à 300 cm3, l’albuminurie augmente, et quelques
globules rouges sont observés dans le culot de centrifugation.
Le 7 février, une paracentèse retire ñeuf litres de liqüide clair, Jaune paille. Le lendemain, l'abdomen est de nouveau très distendu, malgré un drainage très libre par la plaie de ponction.
À cause de l'augmentation rapide de l'ascite, on tente, le 12 février. une opération de Talma-Narath.
Autopsie.
On ne peut examiner que l’abdomen. Le foie et les reins sont les seuls organes qui semblent lésés.
Foie. — On trouve à la coupe des aires jaunâtres entourées de parties déprimées rouge sombre. Ces aires jaunâtres laissent voir quelques traces de lobules.
Au microscope, ces parties jaunes sont faites de lobules hépatiques dont quelques-uns assez peu altérés. Mais la plupart des cellules hépatiques contiennent une seule large gouttelette de graisse qui a repoussé le noyau à la périphérie. Dans d’autres cellules, le cytoplasme a un aspect nuageux. Quelques cellules sont complètement dépourvues de noyau. Quand il existe, celui-ci est sou- . vent pycnotique.
La disposition régulière des cellules hépatiques en cordons a presque complètement disparu. Cette disposition en cordons est mieux définie à la périphérie des lobules,
mais, là, les cellules sont gonflées et granuleuses et con-
tiennent parfois de petites particules d’un pigment jaune brun. Les interstices cellulaires sont étroits et contiennent un peu de sang.
Un peu partout, des bandes de tissu conjonctif représentent des aires où le parenchyme «a entièrement dtsparu, permettant aux canaux biliaires de se toucher.
Dans les zones rouges, il ny a pas trace de parenchyme, mais seulement “du tissu conjonctif qui est le siège d’une infiltration diffuse à cellules rondes.
Reins. — Les glomérules sont un peu plus riches en cellules que normalement. L’épithélium limitant la capsule de Bowmann, dans &e nombreux glomérules, est gonflé, et l’espace capsulaire est dilaté et rempli de matières granuleuses. Les tubes contournés de la région sous-capsulaire sont dilatés et leur lumière est comblée de ces mêmes matières granuleuses.
Dans la portion la plus profonde du rein, les lumières des tubes sont remarquablement étroites à cause du gonflement de l’épithélium.
Partout, de nombreux tubes ont leurs noyaux cellulaires altérés, où même en sont totalement dépourvus. Les vaisseaux intertubulaires sont distendus par le sang.
Il est évident que les reins ont béaucoup souffert. OBSERVATION XXXVII (ANDERSON ET TETER)
Une femme de 48 ans est vue pour la première fois
2 vie À ——
le 23 mai 1928 atteinte d’arthrite chronique déformante des doigts. Les urines sont normales, un peu acides. On prescrit trois grains (0 gr. 20) d'oxyliodide (cinchophène iodé) trois fois par jour, avec un peu d’eau de Vichy.
Au bout de quinze jours les symptômes s’amendent, mais la malade continue le traitement jusqu’au 15 novembre environ.
Six semaines après, il se produit une récidive légère, à l’occasion de laquelle on prescrit de nouveau le médicament.
Le 28 janvier 1929 un des auteurs constate un peu d’œdème de la face et des extrémités, avec un léger ictère des téguments.
La malade n'ayant pas uriné depuis 24 heures, un cathétérisme est pratiqué et ramène 45 cm3 d'urine trouble, foncée, d'odeur forte.
On cesse l'oxyliodide. Dans la péréode de mai à janvier, la malade avait pris environ 606 tablettes de 0 gr. 20 du médicament, soit 120 gr.
Un bain très chaud additionné de sulfate de magnésie et divers autres remèdes (?) amènent une transpiration marquée et une diurèse de 1.775 cm3 dans les heures suivantes. Ces urines contiennent de l’acide diacétique, de l’acétone, des cylindres hyalins et épithéliaux, mais pas d’albumine ni de sucre.
L’ictère, cependant, s'accentue, la rétention reparaît.
et le délire survient. Diverses tentatives. pour rétablir la diurèse par les bains chauds, échouent. L’éfat de la malade empire, et elle entre à l'hôpital le 4 février.
A son entrée, la malade délire. Elle a une ascite abondante et un peu d’'anasarque. Son ictère est modéré. On ne sent pas le foie à la palpation.
Un nouvel échantillon d’urinés retirées par cathétérisme présente les mêmes caractères que tout à l'heure, avec une acidité plus accentuée, et beaucoup d'albumine. L'œdème empêche la prise de sang pour examen chimique.
