou moins marquée; c'est ainsi que les hémianesthésiques ont toujours moins de force dans les membres insensibles que dans ceux du côté opposé. Mais dans ces faits, les troubles de la sensibilité dominent en degré et en importance ceux du mouvement, qui sont le plus souvent à peine assez prononcés pour attirer l'attention, soit des malades, soit de l'observateur.

Nous aurons surtout en vue dans cette description les cas de paralysie vraie, c'est-à-dire ceux dans lesquels la perte du mouvement, associée ou non à Panes»thésie, est à peu près complète au niveau d'un ou plusieurs membres, ou tout au moins va au delà de la simple parésie qui est l'accompagnement habituel des

J30 rROUBLKS Dt i \ MOT1LITÊ.

troubles de la sensibilité. Ainsi envisagées, les paralysies hystériques sont certainement beaucoup moins communes qu'on ne l'a dit, et s'il étail possible d'en faire le décompte exact, on arriverait à cette conclusion que la perle du mouvement, avec flaccidité, est moins fréquente que celle qui s'accompagne de contracture.

Les conditions dans lesquelles apparaissent les paralysies hystériques sont des plus variables. Plusieurs auteurs (Landouzy, Macario, Gendrin, Leroy d'Ëtiolles) ont avancé à torl qu'elles sont toujours consécutives aux attaques, et Piorry, en sefondant sur cette opinion inexacte, les avait attribuées à la déperdition considérable de l'influx nerveux qui se produirait durant les crises convulsives. Or, il n'est pas raie de voir la paralysie se produire en dehors de la période d'attaques, et même chez les malades qui n'en ont jamais eu. C'est un fait que Briquet a bien mis en relief. D'après les observations de cet auteur, la paralysie n'a succédé aux attaques que chez la moitié des malades; chez l'autre moitié, elle s'était développée sur des femmes qui n'avaient jamais eu de crises ou n'en avaient plus depuis longtemps. Enfin Briquet a constaté en outre que les malades qui, au lieu d'avoir des atlaqu ss avec convulsions, en avaient avec simple sommeil, avec coma, avec léthargie ou syncope, élaienl aussi sujettes que les autres à la paralysie; tous faits qui réduisent évidemment à néant la théorie de Piorry.

Les accidents peuvent se développer graduellement sans l'intervention d'aucune cause appréciable; plus

PARALYSIES BYSTÊRIQ1 i - !;;;

souvent, ils apparaissent d'une façon plus ou moins brusque dans différentes circonstances.

Assez fréquemment, la condition dé terminante est une

émotion subite et vive. Briquet en a rapporté d'intéressants exemples. Une malade reçoit à l'improviste la nouvelle de la mort de sa mère; à l'instant, ses jambes tremblent, Déchissent sous elle, et on la relève paraplégique. Une jeune fille, en montant le soir un escalier mal éclairé, est surprise par un homme déguisé qui se précipite sur elle ; saisie d'effroi, elle veut crier et se sauver, mais elle chancelle, tombe, et on la rapporte paralytique dans sa chambre.

Les fatigues excessives et les marches forcées produisent les mêmes effets que la frayeur. M. Grasset1 cite le cas d'une jeune personne, modiste de son état, qui passait des nuits et faisait de grands excès de travail pour nourrir sa famille pauvre; elle ressentit tout d'un coup une douleur entre les deux épaules et fut paralysée des deux bras.

La supression brusque des menstrues, la disparition subite d'un symptôme hystérique, comme la d\>piiée, les palpitations, etc., prédisposent aussi aux paralysies.

