‹ Les hysteriquesChapitre 70 sur 265 · SOMMEIL PROVOQUÉ. H · texte numérisé non relu

SOMMEIL PROVOQUÉ. H

nous dirions volontiers préparées, non seulement en impressionnant la vue, mais en comprimant l'une ou mieux les deux oreilles, en faisant entendre un bruit monotone, sentir pendant quelques instants une odeur, ou même en priant la malade de palper avec intention el insistance pendant quelques instants. Il semble que le cerveau se fatigue à percevoir la sensation uniforme, et le résultat de celte fatigue, c'est le sommeil.

Une sensation subite et intense produit des effets analogues à ceux d'une impression monotone et durable, comme l'ont montré tout particulièrement les recherches laites dans ces dernières années à la Salpêtrière. On peut immobiliser subitement el plonger dans le sommeil le pins profond une hystérique, en faisant tout à coup retentir à .son oreille le son éclatant d'un gong chinois, ou bien en dirigeant devant ses yeux un jet de lumière éblouissante, comme celui d'une lampe électrique ou la flamme d'un magnésium. Les effets produits par les procédés de cette seconde série diffèrent quelque peu (nous aurons à y revenir) de ceux obtenus par les impressions moins vives et plus prolongées; mais, quelles que soient les particularités symplomaliques observées, suivant qu'on a recours à tel ou tel autre agent, le résultat obtenu est le même: c'est le sommeil, le sommeil profond avec les singuliers phénomènes psychiques, sensitifs, moteurs, qui l'accompagnent et dont nous devons maintenant tracer la description.

l'HÉNOMl S\ S 1 1 > PNOTIOl ' -

il SYMPTOMATIQUE DBS PHENOMENES HYPNOTIQUES. — ÉTATS LBTHARGIQI E, SOMNAMB1 LIQD E E l CATALEP-

riQUE. — SUGGESTION il HALLUCINATIONS l'lso\o- 01) i ES.

Pour nous orienter au milieu des détails nombreux el des symptômes variés el délicats dont nous devons parler, nous supposerons une malade présentant à leur degré le plus élevé les manifestations hypnotiques, et sur cette même malade, nous suivrons la série el nous parcourrons l'enchaînement de ces manifestations.

C'est que les phénomènes observés sur les différents sujets ne sont pas toujours identiques à eux-mêmes. Chez telle hystérique, ils atteindront l'intensité la plus prononcée; chez telle autre, on les observera atténues et incomplets; de là des différences qui pourraient laisser croire, à première vue, qu'il y a dissemblance absolue entre les symptômes de l'hypnotisme dans les différents cas. Au contraire l'observation établit que sous ces modalités multiples se dissimulent des lois générales, qu'on ne saurait, à l'heure actuelle dégager dans leur ensemble, mais dont il est certainement possible de formuler quelques-unes.

ï. Etmt léthargique. - ■ Lorsqu'on invite une malade à fixer, suivant le procédé d'hypnose vulgairement employé, un objet quelconque, brillant ou non, placé à quelques centimètres en avant des yeux et un peu au-dessus de la racine du nez de manière à déterminer

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du strabisme convergent, on voit bientôt, chez cette malade, se succéder les symptômes suivants.

La respiration se ralentit, le regard devient de plus en plus fixe; après quelques instants, une, deux, cinq, dix minutes, suivant les cas, une trémulation particulière de la lèvre supérieure se produit. On entend souvent une inspiration profonde avec bruit laryngé tout particulier, suivit' bientôt de l'apparition d'un peu d'écume aux lèvres, ou un mouvement de déglutition bref et sonore. La patiente est endormit'. Ses yeux sonl clos ou demi-clos; les globes oculaires convulsés généralement m liant et en dedans, les paupières animées d'un frémissement incessant. Le corps s'esl affaissé, les membres sont devenus flasques, pendants. et, soulevés, ils retombent lourdement lorsqu'on les abandonne à eux-mêmes. Les mouvements respiratoires, étudiés à l'aide du pneumograplie, se montrent profonds cl précipités, d'ailleurs assez réguliers.

Le sommeil ainsi obtenu avait été provisoirement désigné par .M. Cbarcot sous le nom de léthargie provoquée avec hyperexoitabilité neuro-musculaire, il est plus simplement dénommé aujourd'hui état léthargique, lise distingue nettement des autres états hypnotiques connus (état cataleptique, état somnainbulique ou léthargie sans hyperexcitabililéi que nous allons décrire par la suite, et par ses symptômes et par les procédés qui en déterminent l'apparition.

Par les procédés générateurs d'abord :

En ellet,le sommeil léthargique avec hypei excitabilité neuro- musculaire est engendré par les impressions

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monotones et durables, «l<>nt nous avons parlé jilus haut. Nous ?enons de le voir se produire sous l'in- Quence d'une impression visuelle. Il eût été tou'1 aussi facile d<' l'obtenir, chez une malade aisément hypnotisable, par la compression des oreilles ou i\e^ yeux (Lasèguc), par lapalpation longtemps prolongée d'un mê »bjet, etc.

L'étal léthargique peu! encore être développé chez un sujet préalablement cataleptisé, lorsqu'on pratique chez lui l'occlusion des deux yeux ou qu'on le place dans l'obscurité.

Il se caractérise aussi, avons-nous dit, par ses symptômes. Les réflexes tendineux se montrent ici remarquablement exaltés. Mais le l'ai! dominant dans la symptomatologie de cet état léthargique, «'est, comme l'indique le nom qui lui a été donné, l'hyperexcitabilité des muscles et des nerfs.

Voici en quoi celte hyperexcitabilité consiste : Si l'on vient, avec le doigt ou un objet quelconque, à frôler, même légèrement à travers ta peau, un tronc nerveux ou une masse musculaire, on voit immédiatement une contraction se produire, contraction qui se localise à un seul muscle, si le muscle est excité directement, ou qui porte sur tout le groupe musculaire desservi par un nerf, si l'excitation agit sur le tronc nerveux luimême. C'est ainsi, par exemple, qu'on peut trèsaisément provoquer la contraction des muscles innervés par le cubital ou le facial en comprimant le premier de ces nerfs dans la gouttière olécrânienne, le second à sa sortie du crâne en avant de l'apophyse mastoïde.

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