Widal et Abrami. Soc. médic. des hôpitaux, 8 nov
Cette solution de NaCl titrée à 5 0/00 était celle qu’employaient MM. Vaquez et Ribierre. Mais dans les ictères hémolytiques, très souvent l’hémolyse est déjà intense dans une solution d'un tel taux. Force nous sera donc, pour pouvoir noter le débutde l'hémolyse, d'employer une solution plus riche en NaCi contenant par exemple 6 grammes, 7 grammes et mêmes grammes de NaCI pour 1000. Ces solutions seront préparées en dissolvant dans l'eau distillée une quantilé très exactement pesée de NaCI, chimiquement pur, el aussi sec que possible. Nous le séchons par chauffage prolongé, dans une capsule et nous le conservons dans une étuve maintenue à 50 degrés. Ces solutions étaient ou bien préparées extemporanément, ou bien conservées dans des flacons bouchés à l'émeri ; nous vérifions toujours leur lilre, par la méthode de dosage à l'ezotaic d'argent, méhode irès rapide, puisque chaque dosage n’exige pas plus de 5 minutes. Le litre àäc la solution ne variait de plus de ! à ? centigrammes, la méthode n'ayant pas une précision telle qu'une approximation plus grande soit nécessaire.
Les solutions salines élaient réparties dans une série de petits tubes de \cerre de 6 centimètres de long, et 1 cm. 3 environ de diamètre, placés dans un ou plusieurs portetubes à douze places. La stérilisation de cetle verrerie nous a semblé inutile, la recherche d'une résistance globulaire pe demandant pas plus d’une demi-heure. Pour réparlir dans ces tubes l’eau distillée et la solution saline, nous employions des pipeltes que nous préparions en eflilant au chalumeau un tube de verre et en soufflant en boule sa partie moyenne. Nous obtenions ainsi des pipettes de grande contenance el nous pouvions, sans les recharger, répartir les solutions dans tous les tubes. En ayant soin de couper bien carrément le bout de la pipetle, en ayant soin aussi de la maintenir loujours sensiblement dans la même inclinaison, on obtient des gouttes d’égale grosseur et des résultats toujours concordants.
On peüt, pour répartir l'eau distillée, puis la solution de NaCI, se servir de deux pipettes jumelles, obtenues après étirement du tube de verre, ou plus simplement employer toujours la même pipette, soigneusement rincée.
Pour préparer, dans toute la série de tubes, les solutions de NaCI de titre progressivement décroissant, nous n’aurons. qu'à compter dans chaque tube un nombre progressivement croissant de gouttes d’eau distillée, un nombre progressivement décroissant de gouttes de la solution de NaCI. La quantité totale de liquide, contenue dans chaque tube restant ainsi la même, la teneur en NaCl y sera de plus en plus faible. Ainsi, si nous partons d’une solution contenant 0,50 0/0 de NaCI, nous laisserons tomber dans le premier tube 2 gouttes d’eau distillée, puis 48 gouttes de la solution chlorurée; ce tube contiendra donc une solution de NaCl titrée à 0,48 0/0.
Dans le deuxième tube nous mettrons 4 gouttes d’eau, 46 gouttes de la solution saline.
Dans le troisième tube 6 gouttes d’eau et 44 gouttes de NaCI. Si l'hémolyse débute dans ce tube, nous dirons que les globules hémolysent à 0,44 0/0.
En résumé : supposant la série de tubes numérotés de 1 à 12, en allant de gauche à droite, nous mettrons avec la pipette chargée d’eau distillée : |
2 gouttes dans le tube 1 4. — — 2 6 — — 3
et ainsi de suite en augmentant de 2 gouttes par tube. Puis la pipette étant soigneusement rincée et remplie de la solution de NaCI à 5 0/0, nous laisserons tomber :
48 gouttes dans le tube 1 46 — — 2 UUA — — 3
et ainsi de suite en diminuant de 2 gouttes par tube.
RÉSISTANCE GLOBULAIRE. TECHNIQUE 55 Re on Il est très important, en pratique, de répartir d’abord dans les tubes l’eau distillée, et ensuite seulement le NaCIL. Si l'on adopte l’ordre inverse, l’eau distillée, moins dense, ne se mélange pas intimement à la solution chlorurée et c'est là une cause d’erreur importante.
Si la résistance globulaire est diminuée, et si l'hémolyse en apparaissant déjà dans la solution chlorurée à 5 0/00 nous oblige à employer une solution à 7 0/60, il faudra naturellement compter dans le premier tube : 68 goulles de cette solution, 66 dans la seconde, ete. le nombre de gouttes d'eau aura toujours la mème progression.
2 gouttes duus le tube 1 4 — —— 2 "etc:
Si nous emplorons une solution à 9 0/00, il nous faudra compter dans le tube 1
85 soulles du NaCL,. 2 gouttes d’eau.
