‹ Les Ictère HémolytiquesChapitre 22 sur 53 · FAN · texte numérisé non relu

FAN

Éosinophiles : 4 p. 100.

Myélocytes : 1 p. 100.

On note un globule rouge à noyau sur 400 éléments nucléés. Valeur globulaire (Sahli) : 0,7.

b) Recueilli par ponction veineuse, Coagulation normale et rétraction du caillot un peu lente.

Le sérum exsudé est extrêmement foncé, ictérique; il donne la réaction des pigments biliaires. On y décèle des traces d'urobiline.

Il ne jouit pas d'un pouvoir hémolytique spécial, ni vis-à-vis des globules de la malade, ni vis-à-vis des globules étrangers. (Recherche faite par le mélange de 30 gouttes de sérum avec une goutte de sang, dans des tubes aseptiques placés à l’étuve à 37° pendant vingt-quatre à quarante-huit heures.)

Autoagolutination très nettement positive en dix minutes. (Recherche faite avec le mélange intime de 10 gouttes de sérum et une goutte de sang.) É

Hématies granuleuses : 14,1 p. 100.

La recherche de la résistance globulaire (hématies déplasmatisées) a donné :,

Hi : 0,54 NaCI p. 100.

Hz : 0,46 — Hs : 0,82 —

24 juin. — Dans les urines il y a de l’urobiline.

28 juin. — Depuis l'entrée à l'hôpital l'état général décline. La malade est très abattue. La température a toujours été fébrile 38-399, non accompagnée de frissons, mais parfois d'une sensation de froid. L'ictère s'est foncé. Le ventre est un peu moins douloureux, mais il a acquis un plus grand volume. La circulation veineuse abdominale supplémentaire ne s'est pas accusée davantage. L’épigastre est soulevé par une voussure plus marquée, sonore, qui empêche actuellement de sentir la tumeur constatée du côté gauche et qu'on a attribuée à un hématome du grand droit, La percussion donne de la matité au-dessous de l'ombilic et dans les flancs, en rapport avec le liquide Pre On ne peut sentir nettement ni le foie ni la rate.

A de

Les grandes ecchymoses des flancs ont disparu, et on a vu apparaitre une ecchymose, signalée le 23 et qui a disparu. Depuis que cette ecchymose s’est produite, la malade se plaint de difficulté à uriner.

La quantité des urines a varié de 400 grammes à 1 litre, mais on n'a jamais pu être sûr de les recueillir en totalité. Elles ont conservé le mème aspect : rouge foncé, uratiques. L'acide azotique donnait un gros disque d’urates, mais ne révélait ni albumine, ni pigments biliaires. La réaction de Gmelin faisait donc défaut, mais celle de Grimbert, en opérant sur une assez grande quantité d'urine, donnait un résultat positif permettant d'affirmer des traces de pigments biliaires. Également traces d'acides biliaires. La réaction de l'urobiline était assez intense. Pas d'indican. L'urée, par vingt-quatre heures, atteignait 15 grammes environ, avec un régime liquide à base de lait.

Les selles n'ont jamais été décolorées. Il n'y a pas eu de vomissements.

On constate aujourd'hui une œdème des grandes lèvres, assez considérable du côté droit. Il n’est pas en rapport avec l'edème léger qui, aux membres inférieurs, intéresse seulement le pourtour des malléoles et la face interne des cuisses.

Les examens quotidiens n'ont rien révélé d’anormal par ailleurs. Du côté du pouls on n’a observé que de la tachycardie liée à l'état fébrile ; jamais de ralentissement. Le prurit n’a pas ou presque pas existé; on ne remarque aucune trace de grattage. Les soufles cervicaux et céphaliques persistent, L'auscullation des poumons ne révèle rien de particulier.

1®* juillet. — Résistance globulaire :

Hi = 0,58 NaCI p. 100,

Ho = 0,46 »)

Globules blanes : 18,000 ;

Globules rouges : 1,550,000 ; Hématies granuleuses : 14,4 p. 100.

Autoagelutination positive.

Isoagglutination, a) positive: 10 gouttes de sérum+-1 goutte de globules rouges d’un ictère faiblement hémolytique.

SRE

b) Négative : 10 gouttes de sérum +1 goutte de globules rouges d'un ictère à résistance globulaire augmentée chez un cirrhotique.