Ces paralysies, quel que soit leur siège, affectent des caractères qui sont communs à toutes. Si elles ne s'établissent pas d'emblée, elles sont annoncées quelquefois par des fourmillements, des crampes, etc. Mais elles peuvent apparaître avec la brusquerie d'une paralysie

1. Grasset, Traité des maladies du système nerveux, Paris, 1881.

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consécutive à une hémorrhagie cérébrale. L'akinésie est très variable quant à son degré, depuis le simjilc mrdissement, la lourdeur qui accompagne courara m. -n! rhémianeslhcsie, jusqu'à la perte complète du mouvement. Toutefois la paralysie absolue est rare. Briquet ne l'a pas vue pas plus de huit à dix ibis. Le plus souvent on n'observe qu'une parésietrès marquée : si, par exemple, le trouble porte sur les membres inférieurs, la malade ne peut plus marcher, ni se tenir debout, mais elle est encore capable de soulever ses jambes au-dessus du plan du lit, lorsqu'elle est étendue.

L'akinésie s'accompagne à peu près constamment d'une sensibilité complète ou incomplète des parties paralysées. La contractibilité faradique el galvanique reste normale, comme l'a établi Duehenne (de Boulogne); toutefois, si à la paralysie se joint un certain degré d'atrophie, et ce cas n'est pas très rare, le muscle se contracte alors d'autant moins vivement, sous l'influence des excitations, qu'il a perdu un plus grand nombre de ses ûbre6.

Le siège et la distribution des paralysies hystériques est très variable. La lace en est rarement affectée; ce sont les membres qui sont le plus souvent atteints. Bien que les troubles puissent se limiter à un seul membre, la forme hémiplégique el la paraplégique sont beaucoup plus communes que la monoplégique.

Comme rhérnianeslhésie, l'hémiplégie hystériqu e siège plus fréquemment à gauche. Briquet a vu six fois

PARALYSIES IhMLlilnl ES I g

la paralysie généralisée aux principaux muscles du tronc et à ceux des quatre membres1.

L'akinésie frappe exceptionnellement ceux des

muscles striés qui sont annexés aux fonctions de la vie organique. Duclienne cependant a vu la paralysie du diaphragme. Celle du larynx n'est pas très rare. Elle détermine une aphonie, qui souvent apparaît tout à coup à la suite d'une émotion, mais peut disparaître avec la même rapidité. La dysphagie peut être la conséquence de la parésie des muscles du pharynx et de l'œsophage aussi bien que du spasme de ces mêmes muscles.

Signalons enfin la paralysie de certaines fibres musculaires de la vie organique. Les fibres de la vessie, celles de l'intestin, du rectum sont susceptibles de perdre leur conlraclilité, de même qu'elles peuvent, comme nous l'avons dit à l'occasion des spasmes, l'avoir exagérée. De là des rétentions d'urine et de matières fécales, la tympanite, symptôme presque constant chez les hystériques. — Enfin il n'est pas jusqu'au cœur qui ne puisse être momentanément parésié, et cette parésie aboutit à la syncope.

Comme toutes les manifestations de nature hystérique, les akinésies sont mobiles. Apparaissant souvent au moment où elles sont le moins prévues, elles quittent parfois avec facilité un groupe musculaire pour en envahir un autre, puis disparaissent pour reparaître

1. La science possède un ou deux faits de paralysie des muscles de l'œil (Fiance, Canton, Szolskij et de la langue (Pnsnen: mais ce sont là de véritables exceptions.

Itn ["ROUBLES l>K I.A MOT1L1TÉ.

ensuite. On ;i vu, dans certains cas, la paralysie affecter successivement le bras, la jambe, le larynx, le diaphragme. Briquel a observé une malade qui marchait, s'asseyait, puis, sans qu'aucune cause lui inlervcnue, était incapable de se lever. La durée «le •-a paralysie oscillait entre une demi-heure cl six mois. Toul rentrait ensuite clans l'ordre, mais un peu plus laid, la même série de phénomènes se reproduisait.

