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C. — Hystériques à I tige de la ménopause. — Il faut faire

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use exception pour certainscas où l'érotisrae el la Dymphomanie peuvent venir compliquer l'hystérie. Cette complication n'est pas rare, ainsi que l'a bien montré M. Gueneau de Mussy ', dans l'hystérie qui éclate parfois au moment de la ménopause ou hystérie de reurto. Dans ces cas, les hystériques présentent une certaine excitation génésique : elles sont libres dans leur langage, employant des mots expressifs pour peindre leurs sensations, et l'on voit souvent, dans les hôpitaux comme dans la clientèle, des femmes qui éprouvent un singulier plaisir à se faire sonder tous les jours, pendant des semaines entières, ou encore d'autres malades qui simulent une affection de matrice et qui viennent sans cesse consulter le médecin pour réclamer des examens au spéculum.

En résumé, de toutes les fractions de l'intelligence, les plus atteintes chez les hystériques sont les facultés affectives et morales. Les facultés intellectuelles proprement dites sont plus souvent exaltées que déprimées : mais ce qui frappe par-dessus tout dans leur état cérébral et ce qui doit en être considéré à coup sûr comme le signe le plus caractéristique, c'est « V impuissance de la volonté à réfréner les passions. » (Ch. Richet.) Les hystériques, a-t-on dit, s'agitent, et les passions les mènent, sans que leur volonté toujours chancelante ou défaillante puisse les maintenir dans la voie correcte de la raison. M. Huchard s'est efforcé de donner en quelque sorte la formule de leur état mental :

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les hystériques, conclut-il, ne savent pas, ne peuvent pas, ne veulent ]></< vouloir.

Parmi les phénomènes psychiques les plus remarquables qu'on observe chez les hystériques, on a dès Longtemps signalé les effets suprenanls, étranges, produits chez elles par les émotions morales vives. En vertu de sa remarquable impressionnabilité, de la vivacité de ses réactions, L'hystérique, même celle dont les facultés cérébrales sont modérément troublées, est susceptible de se laisser émouvoir d'une façon singulière par les spectacles, la mise en scène, et de subir avec une intensité particulièrement remarquable les sentiments (frayeur, joie, espérance) dont on provoque habilement chez elle Péclosion. L'hystérique est un sujet parfaitement préparé pour les miracles et Les guérisons dites surnaturelles. On ne sait que trop le bruit qui a été fait autour de certaines cures merveilleuses, attribuées par des esprits souvent de bonne foi à l'intervention de puissances occultes.

Une malade, présentant à un degré plus ou moins prononcé les différents phénomènes de l'hystérie, est atteinte d'une contracture, d'une coxalgie nerveuse, d'un deces mille phénomènes queBrodie asibiendécritssous le nom d'hystérie locale ; chez cette malade, le trouble psychique n'est pas encore profond, mais il existe chez elle cet état d'impressionnabilité, de surexcitation habituelle, d'émotivité facile, qui caractérise l'état mental de nos hystériques du second degré : vienne alors une de ces mille circonstances qui frappe le système nerveux avec d'autant plus d'inlen-

site que celui-ci esl plus prédisposé à réagir contre le

choc, et l'on verra subitement disparaître des accidents qui souvent résistaient depuis longtemps à remploi des plus puissants moyens thérapeutiques. Les exemples sent nombreux. J'en choisis quelques-uns au hasard.

Une femme, n dit Lisfranc, devient hystérique, à la suite de la mort d'un de ses deux enfants. Un jour, sous ses yeux même, une autre enfant fit une chute tellement grave qu'elle la crut morte. Klle tomba en syncope. En reprenant ses sens, elle trouva sa fille bien portante. Aussitôt, elle fut complètement guérie.

Une jeune fille de mes salles, dit Briquet, était atteinte de paraplégie hystérique; à force de soins, on finit par la mettre en état de se tenir sur ses pieds. Un jour, on lui apprend qu'une personne qui lui était chère, était arrivée à Paris ; elle demande une permission de sortie qui lui est accordée d'autant plus facilement, qu'on croit qu'elle n'en pourra pas profiter. Point du tout : la sortie a lieu, et cette fille qui ne pouvait pas faire quatre pas dans la salle a été, de la Charité au pont d'Auslerlitz,y trouver la personne qui l'attendait. Elle marcha de cette manière pendant huit jours, puis, à l'occasion d'une mauvaise nouvelle, elle perdit l'usage de ses jambes pour le recouvrer ensuite. Après un certain nombre d'alternatives, elle finit par guérir complètement.

Parmi les faits de cet ordre si intéressants et si nombreux rapportés par Carré de Montgeron dans son eu-

AGE DE LA MENOPAUSE. JJI

rieux livre', je trouve le suivant, déjà cité par liriquet.

Anne Couronneau eut, dit-on, une attaque d'apoplexie qui lui enleva l'usage de la parole. Les médecins de l'Hôtel-Dieu qui la traitèrent par les saignées, l'émétique, etc., la mirent au bout de huit jours en état de quitter l'hôpital. La malade, à peine sortie, éprouve dans le côté gauche un froid glacial et un engourdissement qui lui permettent à peine d'arriver à une maison voisine. Là, elle a des mouvements convulsifs violents qui lui ôtent de nouveau la parole ; les premiers accidents reparaissent avec beaucoup de force, et la malade est reconduite à l'Hôtel-Dieu. Malgré l'application des remèdes employés la première fois, elle sort au bout de trois semaines sans aucune amélioration, c'est-à-dire, avec une paralysie complète de la jambe gauche et incomplète de tout le reste de la moitié gauche du corps et de la langue, l'intelligence restant parfaitement saine.

La tille Couronneau se rend à grand'peine au tombeau de Paris, et, pendant deux séances, il n'y a pas grand effet ; mais à la troisième, pendant qu'elle est couchée sur la pierre, « au milieu des transports » de son ardente prière, elle sent un serrement et un mouvement dans la jambe paralytique, qui est le signal aussi bien que l'impression salutaire de la main de Dieu sur elle. » Aussitôt cette femme se relève, et sa paralysie se trouve complètement guérie. La malade fut vue par Bailly et par Boudon, médecin de l'Hôtel-Dieu,

1. Carré de Montgeron, Démonstration sur la vérité des miracles, etc. Paris, 1733.

TROUBLES INTELLE* Il l LS

qui l'avaient déclarée incurable, et qui, le lendemain de cette inspection, constatèrent la guérison.

Je ne multiplierai pas les faits. .1 ' < * n pourrais emprunter beaucoup d'autres aux divers auteurs. Les miracles récents, autour desquels on a fait grand bruit, peuvent être mis à côlé de ceux qui précèdent. Les conditions dans lesquelles la guérison s'opère peuvent varier, la mise en scène peut être différente, mais les causes générales qui intei viennent restent les mômes: d'un coté un concours de circonstances susceptibles de provoquer une émotion vive et subite, de l'autre l'inipressionnabilité nerveuse qui est le trait dominant de l'état mental des hystériques.

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