‹ Les Idées Coloniales des PhysiocratesChapitre 11 sur 34 · HA GE · texte numérisé non relu

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tilles : C'est pour cela que l’on à dégradé les hommes d'Afrique. Combien aurait:il mieux valu établir la culture du sucre chez les nègres, dans leur pays.

Poivre, dans le « Voyage. d'un Philosophe », nous montre que le sucre est bien meilleur marché en Cochinchine, où il est préparé par des mains libres, qu'aux Antilles où la main-d'œuvre est servile.

« Le premier souverain qui prendra lé parti de niontrer aux nègres à faire du sirop et de leur en acheter au lieu d'esclaves, forcera bientôt les autres nations à l’imiter : FH sera le bienfaiteur de l'Europe, de l'Afrique, le réformateur des noirs et des blancs » (45).

« 1H y a une loi naturelle, fondée sur l’ordre physique, nécessaire à la subsistance, au bonheur, à la perpétuité de l’espèce humaine. Gette loi saïnte, irréfragable, primitive, fondamentale, réprouve l'esclavage, or les autres laïs dérivent de la loi naturelle, les volontés arbitraires qui guident l'intérêt privé sont les sources de tous les crimes qui déchiront fa malhenrcouse humanité. »

Qué disent les apologistes de l'esclavage ? Les peuplades africaines vivent dans l'anarchie ; Il n'existe plus ni propriété, ni liberté, ni droits, ni devoirs chez elles.

« Pour que l'approbation de l'esclavage soit admise, il faut prouver qu'elle est renfermées dans Îles

promiers principes de fa loi naturelle, autrenienñt

(45) Ephémérides du citoyen. p. 1766.

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elle ne pourrait jamais l'être dans aucune de ses conséquences ». (46)

L'intransigeance des colons sur la question de

l'esclavage devait nuire à leur cause, plutôt que la servir. C'est sur l'intérêt de la production agricole que les Physiocrates fondent la propriété personnelle. C'est au nom de la culture intensive que Quesnay, dans un de ses premiers écrits, avait repoussé le servage.

__ Le journaliste des Ephémérides invoque le droit supérieur de l'humanité : la servitude répugne à la loi naturelle, tout attentat contre la propriété personnelle des hommes est un crime détestable, destructeur de tout droit, de toute justice, de toute société : Il découvre la raison secrète de ses malédictions car la terre ne peut fructifier que sous les mains d'hommes libres.

Condamnant le servage, les Economistes ne pouvaient pas ne pas condamner l'esclavage. Comment la loi naturelle qui ne veut pas que les hommes blancs du Nord soient esclaves, permet-elle que les hommes noirs du Midi soient réduits à la servitude ?

Le même argument économique qui vaut pour les serfs vaut aussi pour les esclaves.

« L'histoire de tous les temps et de tous les peuples viendra, je crois, à l'appui de cette vérité que le sort d'un esclave est moins dur dans les gouver-

(46) Ephémérides du citoyen 1766.

nements arbitraires que dans les gouvernements libres » (435).

Dupont s'efforce d'établir l'accord de la morale et de l'intérêt personnel.

« Les particuliers qui ont des esclaves, comme les gouvernements qui les tolèrent, en rougissent en secret, ils croient que c’est une grande économie, que le travail des esclaves auxquels on ne paie ni gages ni salaires est à bien plus bas prix que ne pourrait être celui d'hommes libres : enfin que si l'on employait ceux-ci à la culture de nos colonies, le sucre serait trop cher.

Quand la chose serait vraie, il n’y aurait point à balancer, il faudrait se résoudre à payer le sucre plus cher ou à s’en passer plutôt que de violer si cruellement les droits de l'humanité. Dire qu'il serait licite de faire un homme esclave pour avoir son travail à meilleur marché, c’est dire qu'il serait licite de l’assassiner sur un grand chemin, pour avoir son argent à peu de frais. »

Les Economistes sont unanimes à condamner le régime de lesclavage : Nous verrons néanmoins plus loin qu'ils ne partageaient pas tous les mêmes idées sur cette question (48).

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