‹ Les Ictères Hémolytiques AcquisChapitre 38 sur 59 · WiDAL et JOLTRAIN. Soc. méd. des h6pitaux, 6 nov · texte numérisé non relu

WiDAL et JOLTRAIN. Soc. méd. des h6pitaux, 6 nov

AUTO-AGGLUTINATION DES HÉMATIES a5

À l'existence de l’auto-agglutination des hématies, au - cours des ictères hémolytiques acquis, s'oppose son absence, jusqu'ici constante, au cours des ictères hémolytiques congénitaux.

Nous l'avons vu aussi manquer dans de nombreux cas d’ictères, non hémolytiques, dans lesquels nous l'avons recherchée. Aussi ce phénomène, quand on Pobserve au cours d’un ictère apparu chez l'adulte, semble apporter un argument important, en faveur de la nature hémolylique de cet ictère.

La valeur diagnostique de l’auto-agglutination n'est cependant pas absolue : dans un cas, unique il est vrai, nous avons vu ce phénomène apparaitre au cours d'un ictère hépatique.

Nous avons étudié successivement les symptômes cliniques, puis les symptômes hématiques des ictères hémolytiques acquis; mais nous avons surtout euen vue, dans cette description, la période d’élat de la maladie, la période pendant laquelle tous les symptômes sont à leur maximum et le tableau clinique est le plus caractérisé.

Une telle étude symptomatique résumerait toute la descriplion de la maladie, si nous nous occupions des ictères hémolytiques congénitaux : dans cette affection, en effet, les symptômes cliniques et les stigmates sanguins persistent pendant toute l’existence, avec une égale intensité. Il en est tout autrement des ictères acquis ; au cours de ceux-ci, la formule sanguine et les phénomènes morbides qui en découlent, sont en perpétuelle évolution ; il ne s’agit plus d’une maladie essentiellement chronique, gardant pendant toute son évolution des symptômes toujours semblables, mais d’une affection, dans laquelle l'instabilité sanguine est extrême, dans laquelle aussi on peut voir tous les symptômes s'atténuer progressivement, jusqu’à disparaître, des récidives pouvant survenir, mais l'amélioration pouvant aussi persister longtemps. C’est cette évolution, si spéciale de la maladie, qu'il nous faut maintenant étudier.

Not avons pu, avec MM. Widal et Abrami (1), suivre depuis plus de deux ans deux malades atteintes d'ictères hémolytiques acquis : chez toutes deux, après un temps

1. Wipaz, ABRAMI et BRuLÉ. Soc. médic. des Hôpitaux, 9 juillet 1909.

plus ou moins long, nous avons vu peu à peu rétrocéder les symptômes cliniques et les troubles hématiques : l’ictère a disparu, le sang a perdu ses caractères anormaux et cette disparition du processus hémolytique persiste depuis assez longtemps, pour que l'on puisse prononcer le mot de guérison.

L'étude journalière du sang de ces malades, en voie d’amélioration, nous a permis de préciser les rapports des différents stigmates sanguins entre eux, leurs rapports aussi avec les symptômes cliniques.

Chez la première de nos malades, V... (1), l’ictère hémolytique durait depuis neuf ans. L'intensité de la destruction globulaire était telle, que pendant la phase d'activité de l'affection, le tableau, clinique était celui de l'anémie pernicieuse, à forme ictérique ; le sang était dans un état d’instabilité si marquée, que sous la moindre influence, des poussées massives de déglobulisation pouvaient réduire de près de la moitié le nombre des hémalies en circulation. À ce moment, le syndrome clinique et hématologique de l'ictère hémolytique était au grand cemplet.

Lentement, sous l’aclion du repos et de la médication ferrugineuse, nous avons vu ce syndrome entrer en régression, pour disparaitre définitivement. L'amélioration ne fut d’abord pas régulière ; et, pendant longtemps, la malade resta soumise à de nouvelles poussées d’ictère et d'anémie, qui faisaient craindre un retour offensif de l'affection. Puis, à cuite phase d’instabilité, succéda, une amélioralion continue, qui devait aboutir à la disparition complète de tous les symptômes morbides. Aujourd'hui, neuf ans après le début des accidents, l’ictère, la splénomégalie, l’anémie font entièrement défaut ; le sang a repris les caractères du sang normal.

Chez notre seconde malade, G...(2),l'ictère hémolytique,

r. Voir l’observation, page 22.

Page 1