ÉTAT CATALEPTIQUE
alors même qu'un l'a placé debout, dans une attitude forcée, se maintient en parfait équilibre et semble
comme pétrifié. Les yeux sont ouverts, le regard fixe, la physionomie impassible; et, comme il ne se fait que de très rares clignements des paupières, les larmes s'accumulent et s'écoulent bientôt sur les joues. Les mouvements respiratoires eux-mêmes s'affectent dans lesens de L'immobilité. Les tracés pneumographiques, en elîet, accusent de longues pauses, représentées par des lignes horizontales qu'interrompent de loin en loin des dépressions peu profondes.
Les membres, et l'on peut en dire autant de toutes les parties du corps, gardent, sans fatigue apparente, pendant un temps Tort long, les positions, même les plus difficiles à maintenir, qu'on leura communiquées. Lorsqu'on les soulève ou les déplace, ils donnent la sensation d'uni- grand'1 légère^, et, soit qu'on les fléchisse, soit qu'on les étende, les articulations ne font éprouver aucune résistance. Contrairement à l'assertion d'un grand nombre d'auteurs, la « jlejibilitas cerea » n'apparlient pas à l'état cataleptique des hynoptiques *.
On détermine la catalepsie par deux ordres de procédés :
1° On en provoque directement l'apparition chez, mie hystérique éveillée, au moyen d'une impression subite et vive.
Lorsque, comme nous l'avons indiqué plus haut, on fait raisonner brusquement le gong à l'oreille de
I. Note lue i L'Académie des sciences, séanee ilu 13 février 188-2.
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la malade; lorsqu'on projette sur les yeux la lumière vive d'une lampe électrique, on n'obtienl pas, comme à l'aide des impressions monotones el prolongées, le sommeil léthargique avec hyperexcitabililé musculaire, mais on fail directement apparaître la catalepsie. Le cerveau est comme surpris par la sensation intense qu'il perçoit, el l'état cataleptique ainsi obtenu est pins prononcé que celui auquel on arrive par le procédé qu'il nous reste à signaler.
2° An lieu «le produire par les moyens précédents la catalepsie directement chez une malade éveillée, on peut y arriver indirectemenl en quelque sorte, c'est-àdireen faisant passer la patiente, non de l'étal de veille, mais «lu sommeil léthargique à l'état cataleptique La chose se l'ail avec la plus grandi1 facilité.
<>n a vu que dans la léthargie les paupières sont habituellement abaissées ; or, si on les soulève de façon à permettre à la lumière de venir impressionner la rétine, subitementla symptomatologie changera léthargie, avec le cortège des manifestations que nousavons indiquées, l'ait place à la catalepsie. Les modifications profondes el rapides qu'on obtient parce procédé si simple sont bien due^ à l'action du rayon lumineux sur le cerveau. Des expériences concluantes de M .M. G. Ballet et P. Richer l'établissent nettement. En effet, chez les malades léthargiques, on peut impunément soulever les paupières, dans l'obscurité, sans que la catalepsie apparaisse. Mais si l'on fail dans la chambre noire arriver progressivement la lumière, on voilà un moment donné l'hyperexcilahiliié musculaire céder la place à la catalepsie.
ÉTAT CA1 kLEPTIQUE. |*.t
La somme de rayons lumineux, nécessaire poui obtenu1 ce résultat, varie suivant les malades. Il y a même ;'i côté de la question de quantité de la lumière une que-lion (lii qualité qui a son importance. Car, si l'on expose plusieurs hystériques en état de léthargie à l'action de rayon lumineux jaunes, les unes deviennent cataleptiques, les autres restent byperexcilables.
Grâce au procédé précédenl qui permet de passer avec une très grande facilité d'un état à un autre, ou a pu arriver à produire chez la même malade, en même t<'in[>s que ies symptômes de la catalepsie d'un côté du corps, ceux de l'état léthargique de l'autre. C'est là ce que M. Charcot a appelé hémi-catalepsie et hémi-léthargie. Si, en effet, chez une hystérique en état d'hyperexcitabilité musculaire, on ouvre non les paupières des deux côtés, mais «-elle d'un côté seulement, l'un des hémisphères cérébraux, celui qui correspond àl'oai] ouvert (hémisphère droit par conséquent, si les paupières «ont entr'ouvertes à gauche, et réciproquement, en vertu de rentre-croisement chiasmatique), est cataleplisé, tandis que l'hémisphère qui ne reçoit pas l'impression lumineuse reste dans le sommeil léthargique.
Les symptômes de l'état cataleptique sont bien différents de ceux des autres états. Nous en avons signalé un capital, c'est la propriété spéciale que présentent les muscles et qui permet d'opposer nettement la catalepsie à la léthargie. Les réflexes tendineux sont aholis ou très notablement amoindris. Le phénomène de Fhyperexcitabilité neuro-musculaire fait ici complètement défaut. L'état des fonctions intellectuelles et