‹ Les Idées Coloniales des PhysiocratesChapitre 24 sur 34 · TO · texte numérisé non relu

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rées qui autrement deviendraient surabondantes pour une population stationnaire.

De ce fait l’agriculture prendrait une importance nouvelle ; avec les productions multipliées et un commerce actif, l'île ne pourrait que prospérer.

Dupont de Nemours, l'abbé Baudeau partageaient les idées de Poivre concernant le commerce asiatique : comme Poivre ils voulaient qu'un entrepôt fût créé à Port-Louis.

Dans son livre sur le commerce d'orient, l'abbé Baudeau consacre un assez long développement à cette question. ,

Poivre exhorte les cultivateurs à multiplier leurs plantations de café et de coton ; il fait remarquer qu'il a fermé les yeux sur la culture du café parce qu'il a reconnu que les terrains qui étaient mis en valeur étaient beaucoup plus que suffisants pour procurer les graines et les subsistances nécessaires.

Son grand souci sera que la culture du café et de tout autre objet d'exportation ne nuise pas à celle des graines. « que je regarderai toujours comme l’objet premier dans une colonie destinée à être une colonie prospère. »

Le 23 février 1769, Poivre adresse au roi trois états de demandes faites à la Compagnie des Indes de Paris par ses préposés dans cette isle pour les besoins de la colonie : les habitants se plaignaient depuis plusieurs années. :

Les magasins de la Compagnie étaient mal pourvus, L'espoir du gouverneur était que le roi com-

part des envois avec ceux des demandes, obligeàt

la Compagnie à mieux approvisionner ces isles. Faïsant un exposé de la situalion économique de la colonie, l’'économiste comprenait que sans l’aide de la métropole l’île ne pourrait pas arriver au degré de prospérité auquel elle pourrait aspirer : aussi demandait-il l’aide de la mère-patrie jusqu'au moment où elle pourrait vivre par elle-même.

La question du peuplement de la colonie préoccupait beaucoup l’intendant : Son plan était original ; il voulait que l’on mît dans l’île les enfants trouvés des deux sexes. Ainsi l’île ne serait plus en friche, elle pourrait fournir tous les vivres nécessaires : bien peuplée, l'île n'aurait rien à craindre des ennemis, et elle pourrait fournir des secours à nos établissements de l'Inde.

L'Etat ne ferait qu'y gagner, dès que les vivres ne tarderaient pas à devenir abondants, ils seraient bon marché, les habitants auraient des vivres en abondance, cultiveraient du café, du sucre, et se procureraient les choses de nécessité &t de luxe qui leur manqueraient : |

Poivre présentait un tableau fort exact de ces colonies qui avaient périclité au lieu de s’accroître : « Ce sont des établissements deshérités et en état de devenir l’entrepôt général des Indes françaises. fs produiraient beaucoup de café si l'intérêt politique d’une société particulière n’y avait empêché l’agriculture de se développer librement. »

Sans la liberté du commerce, ces îles seront toujours languissantes : la Compagnie essaie de persuader que sans la liberté les établissements des îles

Mascareignes ne pourraient pas prospérer. Tel n'était pas l'avis de Poivre « la Compagnie sera toujours un obstacle à l'accroissement de Ia culture, les espèces sortiront du pays tant qu'il n°y aura point d'objets d'échange: Le monopole renaissant causera sûrement la perte de ces belles et importantes colonies. »

Néanmoins Poivre tint à garder jalousement les plants de culture dont il avait doté les colonies : (100)

La suspension du privilège exclusif de la Compagnie des Indes devait être une source de richesses pour l'île de France ;

« I ne peut en résulter qu'avantage pour le Commerce de l'Inde ; profits pour les négociants particuliers, force, richesses, et puissance, pour la colonie, et protection pour les établissements français. en Chine. |

Quand Poivre rentra en France en 1553, les deux colonies étaient prospères ; les produits de la terre äVaiënt augmenté rapidement (101).

Il laissait la colonie avec deux bons poris ca-

(too) « Lt nouvel objet de culture qui vient d'être apporté dans Pilé engazeant dé notre part la plus sévère attention, cette colonie devenant la plus intéressante de la métropole. Nous avons ordonné :

1° Défense d'exporter les plants de culture :

2° La colonie doit jouir absolument de sa culture. Tout propriétaire cohvaincu d'avoir enlevé chez un habitant des plants subira les plus dures peines. » (lettre non datée ani roi)

Gor) Les Colonies sont parvennes malgré elles à un acctoissement qui les mét à même de prétendre un jour à Ja richesse des isles de l'Amérique, le café, le coton, les trotipeaux sont les objets principaux de leurs productions, l’île de France est l'entrepôt du Commerce de l'Inde (mémoire au roi).

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pables de jouer le rôle de point d'appui pour nos bateaux disséminés à travers l’océan indien.

L'île de France produisait pour plus de 200.000 livres de blé ; le chiffre de la population de Port- Louis avait triplé ; alors qu’en 1768, il y avait 10.000 colons, on pouvait en 1773 en compter 30.000

L'ile comptait 3.000 têtes de bétail, des casernes, des magasins ; des hôpitaux avaient été créés. on avait intensifié la culture de la canne à sucre et embelli la capitale de l’île.

Lorsque Poivre quitta la colonie, il fut presqu'unanimement regretté. Desroches reprit contre Poivre les accusations formulées quelques années auparavant par Dumas : Versailles n’accueillit pas Poivre comme il le méritait, mais comme un disgracié, il fallut que Turgot le réhabilitât en se déclarant son ami.

Desroches et Poivre furent obligés de s’expliquer devant une commission d'enquête que présidait le jurisconsulte d’Aguesseau.

Poivre prouva éloquemment que toute son activité avait donné des résultats profitables, il confondit les accusations de Desroches et obtint une pension de 1200 livres.

Choiseul appréciait beaucoup l'action exercée par Poivre aux colonies. D'ailleurs les citcu!aires qu'il envoyait témoignaient de l'intérêt qu’il portail aux îles Mascareignes. « Ces isles si. nécessaires à notre commerce de l'Asie comme point de relâche » disent les instructions envoyées à Poivre.

Néanmoins après son départ, on essaya par ja-

lousic de détruire son œuvre dans la colonie, d’anéantir son jardin d’acclimatation que dirigeait son élève Céré.

L'île de la Réunion reconnaissante envers Poivre lui a élevé une statue dans la capitale de l'île à Saint-Denis à l'hôtel du gouvernement.

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