‹ Les Ictères Hémolytiques AcquisChapitre 41 sur 59 · Roque-CraLter et NovÉé-JossERAND. Province méd., 4 sept · texte numérisé non relu

Roque-CraLter et NovÉé-JossERAND. Province méd., 4 sept

ragies profuses, le deuxième au cours d’un cancer de l'estomac.

On voit que chez tous ces malades la mort est survenue par suite d'une affection intercurrente et non par les progrès du processus hémolytique.

Tous ces cas quoique de pathogénie diverse puisque les uns sont congénitaux; les autres acquis et que parmi ceux-ci, il en est de secondaires à des affections aussi différentes que l'anémie et le cancer nous montrent des lésions sensiblement identiques. Dans toutes ces autopsies en effet les lésions mises en évidence ne sont que les conséquences du processus hémolytique qui, qu’elle qu’en soit la cause, crée des caractères anatomo-pathologiques toujours semblables.

Il est une première constatation d’une importance considérable : jamais l'ictère qui pendant la vie s'accompagnait de lésions sanguines si spéciales, n’a pu à l’autopsie trouver son explication dans une lésion du foie ou des voies biliaires.

Les voies biliaires se sont toujours montrées libres de tout obstacle et d’ailleurs pareille constatation a été faite aussi chez le vivant, plusieurs malades ayant subi des interventions chirurgicales et le drainage des voies biliaires n'ayant jamais fait disparaitre la jaunisse. Assez souvent la vésicule renferme de la boue biliaire ou même des calculs pigmentaires, très friables, secondaires sans doute à la pléiochromie biliaire : la présence de cette boue biliaire explique les douleurs vésiculaires qui apparaissent parfois au cours des ictères hémolytiques.

Le foie malgré la longue durée dela maladie, reste toujours sensiblement normal ; les voies biliaires intra-hépatiques ne présentent aucune lésion histologique ; jamais il n'y a de cirrhose, jamais de dégénérescence de la cellule hépatique. Le foie apparait simplement congestionné, les capillaires gorgés de sang dissociant les travées hépatiques. Presque toujours et surtout dans la zone centro-

lobulaire ap parait, plus ou moins accentuée, une surcharge de pigment ocre.

La rate est toujours très augmentée de volume, très congestionnée. Cette congestion, comme l'ont montrée MM. Vaquez et Giroux, prédomine dan. les cordons de Billroth : les sinus sont au contraires peu dilatés, mais c'est surtout à leur niveau qu'apparaissent des figures de macrophagie plus ou moins nombreuses. Souvent la rate est le siège d’une surcharge pigmentaire que M. Oettinger a retrouvée dans les ganglions du hile.

Cette surcharge pigmentaire ne se retrouve pas seulement dans le foie et la rate mais encore dans le rein où elle prédomine surtout dans l’épithélium des tubes contournés. Ce pigment donne les réactions du fer et il s’agit là d’une véritable sidérose pigmentaire, sur l'importance pathogénique de laquelle à insisté M. Castaigne (1). D'ailleurs cette surcharge pigmentaire, parfois intense dans tous les organes ; n’est pas toujours aussi accentuée; nous l’avons vu manquer presque complètement.

La moelle osseuse se montre’ toujours, au cours des ictères hémolytiques, en pleine reviviscence : non seulement au niveau des côtes et du sternum, mais encore au niveau de la diaphyse des os longs elle présente l’aspect fœtal: les hématies nucléés et ies myélocytes y abondent.

Les principales lésions mises en évidence par l’autopsie de ces ictériques peuvent être considérées comme secondaires au processus hémolytique dont elles prouvent nettement l'existence : la sidérose pigmentaire est liée à une destruction globulaire anormale, la reviviscence de la moelle osseuse traduit une réaction de défense de l’organisme, la congestion splénique, sur la valeur pathogénique de laquelle nous aurons à revenir, nous semble elle aussi pouvoir être considérée comme secondaire à la déglobulisation .

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