‹ Les Ictère HémolytiquesChapitre 33 sur 53 · DS · texte numérisé non relu

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décoloration des matières. Pas de pigments biliaires, mais urobiline dans les urines. Disparition de l'ictère par le traitement: quinique.

Dans le sérum ne fut trouvé ni urobiline, ni pigments biliaires.

Globules rouges : 3,000,000. Hématies granuleuses : 7 p. 100. Fragilité globulaire, surtout nette avec le procédé des hématies déplasmatisées. Hémolyse : début à 0,58 de NaCI, nette à 0,42. totale à 0,36.

Rien d'anormal du côté des globules blanes.

Amélioration après traitement.

Dans les deux observations précédentes, il estrationnel de mettre l'ictère sur le compte du paludisme. Et l’on conçoit sans peine que l'hématozoaire, parasite destructeur de globules rouges au premier chef, puisse engendrer un ictère d’origine sanguine, On ne saurait d’ailleurs invoquer 1c1 l’action de la quinine comme agent hémolytique, car au moment des examens de la résistance globulaire, ce médicament n'avait pas été prescrit. D'ailleurs en empêchant l'apparition de nouveaux accès la quinine fit rétrocéder l'ictère.

Jusqu'à la publication de Sacquépée, ilne semble pas que lon ait recherché l'état de la résistance globulaire dans lictère d'origine paludéenne. Faut-il désormais admettre que {out ictère reconnaissant une semblable étrologie est hémolytique? Pareille conclusion semble logique à la suite des recherches confirmatives de Chauffard, mentionnées plus haut. Cependant M. Lafforgue et mot avons étudié de près l’état du sang chez un Jeune soldat corse atteint de paludisme avec ictère acholurique splénomégalique ; l'hématozoaire fut aisément décelé; 1lexistait 4 p. 100 d'hématies granuleuses mais la résistance globulaire, loin d’être normale ou

diminuée, se (trouvait au contraire accrue, lhémolyse initiale s'effectuant seulement dans une solution de NaCI à 0,40 p. 100.

OBSERVATION XXXIX (Darré)

Missionnaire ayant séjourné au Congo français, où il s'impaluda ; il fut infesté par les larves d'ankylostome en traversant au milieu d’une forêt une grande nappe d’eau stagnante.

Peu de temps après, il ressentit un prurit intense, étendu à toute la surface des deux membres inférieurs. Après le prurit, parut l'ædème des pieds et de la partie inférieure des jambes, qui n'a duré que trois à quatre jours.

Cinq jours après le début des accidents cutanés, il fut pris d'oppression accompagnée de toux, d'expectoration muqueuse et de fièvre, les phénomènes disparurent au bout de quinze jours.

Les accidents pulmonaires ont été d'abord suivis de troubles intestinaux (anorexie, douleurs du ventre, diarrhée profuse, entérorrhagies, selles noirâtres) puis d'une anémie intense.

Lorsque quelques mois plus tard le malade se présente à l'hôpital Pasteur, on constate chez lui, outre lessymptômes habituels de l’ankylostomiase, un ictère léger qui paraissait lié à de la fragilité globulaire. Dans les urines urobiline, mais pas de pigments biliaires. Diminution notable de la résistance des globules rouges aux solutions salines hypotoniques et aux sérums humains normaux. Nombreuses hématies granuleuses.

C'est le premier cas d’ictère hémolylique par ankvlostomiase. Néanmoins, il convient de faire quelques réserves. Le paludisme, dont le malade eut plusieurs atteintes, à pu contribuer pour sa part à déterminer la fragilité globulaire, mais il ne semble pas en tout cas l'avoir conditionnée à lui seul, puisque la réparation du sang à suivi à bref délai l'expulsion des ankylostomes par le thymol.

OBsERvATION XL (Bénech et Sabrazès)

Jeune homme, âgé de 17 ans en septembre 1908. Pas d'ictériques dans sa famille.

Allaité au sein par sa mère pendant quinze jours, puis par une nourrice; cette femme et ses deux enfants ont eu de tout temps un teint cholémique analogue au teint du malade. L'ictère survint pendant que l’enfant était en nourrice.

