LA RÉACTION MÉDULLAIRE TR
ques et de pénétrer plus avant dans l'étude des réactions de l’organisme. |
Il est intéressant d'étudier d'abord la composition sanguine au moment des plus fortes poussées de déglobulisation, lorsque, ‘au cours de l’ictère hémolytique acquis, le chiffre des hématies tombe aux environs de 1 million. Les signes de réaction médullaire sont alors évidents; myélocytes et hérmmaties nucléés se montrent nombreux sur les préparations.
Les myélocytes peuvent atteindre 6 0/0 du nombre des globules blancs; ce sont surtout des myélocytes neutrophiles ; parfois des myélocytes basophiles homogènes de Dominici, rarement des myélocytes éosinophiles ou basophiles.
Les hématies nucléées peuvent aussi exister en abondance ; nous les avons vues atteindre 15 0/0 du nombre des globules blancs; ce sont, en grande majorité, des normoblastes ; les mégaloblastes, n'apparaissant que lorsque la réaction médullaire est à son maximum. La formule sanguine est alors celle des anémies pernicieuses plastiques, dans laquelle la moelle fournit en abondance des éléments jeunes pour lutter contre une hypoglobulie intense. nr
Mais la présence, dans le sang, d'éléments myéloïdes, en aussi grande abondance. est toujours fugace au cours des ictères hémolytiques ; le plus souvent et même lorsque le chiffre des globules rouges ne dépasse pas 3 millions, le pourcentage globulaire ne montre guère plus de 1 à 2 0/0 de myélocytes neutrophiles et de normoblastes. Cette proportion n’est même que rarement alteinte, au cours des ictères congénitaux, où l’anémie n'est généralement pas très accentuée. On n’y note, en général, et encore à certains jours seulement, que 1 myélocyte, ou une hématie nucléé, pour 3 à 400 éléments blancs.
De ce queles myélocytes, les hématies nucléées n’appa-
DIAMÈTRES GLOBULAIRES 45 Re ER fe EN A Am raissent en abondance qu'au moment de fortes poussées de déglobulisation, doit-on conclure que ce n’est que lorsque l’anémie est intense, que la réaction médullaire apparait ? HN n'en est rien, et constamment persistent d'autres stigmates hématologiques, que l'on s'accorde généralement à considérer comme liés intimement à la rénovation sanguine : la polychromatophilie et l’anisocytose.
La polychromatophilie est, comme nous l'avons montré avec MM. Widal et Abrami de règle au cours des ictères hémolytiques, elle apparaît toujours très marquée, que l’on examine des lames séchées, colorées à l’éosine-hématéine, ou au bleu de Unra, ou, mieux encore, que l’on regarde le sang, après coloration vitale. Avec le bleu polychrome, on voit au milieu des hématies normales, teintées en vert pâle, de nombrex globules à affinités tinctoriales pour les
couleurs basiques, qui se colorent en vert foncé ou en bleu
franc. La proportion de ces hématies peut atteindre 45 0/0, après les grandes périodes de déglobulisation. Mais, sans atteindre toujours cette intensité, la polychromatophilie reste évidente pendant toute l'évolution des ictères hémoes elle frappe par son intensité, alors méme que . l’anémie n’est pas très intense et ne dépasse pas 3 et 4 millions.
L'anisocytose et même la poïkilocytose sont aussi très accentuées. Quand l’anémie est intense, on voit des hématies géantes voisiner avec des hématies naines, des globules déformés en raquette, en biscuit, prenant même des formes pseudo-parasitaires. Dans les cas moyens la poïkilocytose est moins forte mais l’anisocytose persiste très accentuée et l’on peut noter à côté des globules géants de 12 à 134 des globules nains de 4 à 5 y.
Diamètres globulaires. — Non seulement les Blob
les sont de tailles différentes, non seulement on en voit de
grands à côté de petits, mais encore le diamètre globulaire moyen ne reste pas normal.
M. Chauffard, dès les premières observations d’ictères