Il suffit souvent, comme peur les contractures, du moindre incident, d'une émotion vive, d'une frayeur subite, d'une espérance née tout à coup, pour dissiper des accidents paralytiques existant depuis longtemps. Briquet, appelé en consultation auprès d'une hystérique paralysée des membres, conclut à un pronostic favorable; aussitôt la malade se mel à marcher. .M. Grasset a vu une paraplégie disparaître sous l'in- Quence psychique de Péleclrisation; les pilules de mie de pain, ou les potions d'aqua simplex ont dans ces cas pioduil fréquemment de merveilleux résultats, aussi bien que les neuvaines ou les fervents pèlerinages.

Des paralysies on doit rapprocher1 V aphasie hystérique. Les troubles de la parole sont communs dans la n évrose, mais la plupart tiennent à des troubles de la m otilité des muscles (du larynx ou de la langue) qui servent à l'articulation des mots. Quant à l'aphasie

I. C'est ;i cause de l'association habituelle en clinique de l'aphasie à l'hémiplégie droite, que j'ai cru, bien qu'il s'agisse d'un trouble cérébral, devoirj faire allusion à propos des paralysies.

APHASIE HYSTERIQUE. lil

vraie, tenant à la perte partielle ou totale «le la faculté cérébrale du langage, elle a été indiquée par la plupart des auteurs, mais jusqu'à ce jour fort peu étudiée. M. J. Falret' après avoir signalé le mutisme et l'aphonie nerveuse hystérique, s'exprime ainsi : « En ayant soin d'éliminer ca> diverses variétés de perte de la parole observées dans les alfections nerveuses, il reste bien peu d'observations authentiques propres à démont relia production d'un état d'aphasie véritable dans l'hystérie, et l'on peut même se demander si ce phénomène peut réellementsurvenir dans cette névrose avec les caractères qui lui sont propres. » Il existe en effet sur la matière trop peu de documents pour qu'on en puisse aujourd'hui parler avec certitude, et, si nous avons signalé ici l'aphasie hystérique, c'est moins pour enregistrer desrésultats acquis que pour indiquer un desiratumà remplir. Quelques faits épars, accompagnés le plus souvent par malheur de peu de détails, semblent indiquer cependant que le trouble particulier du langage peut se rencontrer isolé ou associé à des paralysies dans le cours de la névrose-. M. Ballet3 dit avoir pu produire expérimentalement l'aphasie associée à l'hémiplégie droite chez une malade du service de M. Gharcot. Il y a là un intéressant sujet d'étude à poursuivre.

I. I. Falret, ail. APHASIE, 171 Dut. enci/cl. des sciences médicales.

•i. Legrand du Saulle, ['Aphasie elles aphatiques tiaz-.deshôp., KSS-J).

3. Recherches anatomiques et cliniques sur le faisceau sensitif et

les troubles de la sensibilité dans les lésions du cerveau, Pans, 1881.

iROCBLl S l'i I \ MOTILITÉ.

:: Perversions de la motilité. -- itaxie hystérique. - Cfa hystérique — Tremblement; secoust

Parmi les perversions de la motilité, on doil signaler en premier lieu Vataxie hystérique, symptôme assez rare qui .1 été surtout bien étudié par Lisenmann, MM. Lasègu i, Jaccoud. Il Tant en distinguer deui \;iriétés : l'une, qui lient à l'anesthésie musculaire et disparaît lorsque la malade règle ses mouvements à l'aide de la vue; l'autre, ataxic vraie, que la vue ne saurai! corriger. Celle seconde forme, qui résulterait, d'après M. Jaccoud ', d'une altération de la coordination automatique par exagération de l'excitabilité réllexe et trouble dans les irradiations spinales, est habituellement temporaire et peut faire place à la paralysie vraie

La chorée n'est pas une manifestation très commune dans le cours de l'hystérie. Bien qu'elle puisse revêtir, lorsqu'elle survient sous l'influence de la névrose, le même aspect symptomatique que dans les cas où elle est par exemple de nature rhumatismale, elle se présente d'habitude sous la forme de chorée rhythmique. M. Cbarcot2 a tracé de cette variété une très bonne description, à propos d'un cas observé à la Salpêtrière. « On voit, dit-il, le tronc s'infléchir fortement sur le ba<sin, entraînant la tète qui à son tour s'incline sur la poitrine, et il est un moment où le front ne s'éloigne guère plus de 50 centimètres du <>enou

