ORTTINGER. Société médicale des Hôpitaux, 9 octobre
AE AE OR NOR PR SR RE LE DNS RE ACER fébrile ; tantôt, par association avec une lésion cardiaque, il pouvait être pris. pour un iclère secondaire à un foie cardiaque ; tantôt les symptômes anémiques dominant le tableau morbide, pouvaient faire croire àune anémuie pernicieuse et, lorsque les vomissements étaient DA ment intenses à un néoplasme de l’estomac.
L'on pouvait, il est vrai, au milieu de ces tableaux morbides en apparence si variables, retrouver toujours les. symptômes particuliers des ictères hémolytiques, mais ils demandaient à être recherchés, n’attiraient pas au premier abord l'attention. és vee
Par cette diversité symptomatique, par la variabilité de son mode d'apparition, l'ictère hémolytique acquis vient déjà s’opposer à l’ictère congénital, type clinique beaucoup plus fixe. D'autres dissemblances peuvent encore être relevées entre ces deux affections :
Nous avons vu qu’au cours des ictères hémolytiques acquis et pendant les périodes les plus intenses de l’affection survenaient brusquement des accidents graves : l’état général de la malade empirait en quelques heures, souvent la température s'élevait, des vomissements, de la diarrhée survenaient ; l’ictère, la splénomégalie augmentaient cependant que ces symptômes anémiques s’accentuaient et que l'examen du sang montrait une brusque diminution du nombre des hématies. Ces brusques aggravations de la maladie sont au contraire exceptionnelles dans l’ictère hémolytique congénital : l’ictère, la splénomégalie, l’hépatomégalie y gardent pendant de longues années une intensité presque toujours la même %
Mais c’est dans l’évolution même de ces deux variétés d’ictères hémolytiques qu'existe une différence capitale et sur laquelle nous aurons à insister : tandis que l’ictère congénital persiste toute la vie, présente une évolution essentiellement chronique, l’ictère acquis semble une affection aiguë ou subaiguë, pouvant peut-être guérir, pouvant en tous cas disparaitre pendant un temps prolongé.
Ictères hémolytiques acquis secondaires
Nous avons eu en vue jusqu'ici, dans cette description clinique, les ictères hémolytiques acquis apparaissant comme de véritables affections autonomes, comme des maladies en apparence primitives. Tels étaient les premiers cas que nous avons pu isoler avec MM. Widal et Abrami et que la formule sanguine nous a permis de séparer des ictères hépatiques ; s’il nous semble s'agir là d’ictères par lésion sanguine, la cause même du processus de déglobulisation nous demeure inconnue et les conséquences de l'hémolyse apparaissent seules visibles cliniquement, résumant pour nous toute la maladie. Mais à côté de ces ictères acquis que nous avons appelés primitifs, on peut en observer d’autres.
De semblables symptômes cliniques, de semblables anomalies sanguines ont été retrouvés dans des jaunisses survenues soit au cours d'états physiologiques particuliérs, soit au cours d’affections morbides antérieures. On a pu ainsi rapprocher des ictères hémolytiques primitifs des ictères qne l’on pourrait appeler secondaires parce qu'ils viennent compliquer une affection préexistante.
Ictères hémolytiques du nouveau-né.— MM. SA- BRAZÈSs et LEURET (1), MM. CarxaLra et Daunay (2) ont retrouvé les caractères cliniques ét hématiques des. ictères hémolytiques au cours de certains ictères des nou-
1. CarmaLA et DAUNAY. L’obstétrique, décembre 1908. 2, Leurer. Th. Bordeaux, 1904.
34 ICTÈRES ACQUIS SECONDAIRES
veau-nés dont l’origine sanguine était depuis longtemps soupconnée (1). Il s’agit d’ictèreslégers, presque acholuriques, ne s’accompagnant pas de décolopation des matières, sans symptômes d'imprégnation biliaire, La fragilité globulaire, la présence d’hématies granuleuses, de signes intenses de rénovation sanguine viennent démontrer qu'il s'agit là d'’ictères d’origine sanguine, liés peut-être à une exagération du processus fugace ou déglobulisation qui semble de règle dans les premiers jours de la vie extra-utérine. La cause même de cette distinction globulaire reste obscure : M. Moussous (2) incrimine le refroidissement, pour MM. Cathala et Daunay peut-être s'agit-il là d’un vestige de l'adaptation du fœtus à la vie intra-utérine, l’enfant in utero n'ayant besoin que d’une faible résistance globulaire.
Ictère hémolytique paludéen. — M. SACQOUBPÉE (3) dont les constatations ont été confirmées par M. Craur- FARD (4), a vu à la suite d'accès paludéens graves, apparaître des ictères fugaces, présentant tous les caractères des ictères hémolytiques ; ictères acholuriques ét urobiliniques, sans décoloration des matières, iclères accompagnés d'anémie, de fragilité globulaire, de présence dans le sang d'hématies granuleuses. Ces observations sont particulièrement intéressantes car elles nous montrent que, à côté des cas encore les plus nombreux, dans lesquels la cause exacte de la déglobulisation nous échappe, il en est d’autres dans lesquels la lésion globulaire est évidente.
C'est ici l’'hématozoaire de Laveran qui doit être incriminé ; c’estlui quiamène la destruction anormale des héma- ties et cause l'apparition de l'ictère. Des faits rapportés par
1. SABRAZÈS et Leurer. Gaz. hebd. des sc. médic. de Bordeaux, et Soc. de Biologie, mars 1908.