Dès sa plus tendre enfance, le malade fut sujet à des poussées d'ictère. Troubles gastro-intestinaux anciens : ballonnement, parfois vomissements, coliques et diarrhée. Chaque année surviennent des crises plus fréquentes et plus pénibles l'été. En avril 1908, poussée ictérique intense. Depuis avril 1908, environ tous les mois, surviennent pendant trois à quatre jours des signes d'embarras gastrique, l'ictère se fonce; une débâcle diarrhéique, faite de trois ou quatre selles noirâtres non sanguinolentes, marque la fin de la crise; l’ictère s'atténue et vers le huitième ou dixième jour le malade conserve seulement son teint cholémique normal.

Il n’y a ni prurit, ni xanthopsie, ni bradycardie. Les matières fécales sont plutôt hypercolorées; les urines acajou renferment de l’urobiline, mais ni sels, ni pigments biliaires. Pas de gros foie. Splénomégalie marquée; l'extrémité inférieure de la rate, d’ailleurs indolore, arrive à l’ombilie.

Hémoglobine, 78 p. 100. Globules rouges : 4,185,000. Valeur globulaire : 0,93. Globules blancs : 9,300, avec pourcentage à peu près normal. Réaction médullaire légère sans hématies nucléées, Anisocytose . Polychromatophilie marquée. Hématies granuleuses : 6 p. 100. Rétraction du caillot normale. Bilirubine

dans le sérum, Hi — 0,60 avec le sang total ; 0,62 avec les hématies déplasmatisées. H totale — 0,36, Autoagglutination

légère des hématies. Le sang total mis en pipette a commencé à s'hémolyser plus tôt qu'un sang normal.

Bien que lictère soit apparu dès la plus tendre en-

fance, il s'agit d'un ictère hémolytique acquis. De cela témoigne l’autoagglutinalion des hématies, symptôme qui jusqu'à présent ne s’est jamais trouvé en défaut.

L'intérèt de ce cas réside surtout dans l'étiologie. II semble que l’on doive admettre que le lait de la nourrice à servi de véhicule à une substance toxique indéterminée qui est venue atteindre l'organisme du nourrisson el provoquer des modifications dèfinitives du côté des organes sanguiformateurs.

OBsERvVATION XLI (Massaglia et Tarabini)

Pas de maladies dans l'enfance. À 4 ans, les parents du malade ont noté une teinte jaunâtre de la peau et des selérotiques, survenue sans cause appréciable, et qui a persisté depuis.

Enfant de 1% ans offrant un ictère léger, sans prurit, sans décoloration des fèces, ni cholurie; urobilinurie en quantité variable. Foie hypertrophié. Rate volumineuse, indolore, mesurant 15/11 1/2 centimètres.

Globules rouges : 3,700,000. — Globules blancs : 7,800. — Hémoglobine : 65 p. 100.

Hémolyse initiale à 0,52 NaCI p. 100, totale à 0,45.

Le sérum est hémolytique pour des globules étrangers et les propres globules du malade en vingt-quatre heures; la même épreuve avec un sérum normal n’est positive qu'en quarante-huit heures.

* Par la méthode de Césaris Demel, 7 à 8 p. 100 d'hématies granulées.

Par la méthode de Vassale, nombre identique d'hématies

colorées au bleu azur; ce sont là des hématies jeunes. L'intérêt de cetle observation réside surtout dans ce fait qu'un iclère peut être hémoltique à la fois par la

fragilité propre des globules rouges et par là présence

tire de substances hémolvsantes dans le sérum; il v à d'ailleurs lieu de se demander si ces dernières ne possèdent pas le pouvoir de rendre les hématies plus sensibles en présence de solutions chlorurées hypotoniques, si bien qu'il ne saurait plus être question ei d'ictère hémolytique.

En tout cas, les auteurs sont dans l'erreur la plus absolue quand ils soutiennent que les auteurs français ne se sont pas préoccupés de l'existence possible, dans les cas d'ictères hémolytiques, d’une lysine dans le sang circulant. Les auteurs français n'en ont jamais trouvé, voilà tout.

Massaglia et Tarabini ont cherché les hématies granulées par un procédé dont Je n'ai pas l'expérience, celui de Césaris Demel : on étend une goutte de solution alcoolique de brillant crésylblau sur une lamelle, on fait sécher, on superpose une goutte de sang, et l’on examine au microscope au bout d'une demi-heure. Sur les T à 8 p. 100 granuleux ainsi observés, { ou 2 p. 100 seulement avaient une structure filamenteuse, c'est-àdire présentaient des filaments colorés en bleu, quelquefois entrecroisés de différentes facons: les autres offraient des granulations de couleur rouge violacé rassemblées par deux comme des diplocoques.

