CHAUFFARD. Soc. médic. des hôpitaux, 93 octobre
ICTÈRES ACQUIS SECONDAIRES 35
M. Sacquépée on peut aussi conclure avec lui que, quelle que soit l'éliologie d’un ictère hémolytique, le syndrome clinique et hématologique reste sensiblement le même. « La nature et le mode d'action de la cause globulicide n'ont probablement pas une importance capitale ; seule importe la lésion globulaire même indépendamment de sa nature. »
Ictère hémolytique au cours d'une anémie posthémorragique. — MM. Wipac et Jocrrain (1), chez un homme anémié par des hématuries abondantes, ont pu observer quelques jours avant la mort tout le tableau clinique desictères hémolytiques ; dans le sang outre l'anémie avec signes de rénovation médullaire, apparaissaient la fragilité globulaire et les hématies granuleuses. L'autopsie, à côté d’un épithélioma de la vessie permit de retrouver les caractères habituelsdes ictères hémolytiques. MM. Widal et Joltrain pensent que peut-être chez ce malade les globules rouges, sans cesse en voie de rénovation intensive avaient fini par acquérir une fragilité anormale.
Ictère hémolytique au cours d'un cancer de l'estomäc. — MM. Roque, Cartier et Nove-Josse- RAND (2) ont observé chez une femme de soixante-deux ans, atteinte d'un cancer du pylore, un ictère présentant les caractères cliniques ethématologiques habituels aux ictères hémolytiques. L’autopsie permit de confirmer ce diagnostic en montrant l'absence de lésions des voies biliaires et les caractères anatomiques habituels aux ictères hémolytiques.
On peut se demander si dans ce cas ictère hémolytique et cancer coïncidaient fortuitement ou si, bien plutôt,
les substances globulicides sécrétées par la Lumeur cancéreuse n'étaient pas la cause et de l’anémie et de la jaunisse.
1. WipaL etJorraArn. Soc. médic. des hépitaux,6 novembre 1908, 2. RoQuE, CHaLIER et Nové-JosseRAND. — Province e médic. septembre 1909.
36 ICTÈRES ACQUIS SECONDAIRES
Ictères hémolytiques de la syphilis secondaire. — Récemment enfin MM. Gaucuer et Giroux (1) ont rattaché aux ictères hémolytiques certaines jaunisses observées au cours de la syphilis. Par leurs caractères cliniques et hématiques, par leur évolution, par leur pathogénie aussi ces ictères se rapprochent beaucoup des ictères hémolytiques paludéens : dans l’un et l’autre cas la cause de la déglobulisation est évidente, les agents globulicides : tré ponème ou hématozoaire, sont, par ailleurs, sensiblement de même ordre.
De tous ces faits, et surtout de l'apparition d'ictères hémolytiques au cours du paludisme et de la syphilis, il résulte évidemment que les ictères hémolytiques acquis ne peuvent être considérés comme une entité morbide bien définie ; il ne s’agit pas là, comme dans les ictères congénitaux, d’une maladie toujours la même, mais bien plutôt d’un syndrome morbide ressortissant à ie causes multi: | ples. ‘
Si.dans tous les cas les symptômes cliniques et hématiques restent sensiblement les mêmes c’est qu'ils ne sont que la conséquence du processus hémolytique, quelle que soit la nature de celui-ci.
La diversité pathogénique de ces ictères Hhnibttiiés | acquis apparait évidente dans les ictères secondaires : mais peut-être existe-t-elle aussi dans les ictères qui nous semblent primitifs et peut-être à l'ictère congénital, type clinique remarquablement fixe et de cause toujours semblable, pouvons-nous opposer les ictères acquis dont le poly-. morphisme clinique ne ferait que traduire la diversité pathogénique.
1. GAUCHER et GiROUX. — Annales des maladies vénériennes, 4 juillet 1909.
+ HÉMATOLOGIE
Malgré la fixité de certains symptômes, communs à tous les ictères hémolytiques, le tableau morbide des ictères acquis est, nous l’avons vu, si variable, que, réduite à elle-même, la clinique ne peut que nous faire soupçonner l'origine sanguine d’un ictère. Seul l'examen hématologique permet de rassembler ces cas, en apparence si dissemblables, et d'en préciser la pathogénie.
C'est en multipliant les examens de sang que l’on pourra affirmer l’origine hématique de bien des ictères qui, de par la seule clinique, semblent encore des ictères hépatiques d'ordre banal. C’est ainsi que l’on montrera la fréquence, relativement assez considérable, de ces iclères hémolvtiques dont des observations déjà nombreuses ont déjà pu être relevées depuis deux ans dans les services où l’on pratique habituellement la recherche de la résistance globulaire.