‹ Les hysteriquesChapitre 71 sur 265 · ÉTAT LÉTHARGIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAT LÉTHARGIQUE

lue particularité à relever, c'esl qu'en général les rhuscles de la lace se comportent autrement que ceux des membres, une fois la contraction produite. Ces derniers en effet restent contractés on, pour parler pins exactement, contractures, alors même qu'a cessé l'excitation; tandis que ceux de la lace reviennent au repos, dès qu'on cesse d'agir directement sur le nerf qui les anime. Il résulte de ce fait qu'on peut, an niveau des membres, en utilisant l'hyperexcitabilité neuro-musculaire, déterminer d<^ contractures très énergiques, capables de résister même aux efforts violents. Ces contractures peuvent persister après le réveil pendant des journées entières, et se comportent alors en lace des agents eslhésiogènes, de l'aimant ou de l'électricité statique, de la même façon que les contractures spontanées. .Mais, tant que dure l'étal léthargique, on les lait céder presque instantanément en portant l'excitation sur les antagonistes des muscles contractures. Il importe de faire remarquer «pie les excitations limitées au tégument externe, telles qu'un pincement de la peau par exemple, ou encore un souille, des attouchements légers promenés à la surface d'un membre, ne produisent pas les contractures d'un genre particulier dont il est ici question.

M. Charcol insiste avec juste raison sur l'importance capitale de l'hyperexcitabilité des muscles en matière 'l'hypnotisme. D'une part, en effet, grâce à ce phénomène, il est possible de se mettre à l'abri de toute tentative de supercherie ; car il faudrait supposer à la malade, pour qu'elle réalisât correctement tous les mou-

IH PHÊNOMÈNI S HYPN0TIQ1 l S

vements dévolus à chacun des muscles dont on provoque la contraclion, une connaissance parfaite de l'anatomie et de la physiologie neuro-musculaire. D'autre part, celle propriété si inattendue des nerfs et des muscles, dans l'hypnotis fournil un moyen fori délicat de vérifier les lois établies par Duchenne (de Boulogne) à l'aide il»" la contraction produite par l'électricité localisée.

Il n'est pas inutile de rappeler que l'hyperexcitabilité musculaire n'esl pas exclusivement propre aux hystériquesetà l'état hypnotique. Ainsi, ce phénomène a été observé pai' M. Richer chez une femme qui n'oiïraii aucun symptôme de Physiérie, qui n'était ni hypnotique, ni hypnolisable. Chez elle, les contractions musculaires un peu énergiques étaient suivies de contractures plus "ii moins persistantes, disparaissant sous l'influence du fouille, mais capables de se reproduire et de devenir excessives, si l'expérience «Hait répétée plusieurs fois. La main légèrement secouée de droite à gauche continuait le mouvement malgré la volonté, et celte oscillation se changeait en une sorte de trépidation épileptoïde, dès qu'on tentait de la faire apparaître plusieurs fois. Il s'agit là d'une excitation automatique de la moelle, accompagnée d'une impuissance des centres nerveux supérieurs à modérer sou action1.

Noua ne -aurions passer sous silence de récentes recherches faites par .M. Charcot relativement à l'hyperexcitabilité des sujets en état de léthargie provoqué)

l Société de biologie, 1 i janvier 1882

immunication à la Société de biologie, 7 janvier 1882

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bien que lus faits annoncés aienl encore besoin, pour être acceptés définitivemenl, d'un contrôle plus approfondi et de L'autorité d'expériences plus nombreuses Les faits dont il s'agit sembleraient prouver que l'hypei excitabilité n'appartient pas uniquement aux muscles el aux nerfs, mais qu'elle s'étend jusqu'au centre cérébral lui-même, du moins en ce qui concerne les parties motrices.

Il ne s'agit plus cette lois de simples excitations mécaniques, mais de l'action du couranl galvanique sur l'encéphale pendanl l'état de léthargie hypnotique.

Dans cel état, chez un certain nombre d'hystériques, le courant galvanique, appliqué sur >m des côtés <l» crâne, provoque, sans réveiller le sujet, <l-* secousses musculaires souvent très énergiques, du côté opposé du ■ orps-, à savoir dans les deux membi es el dans la moitié de la face : tandis (pie. la malade une fois réveillée, lu même courant, appliqué de la même façon, ne donmlieu à aucun mouvement.

Les secousses musculaires se produisent au moment de l'ouverture et surtout de la fermeture du courant galvanique. Les pôles sont placés tous deux sur une même moitié du crâne : l'un d'eux, maintenu sur le sommet de la tète, à 2 ou .:'> centimètres de la ligne médiane, à l'extrémité d'une ligne verticale qui passerait par le conduit auditif externe, point correspondant, comme on lésait, à peu près à la limite supérieure de la région encéphalique dite zone motrice corticale; — l'autre, placé soit au devant et un peu au-dessus du pavillon de l'oreille, soit en arrière, à

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