La méthode de Vassale consiste à étaler du sang sur une lame: on fixe aux vapeurs de formol, on colore avec une solution de bleu de méthylène dans Facide arsénieux. On mel ainsi en évidence des hématies colorées en bleu azur en nombre égal à celles que le premier procédé à montrées granuleuses. Ce sont les

globules Jeunes qui sont ainsi colorés en bleu azur.

OBSERvATION XLIT {Campani et Ferrari)

Enfant de 10 ans, légèrement ictérique depuis l'âge de 5 ans et demi. Foie légèrement hypertrophié et douloureux à la pression. Rate dure, glebuleuse, 18/10. Pas de bradyeardie. Pas de cholurie. Urobilinurie légère. (Epreuve de la glycosurie alimentaire : faiblement positive. Épreuve de la glaucurie normale : fèces très colorés.)

Globules rouges : 4,200,000. — Globules blanes : 9,000. — Hémoglobine : 90 p. 100. — Coagulation normale.

Dei 0,90 = ,0,8: Un an plus tard amélioration légère de cet état : Hi — 0,48. L'autoagglutination n'a pas été recherchée.

OBsERvATION XLIII (Ritter v. Stejskal)

Jeune fille de 16 ans, sans antécédents héréditaires.

Apparition de l'ictère à 14 ans, coïncidant avec de la céphalée, des palpitations, des vertiges, de la gêne respiratoire. Disparition dé la jaunisse qui reparaît à l'âge de 16 ans. Alors pas de hradycardie. Foie normal. Rate volumineuse, indolore ; pas de pigments biliaires dans les urines, mais urobilinurie. = 0,58. — 0,5%

Surviennent ensuite des alternatives d'améloration ou d'aggravation. Le taux des globules rouges tomba jusqu'à 864,000, coïncidant avec une abondante polychromatophilie et une réaction myéloïde.

Le sérum n'avait pas de pouvoir hémolytique spécial.

L'ietère et l'anémie ont pendant plusieurs mois procédé par poussées, s'accompagnant d'hypertrophie splénique. Lors de ces attaques, il se forme une anémie qui dure peu de temps. La teinte ictérique faible ainsi que la splénomégalie priment l'anémie. Et dans l'intervalle des poussées, c'est l'état d'une chlorotique avec augmentation de volume de la rate.

Il n'a jamais eu ni rétention biliaire, ni prurit, ni bradycardie.

OgservarTion XLIV (Ritter v.Stejskal)

Malade de 21 ans qui, après avoir présenté une coloration jaune passagère des téguments, éprouve des douleurs vésiculaires et redevient jaune. ‘

A l'entrée, ictère net sans prurit ni bradycardie. Foie légèrement gros. Splénomégalie très modérée. Urobilinurie et pigments biliaires dans les urines. Pas de décoloration des selles. Diminution du nombre des globules rouges. Hi = 0,56. H3 = 0,54. Pas de pouvoirs hémolytique du sérum.

Diminution consécutive, mais non disparition, de l'ictère et de la splénomégalie.

L'intérêt de ces deux cas réside dans les phénomènes de rélrocession et de retour répétés des accidents. Dans l’un, le diagnostic était des plus délicats avec lanémie pernicieuse, mais 1} n'y avait pas de leucopenie.

Pour l’auteur, lhémolvse se fait dans la rate.

OBSERVATIONS XLV à LVIT(Castaigne)

Castaigne à réuni douze observations de malades chez lesquels il a constaté, pendant la vie, hémolyse et ietère, après la mort, infiltration pigmentaire simple. Il ne les a pas publiées en détail, aussi résumera-{-on ici son article.

Première calégorie : 2? observations d'empoisonnement par des substances chimiques indéterminées; 3 cas d'anémie pernicieuse à forme ictérique. Chez ces cinq malades : sérum riche en pigments biliaires, coloration jaune sale de la peau, peu marquée ou nulle des muqueuses, pas de pigments biliaires normaux dans les urines. Fonctionnement de la cellule hépatique normal où exagéré, Cellules hépatiques et épithélium des tubes contournés contenalent des pigments ocre.

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