1. Jaccoud, Traité de pathologie interne, art. Hystérie. -. Cnarcot, Progrès médical, \x'x.

• BORÉE RM I II.MIul K. 1 1:;

droi', qui, dansée temps là, est dans l'extension forcée;

puis la tète et le lVnnt se redressent, décrivanl une trajectoire qui ûgure un demi-cercle parcouru tout à l'heure en sens inverse dans le mouvement de llexion, si bien qu'au dernier terme, le dos, puis L'occiput retombent lourdement sur l'oreiller; presque aussitôt ce mouvement de flexion recommence, suivi bientôt du mouvement d'extension, et ainsi de suite. On dirait l'image d'une salutation profonde et répétée, rendue ridicule par sa répétition même et son exagération. »

OBSERVATION XV. — Hystérie. - Grossesse. - Peur. — Chorée rhylbmique.

H... (Irma), vingt-huit ans, entrée en 187!) à l'Hôtel-Dieu, salle Sainte-Marie. — On relève chez elle des antécédents uévropathiques très neis; elle a de temps pd temps depuis la puberté îles attaques de nerfs; est très impressionnable, a eu plusieurs hémoptysies aux époques menstruelles sans avoir ni toussé ni maigri; est restée une fois sept jours sans manger, a ou de l'hémi; neslhésie et de l'ovaralgie gauche. Une première grossesse s'est passée heureusement, il va quelques années. - Elle est enceinte pour la seconde t'ois et de quatre mois et demi. Elle a eu une peur très vive; son premier enfant qu'elle tenait par la main a été renversé par un tramway, e1, bien qu'il ait été à peine blessé, quelques jours après elle était prise de tremblements et de mouvements choréiques. Os mouvements se calment quand elle est seule, si bien qu'elle peut travailler et faire du crochet sans difficulté ; mais, à la moindre émotion, et aussitôt qu'on la regarde, ses mouvements deviennent désordonnés.

Pendant la visite, elle est prise d'une attaque d'hystérie convulsive assez intense qui dure quelques minutes et se

l kl rROUBLES DE là MOTILI TK.

termine par des pleurs; puis elle reste les yeux ii\es et grands ouverts, tandis que ses épaules se soulèvent par un mouvement régulier, toutes les secondes.

Le lendemain, après avoir eu dans la nuit une attaque de somnambulisme, elle est reprise de ses haussements d'épaules auboul de quelques minutes d'interrogatoire ; en même temps, les deux membres supérieurs présentent des mouvements rhythmiques qui consistent en Qexioo et extension alternative des deux avant-bras, avec rotation qui porte la race palmaire des mains tantôt en dedans, tantôt eu dehors. Puis les muscles de la face se contorsionnent, et, pendant quelques minutes, les grimaces les plus hideuses se succèdent. A ce moment, quelques mouvements de déglutition et quelques secousses de hoquet sont le signal d'une attaque de grande hystérie avec clownisme, qui se termine par des attitudes passionnelles, la physionomie étant d'abord gaie, souriante, tendre, puis méprisante, irritée, haineuse.

Les accidents de cborée rhythmique se reproduisirent encore quelques semaines, puis disparurent peu à peu, et la grossesse alla jusqu'au bout sans encombre l.

Quelquefois les mouvements choréïques, an lien d'être généralisés, se lui absent. Chez mie jeune personncdont M. Bernutz rappelle l'histoire, le membre inférieur étail le siège d'une convulsion régulière revenant environ trente fois par minute. D'autres malades ont simplement du nystaginus, du clignotement, des mouvements d'épaules incessants, etc.

Le tremblement, qui n'est jamais continu, mais survient par intervalles, est un symptôme rare. La moindre émotion le provoque chez les malades qui y sont

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