‹ Les Ictère HémolytiquesChapitre 47 sur 53 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Seulesles autopsies de malades atteints d'ictère hémolvtique permettront de baser sur des données solides ‘la pathogénie d'une telle affection. Elles sont encore rares. J'en dégagerai les faits essentiels.

I'estinutile de reproduire ici dans {ous ses détails le compte rendu nécropsique publié par Minkowski. Cet auteur n'a pas noté des altérations spéciales de la glande hépatique: toute cirrhose faisait défaut: lexamen histologique révélait seulement un certain degré de surcharge pigmentaire et de surchage graisseuse. I Y avait un calcul dans la vésicule bihaire. La rate, énorme, pesait ! kilogramme, mais somme toute son hypertrophie était surtout le fait de Fhyperhémie. Minkowski insiste plus spécialement sur l'état des reins: de coloration brunâtre, ils étaient semés au niveau des Lubes contournés d'un dépôt de pigment brun, grenu, donnantles réactions du fer.

Castaigne à particulièrement observé la sidérose pigmentaire du foie, associée où non à des lésions de cirrhose, veineuse où biliaire, et d'angiocholite.

L'étude là plus minutieuse est celle de Vaquez, Auberlin eU Giroux : elle à trait à un sujet considéré par Hayem comme porteur d'un ictère infectieux chronique splénomégalique: les examens de sang ont mis en

lumière la fragilité globulaire eU permis de considérer

qu'il s'agissait en réalité d'un ictère hémolvtique. L'autopsie de ce malade est d'un puissant intérêt. La rate, volumineuse, pesait 850 grammes: molle et gorgée de sang, elle paraissait pauvre en corpuseules de Malpighr; l'intérieur de l'organe renfermait de gros sinus dlatés, remplis de globules rouges; mais les sinus de moven calibre ne paraissaient pas très congestionnés. Par contre, dans leur intervalle, c'est-à-dire dans les cordons de Billroth, l'accumulation des hématies, serrées les unes contre les autres, était considérable. Telle était la lésion essentielle. À signaler aussi quelques signes de macrophagie, plus prononcés dans les sinus que dans la pulpe. Les cellules endothéliales étaient gorgées de pigment ferrique. Aucune lésion d’angiocholite ni de cirrhose n'était apparente sur les coupes histologiques du foie. Les travées hépatiques rompues offraient des cellules bourrées de pigment ferrique. La sidérose rénale élait modérée. La moelle osseuse enfin se trouvait en élat de reviviscence. Pour étudier le rôle hémolvtique possible de la rate, les auteurs précédents ont injecté la pulpe splénique dans la cavité péritonéale d'un cobaye. Consécutivement il se fit une destruction elobulaire très marquée. La rate de animal offrait une sidérose intense; mais sans congestion des cordons de Billroth ; la moelle osseuse était hyperplasiée ; ie foie restait indemne, sans surchage de pigment ferrique ; il ne s'agit donc là nullement de la reproduction expérimentale des altérations de Pietère hémolytique, et la destruction globulaire s'explique aisément par Pintroduction dans l'organisme animal, sous forme de pulpe

splénique, de globules étrangers appartenant à une

espèce différente; ces phénomènes de fragilisation et dissolution des hématies ne peuvent dès lors surprendre.

OElttinger à confirmé les constatations faites par Vaquez, Aubertin et Giroux. La rate (575 gr.), de coloration violacée, montrait une congestion prononcée des cordons de Billroth, tandis que les sinus, malgré leur dilatation, restaient presque vides: leurs parois contenaient de nombreux macrophages, bourrés de pigment ocre. Les ganglions du hile comportaient une surchage pigmentaire manifeste. Au foie prédominait une congestion centro-lobulaire, accompagnée. d’un certain degré de dégénérescence granuleuse avec surchage pigmentaire centrale, même surchage au niveau des reins. Quant à la moelle osseuse, elle se trouvait en état de rénovalion embryonnaire. La vésicule, remplie d'une bile épaisse, contenait une quinzaine de petits calculs brunâtres et friables.

Gandy et Brulé ont récemment publié l’autopsie d'une malade dont Le Gendre el Brulé avaient antérieurement rapporté l’histoire. La vésicule était indemne. Le foie volumineux (1,900 grammes) n'offrait aucune lésion d'angiocholite, mais une congestion intense, au point de dissocier les travées: les cellules, d'ailleurs normales, contenaient du pigment ocre, mais les réac- Lions caractéristiques du fer restèrent négatives. L'hypertrophie splénique (750 grammes) était due à une congestion très prononcée occupant les cordons de Billroth ; à leur niveau là macrophagie était des plus restreintes, alors qu'elle était assez nette dans les sinus. Le fer se trouvait en faible abondance dans la rate: il

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