III. — Ictère des nouveau-nés
La distinction classique des ictères du nouveau-né en symptomaliques el idiopathiques reste toujours admise. C'est elle qu'adoptent sans hésitation Voron el Bué dans un rapport récent.
La première variété revêt le plus souvent les allures
de l'ictère hépatogène où par rétention, les urines renferment habituellement des pigments biliaires. Je la laisserai de côté.
L'ictère simple ou idiopalhique présente un tableau clinique tout différent. Survenant ordinairement sans cause appréciable, il affecte une évolution cyclique en trois périodes : période de préictère, avec teinte rouge du tégument; période jaune où d'ictère confirmé: période de déclin. L'ictère paraît constituer à lui seul toute la maladie. Aucun trouble digestif ne l'accompagne. On ne décèle pas le moindre signe d'intoxication biliaire. Les selles sont colorées: les pigments font défaut dans l'urine. L'état général reste bon et la maladie, essentiellement bénigne, ne constilue en somme qu'un incident.
La pathogénie de cet ictère a donné lieu à de nombreuses théories. Celles de P. Frank, Frerichs, Birch- Hirschfeld, Hewit, n'ont pas eu grand succès et la plupart des pédiatres et des accoucheurs, à la suite des travaux de Billard, Quincke, Bouchard, Porak, Havem, se rallient à l’origine hématique de la maladie. Mais, Jusqu'à ces dernières années, la démonstration manquait.
L'un des premiers, Leuret s'es{ attaché à l'étude de la résistance globulaire chez le nouveau-né. Ses recherches ont abouti à des résultats intéressants: la fragilité globulaire serait très manifeste à la période préictérique, où de coloration rouge de la peau, et proportionnelle à Pintensité qu'acquerra l'ictère les jours suivants: parfois même, la dissolution des hématies est lelle que le sérum, Sil n'est pas à proprement parler laqué, donne, à l'examen spectroscopique, les bandes