Le soir du 4 février la malade présente quelques con-
vulsions qui persistent le lendemain. L'œdème et le délire
s'accentuent, et la malade meurt.
Autopsie.
a) Macroscopiquement:
Foie mobile, très diminué de volume, pesant 450 grammes, de surface rugueuse. À la coupe, nombreuses aires de couleur jaune de chrome de 5 à 10 mm. de diamètre, séparées par des intervalles rouge brun. Plus de la moitié de la surface de coupe était constituée de ces aires jaunes.
Voies biliaires et pancréas normaux.
Tractus digestif normal, en dehors de nombreuses pétéchies de 1 à 4 mm. de diamètre.
Rate modérément augmentée de volume.
Reins de taille normale. A la coupe, la séparation antre le cortex et la substance médullaire n'était pas nettement marquée, et les striations corticales n'étaient pas distinctes.
Piqueté hémorragique des bassinets.
Dans la vessie, environ 15 cm3 d’urine foncée, trouble.
Trois litres d'ascite, œdème pulmonaire, hydrothorax bilatéral (500 cm3) de liquide dans chaque plèvre).
Pétéchies sur le péricarde, l’endocarde, ie myocarde (pas d’autres lésions cardiaques), les plèvres, le péritoine.
b) Microscopiquement:
Foie: nécrose des celuules hépatiques et hémorragies centro-lobulaires plus ou moins importantes. De nombreux lobules et groupes de lobules avaient entièrèment disparu.
En d’autres points, les canalicules hiliaires étaient très nombreux et séparés par du tissu conjonctif lâche hémorragique. C’étaient ces surfaces qui correspondaient aux zones rouge foncé de la coupe.
Là où les cellules hépatiques étaient le mieux conservées, elles présentaient une dégénérescence graisseuse accentuée.
Reins: l’épithélium des tubes contournés était gonflé et contenait de fines gouttelettes de graïsse. Çà et là les cel-
lules avaient gardé leur noyau.
Una es
Les lumières de quelques tubes contenaient des amas
granuleux, d’autres des cylindres d’un jaune brun.
Les glomérules paraissaient à peu près normaux.
OBSERVATION XXXVIII (CABoT)
Un homme de 42 ans prend pendant six mois des doses assez fortes de weldona (néocinchophène, poudre de cascara et carbonate de magnésie).
Deux mois après, apparaissent des douleurs, des coliques, une indigestion, et un ictéère.
A l’examen : foie difficile à palper, pigments biliaires dans les urines à diverses reprises, matières décolorées; Wassermann négatif. Rien à la radiographie.
Peu à peu, le foie diminue de volume, et le malade fait un peu d'ascite, des œdèmes, des hématémèses, et une certaine pigmentation des téguments. Il n’a pas de fièvre.
La mort survient au bout de trois mois.
A l’autopsie, on trouve une atrophie jaune aiguë du foie avec une légère cirrhose secondaire (?), des varices gastroæsophagiennes, de l'ascite, et un hydrothorax.
L'auteur ajoute qu'il a vu d'autres atrophies jaunes aiguës du foie chez des malades qui avaient pris la pré-
paration dite weldona.
À. - Avec cirrhose du foie isoléè
OBSERVATION XXXIX. -__ Cas 3 DE RABINOWITZ
Un homme de 45 ans souffre depuis un mois de doulaurs disséminées. On commence la phénylquinoléine le 30 septembre 1927, à la dose de 0 gr. 50 trois fois par jour.
Quatre mois apres, le 8 février 1928, La dose est portée à OÔ gr. 50 toutes les trois heures, et on fait en même temps des injections sous-cutanées de lait.
Le traitement par la phénylquinoléine est continué jusqu'en février 1929 (un an par conséquent).
Le malade se plaint alors brusquement d’une douleur épigastrique et fait un ictère avec pigments biliaires dans les urines.
L'état général est déficient. Le malade a perdu 25 kilogrammes depuis le début du traitement.
L’ictère dure quatre jours; puis un peu d’'ascite! apparaît et le malade meurt six jours après.
A l'autopsie: foie de 1.100 gr. présentant une hyperplasie nodulaire et une cirrhose périportale.
La rate est normale, ainsi que le pancréas et les voies biliaires.
Plaques de péritonite purulente.
OBSERVATION XL. -- Css 7 DE RABINOWITZ
Une femme de 30 ans. traitée pendant six mois par de
fortes doses de phénylquinoléine pour une arthrite de
la hanche, fait un ictère progressif, qui amène, au bout de quatre mois, à pratiquer une laparotomie exploratrice. La malade meurt sur la table d’opération.
On trouve à l’autopsie un foie très petit présentant une
atrophie cirrhotique.