Lorsque la résistance globulaire d'un sang est déjà connue par des expériences antérieures, on à avantage à employer une solution salée qui, en permeilant de juger nettement Ie début de l'hémolyse, s’en rapproche le plus possible ; en effet, si nous employons une solution à 8 0/00, tandis qu'une solution à 7 0/00 serait suffisante (l’hémolyse débutant par exemple à 0,62), nous serons obligés de compler dans chaque tube un total de 80 au lieu de 70 gouttes.
D'ailleurs, pour rendre plus rapide la préparation des tubes, quand on se sert de solutions riches de NaCI on peut se contenter de compter dans chaque tube la moitié du nombre des gouttes, les proportions des deux liquides restant les mêmes.
Les solutions salines étant ainsi préparées il reste à y répartir le sang à examiner.
MM. Vaquez et Ribierre se servaient, à cet effet, d’un mélange genre Potain, dans lequel ils aspiraient jusqu'à
un trait gravé une petite quantité de sang qu'ils diluaient en aspirant jusqu'au trait supérieur la solution saline ; la quantité de sang était ainsi rigoureusement la même dans chaque tube. ,
Nous nous contentons d’aspirer le sang dans une pipette préparée extemporanément par effilement d’un tube de verre et de laisser tomber une goutte dans chacun des tubes. Nous nous sommes assurés que les résultats ainsi obtenus étaient les mêmes que par la technique de MM. Vaquez et Ribierre ; cette méthode permet d'être beaucoup plus rapide et de juger plus facilement le début de l'hémolyse, la quantité de sang répartie dans chaque tube étant plus forte.
Le sang à examiner peut être obtenu soit par piqüre profonde du doigt, soit plus facilement en ponclionnant la veine au coude; l'aiguille étant munie d’un petit tube en caoutchouc on peut aisément aspirer le sang dans la pipette à la sortie de ce tube ; on peut même recueillir le sang dans un petit tube à essai bien séché et l’y aspirer immédiatement avant qu'il ait eu le temps de se coaguler.
Les petits tubes contenant les solutions salines ayant été avec leur porte-tube apportés auprès du lit du malade, le sang aspiré dans la pipette y est rapidement réparti; une goutte de sang étant tombée dans chaque tube, on les agite immédiatement avec force. Il ne reste plus qu’à centrifuger pour pouvoir juger de la diffusion de l'hémoglobine.
D'ailleurs le temps qui s’écoule avant la centrifugation ne semble pas avoir d'importance, l'hémolyse étant presque immédiate on peut centrifuger rapidement, et, d'autre part, un contact prolongé des globules et de la solution saline ne modilie pas les résultats de l'expérience. Les tubes numérotés sont placés dans un centrifugeur à couronnes pour résistance globulaire, ou bien dans les grands tubes de centrifugeurs ordinaires ; une centrifugation de L à 2 minutes suffit à rassembler tous les globules rouges au fond.
HÉMATIES DÉPLASMATISÉES. TECHNIQUE ou TE ———— à ——————————————————— Chez les sujets normaux on voit apparaître une légère teinte jaune dans les tubes qui contiennent entre 48 et 42 gouttes de la solution de NaCl : si cette teinte jaune apparait par exemple dans le tube contenant 46 gouttes nous dirons que l’hémolyse initiale ou minima apparait pour 0,48 0/0 de NaCl et nous noterons H1 = 0, 48. Rapidement la teinte passe du jaune au rose et, par exemple, nous noterons l'apparition de l'hémolyse intense (H2) à 0,42.
Dans les tubes suivants le liquide surnageant devient rouge cerise ; le culot de globules rouges va en diminuant, puis finit par disparaitre : c'est l’hémolvse totale (H3) Cette notation de l'hémolyse totale nous a toujours semblé difficile à effectuer avec précision ; il persiste toujours au fond du tube et alors même que toute l’hémoglobine a diffusé un culot formé de stromas globulaires qui peut, si l'on n’en fait abstraction, faire reculer fort loin le chiffre de l’hémolyse totale. Comme, par ailleurs, celte hémolyse totale dans l’ictère semble évoluer parallèlement à l'hémolyse intense ; nous en avons, de parti pris, négligé la notation dans la plupart de nos recherches.
Procédé des hématies déplasmatisées. Technique
Nous venons d'étudier la technique de la résistance globulaire et nous avons vu quelle consistait essentiellement à mettre le sang au contact de solutions salines plus ou moins concentrées ; mais ce que l’on étudie avec le procédé, c’est le sang dans sa totalité, /es globules rouges accompagnés de leur plasma.
Nous nous sommes demandés avec MM. Widal et Abrami (1) sile plasma des malades que nous étudiions, des ictères hémolytiques, ne pourrait pas contenir des substances antihémolysantes, masquant la fragilité des globules, et nous avons 6t6 amenés à étudier la résistance