Les examens du sérum et la recherche de ses propriétés ont donné les mêmes résultats que le 23 juin.

7 juillet — L'état d'abattement physique et intellectuel de la malade a été progressivement croissant; elle est morte dans le coma avec un ictère très accusé.

L’AUTOPSIE a été pratiquée le 8 juillet à 4 heures et demie de l'après-midi.

. Gadavre en bon état de conservation. Adiposité prononcée, non seulement sous-cutanée, mais aussi épiploïque et périrénale.

Sous le tégument de l'abdomen, nombreuses suffusions hémorragiques assez récentes, mais de peu d'étendue.

Après évacuation de 10 litres environ d’un liquide ascitique de teinte ictérique, on aperçoit le côlon et l'estomac très distendus par les gaz.

L'abdomen ouvert, on reconnait sur sa surface péritonéale, correspondant à la gaine du musele grand droit du côté gauche, une grande tache rouge lie de vin, de près de 25 centimètres de long sur 7 à 8 de large. La paroi musculaire atteint 5 centimètres d'épaisseur et donne à la palpation une sensation de fluctuation. On enlève le muscle grand droit gauche pour mieux l'examiner, En sectionnant ses insertions supérieures thoraciques, on voit s'écouler en assez grande abondance une bouillie roussâtre. Le poids du muscle, malgré cette évacuation de plus de 100 grammes, atteint encore 650 grammes, La coupe montre qu'il s'est développé dans sa gaine un hématome considérable qui a diffusé et dissocié les fibres depuis l'appendice xiphoïde jusqu'au-dessous de l’ombilie. Il n'y a pas de caillots, mais un liquide couleur chocolat, non homogène, où nagent des débris musculaires. Au niveau de la partie inférieure du muscle, il y a eu aussi hémorragie, mais plus légère, eton ne trouve qu'une infiltration sanguine, sans collection.

Le grand droit du côté droit est simplement ecehymotique. Un peu augmenté de volume, il pèse 220 grammes.

2 ils

De Lu

On note aussi des ecchymoses avec extravasation sanguine au niveau des muscles spinaux et des muscles de la région lombaire, particulièrement à gauche.

Poumons : droit, 410 grammes; gauche, 400 grammes. Ne présentent pas trace de lésions tuberculeuses anciennes ou récentes. Pas de pleurésie. A gauche, quelques adhérences interlobaires. Le poumon droit est un peu congestionné. L'expression fait sourdre quelque sérosité de teinte bilieuse.

Quelques ganglions trachéobronchiques un peu hypertrophiés, anthracosiques, non tuberculeux macroscopiquement.

Dans le péricarde, 70 grammes environ de liquide bilieux, mais la séreuse a un aspect lisse.

Le cœur est un peu gras, il pèse 260 grammes. Il ne présente à l'épreuve de l’eau ni à l’examen direct aucune altération valvulaire. L'aorte, de calibre normal, a conservé son élasticité habituelle.

Œsophage normal, sans varices à sa partie terminale. L'estomac est très dilaté; sa muqueuse a perdu les plis habituels; audessous d'elle, quelques suffusions sanguines noiràtres forment par endroits de longues trainées suivant le grand axe de l'organe. Intestin indemne. Rien au péritoine.

Le foie pèse 2.000 grammes. De volume normal ou légèrement hypertrophié, il se présente avec une coloration générale pâle et jaunâtre. Son bord antérieur présente une encoche très accusée au niveau de l'insertion du ligament suspenseur. Une encoche pareille, mais moins profonde, à la face postérieure de l'organe, donne à celui-ci dans son ensemble la forme d'un sablier. Le bord antérieur est sinueux, très découpé. Pas de périhépatite, ni de péricystite. La surface du foie n’est pas lisse, polie, d'une façon parfaite. Notamment à la face convexe et au bord antérieur, l’aspect est un peu chagriné sans que l'on puisse toutefois parler d'état clouté. A la coupe, l'organe, très ferme, résiste et crie sous le couteau. L'examen de la tranche de section montre qu'il s'agit avant tout d' a tissu lardacé, blanchâtre, peu granuleux, au sein duquel sont semées des taches jaunes, de la grosseur d'un grain de chènevis ou d'une lentille, et qui paraissent représenter les lobules restants.

& JC

Page 1