‹ Les Idées Coloniales des PhysiocratesChapitre 18 sur 34 · MT ONE · texte numérisé non relu

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tre, une consommation analogue à leurs goûts : vos colonies ne manqueront pas de bras qui, soulagés de leurs Chaînes, en seront ‘plus actifs et plus rébüs- LES):

Dans son essai sur la colonisation de Saint-Domingue, Raynal montre au contraire que là ruisère œuette les esclaves une fois qu'ils sont affranchis et il fait remarquer qu’ils sont peut-être plus heureux sous le régime de l'esclavage.

L'abbé Baudeau ne songe pas aux esclaves pour ‘Deupler les colonies ; il veut y apporter « des colonies d'Africains et d’Asiatiques libres ».

« les Indiens, transplantés à Madagascar, y trouveraient le coton qu'ils ont coutume de travailler : c'est là qu'ils seraient bien mieux à portée d’imiter et d'atteindre peu à peu le travail de l'Inde».

Il sera facile de transporter des Africains et des Asiatiques « achetez des femmes des enfants de l’un et de l’autre $Sexe mais gardez-vous d’én faire des esclaves ». |

Son plan est {rès original ; on‘pourrâit faire «une récolte immense » d'esclaves dans toute l'Afrique. Ils seraient rassemblés à l'île de France el énrégimentés, rompus aux exercices militaires,

« Un pareil état vaut bien mieux que l’eselavage », ils y formeront de bons soldats même'ils Y pourront apprendre én même temps la culture et les arts qu'ils ignoraient dans leur pays, ou Y'praliquer ceux qu'ils sauraient déjà. »

Par ce moyen, pense Baudeau, les trois îles de Madagascar, de France et de Bourbon deviendront

promptement telles que nous les désirons, des colon'es puissantes, centre d’une force redoutable.

Le marquis de Mirabeau possède un système inue et sûr pour abolir l'esclavage : les philan-

hropes du xix° siècle auraient dû s’en inspirer, ils n'auraient pas rencontré tant d'obstacles et n’auraient pas fait naître lant de maux.

Ce serait le pire des abus, pense le narquis, de vouloir d'un seul Coup détruire l esclavage, pour en he tous les abus.

Je n’entréprendrai pas de bannir l'usage des nègres, mais voulez-vous le borner et le rendre inutile ?» I propose de stimule r la culture des terres coloniales, ce que l'on fera « par une liberté entière d’ importation et d'exportation ». La misère est toujours oisive, l'abondance toujours agissante. Un débouché naturel sera trouvé pour les récoltés, les plantations acquerront une valeur plus grande, ainsi les maîtres s’intéresseront à leurs cultures.

« Is présideront cux- mêmes à leurs cultures et état ne dédaïgneront pas d'y mettre la main : L’abondance et la richesse des villes attireront des artisans d'Europe. |

Aïnsi Mirabeau pense que le problème de l’esclavage sera résolu de cette façon : Ce sont les agricuülteurs et les ouvriers actifs Qui seront recherchés,

‘car les esclaves reviennent très cher el fournissent très peu de travail. On peul noter une divergence d'idées assez nette entre Türgot et Dupont de Nemours à propos de la maïn- d'œuvre eolique : He IEON lit l'ouvrage de Turgot sur la formation et la dis-

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tribution des richesses, on constate que Îles deux amis n'avaient pas la même opinion à ce sujet.

Voici les arguments de Dupont : l'homme concourt toujours à son bien particulier en obéissant aux obligations morales de sa nature : L'esclavage, en démoralisant les travailleurs, cause des maux bien supérieurs aux avantages particuliers qu'il procure. Mais Dupont prétend qu'il est des circonstances où le maître a plus d'intérêt à se servir d'hommes libres que d'esclaves. D’après lui, les négriers retirent de leur trafic des bénéfices qu'ils ne trouveraient pas dans un autre commerce.

Pour Turgot au contraire, la culture par esclaves est peu profitable et chère pour le maître et pour l'humanité.

« Les esclaves n’ont aucun motif pour s’acquitter des travaux auxquels ont les contraint, d'où il suit que ces travaux produisent très peu. »

Lorsqu'on lit les écrits de Lemercier de Larivière, les mémoires sur son administration qu'il envoya au roi, on a l'impression qu'il n’est pas antiesclavagiste comme les autres Economistes.

Il parle de la rareté et-du grand prix des nègres el se plaint du nombre trop peu considérable des noirs à la Martinique.

« Le nombre des nègres apportés à la Martinique n'est pas assez important en ce moment : on eslime qu'il manque environ 40.000 noirs pour mettre en valeur les terres des îles.

Il voudrait que le commerce de Guinée fût encouragé. E |

« Si une province européenne manque de bestiaux pour labourer ses terres sans que les autres provinces puissent lui en fournir, il importerait au commerce en particulier, et à l'Etat en général, qu'on se hâtât de lui en faire venir de l'étranger : les nègres sont les bestiaux dont la Martinique a besoin. Les marchands français ne peuvent les procurer à cette province : il est de l'intérêt public de lui accorder les mêmes faveurs qu'à une provinee européenne et de lui permettre de recourir aux étransers. » (65 bis)

Si la Martinique pouvait envoyer des bâtiments sur les côtes de Guinée, la population quadruplerait, on pourrait faire de l’île une place forte considérable.

« On pourrait doubler le troupeau des nègres ». Ce n’est plus le langage de Mirabeau, de Turgot qui voulaient l'abolition de l'esclavage : Sénèque dans l'antiquité, le premier, a parlé des malheureux esclaves, avec respect et humanité. Nous trouvons les mêmes sentiments chez Cicéron. Il est pénible de trouver chez Lemercier le mépris que Tacite exposait d’une façon si dure en parlant de l’eselave « vil : sanguine nimis gaudens ». Alors que les Econo- “mistes traitaient ce problème en se confinant dans le domaine spéculatif ; Lemercier vivait aux Antilles et avait pu voir de près le travail des esclaves. C'est ce qui l’amena à raisonner ainsi et à ne pas adopter sur ce point les idées des autres économistes.

(65 bis) Lemercier. (Mémoire au roi).

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