‹ Les Ictères Hémolytiques AcquisChapitre 50 sur 59 · VALEUR DIAGNOSTIQUE DES ANOMALIES SANGUINES · texte numérisé non relu

VALEUR DIAGNOSTIQUE DES ANOMALIES SANGUINES

symptômes si frustes des ictères acquis en rétrocession peut lui donner une particulière importance :

Ainsi nous avons observé avec M. Le Gendre (1) une malade depuis plüsieurs mois ictérique et surtout anémique. Lorsque nous pûmes pratiquer l'examen du sang, la malade, améliorée par le repos, n’était plus qu’un peu ictérique; l’anémie persistait cependant intense 1.125.000, malgré les symptômes de rénovation sanguine; mais la proportion d'hématies granuleuses ne dépassait pas 3 0/0, la résistance globulaire ne se montrait qu'à peine diminuée; l’hémolyse débutant à certains jours à 0,50 avec le sang total comme avec les hémaäties isolées, débutant à d’autres jours à 0,48 avec le sang total, mais déjà à 0,52 avec les hématies déplasmatisées. L'épreuve des sérums était négative.

Mais à chaque examen nous étions frappés de l'intensité de l’auto-agglutination qui en dix à quinze minules apparaissait très nette macroscopiquement.

La persistance de ce stigmate très particulier nous portait à penser, malgré la rareté des hématies granuleuses, malgré l'impossibilité de mettre nettement en évidence la fragilité globulaire, que nous étions bien en présence d’un ictère hémolytique acquis, mais que, hématologiquement comme cliniquement, le malade était dans une de ces périodes d'amélioration pendant lesquelles la fragilité globulaire diminue.

L'évolution de la maladie vint, en effet, confirmer cette hypothèse, et, à la suite d’une fatigue, la malade ayant eu une légère poussée d’iclère, nous vimes la résistance globulaire tomber à 0,56 avec les hématies déplasmalisées tandis qu'elle restait normale avec le sang total.

La présence de l’auto-agglutination des hématies avait donc présenté dans ce cas une particulière importance diagnostique.

La valeur de ce phénomène n’est cependant pas absolue : il peut manquer au cours des ictères ‘hémolytiques

1. Le Genpre et BruLé. Soc. méd. des H6pit., 22 janvier 1909 (Voir l'observation p. 27).

Page 1