‹ Les Idées Coloniales des PhysiocratesChapitre 28 sur 34 · LETTRE DE POIVRE À M. LE DUC DE PRASLIN · texte numérisé non relu

LETTRE DE POIVRE À M. LE DUC DE PRASLIN

A l'Isle de France, le 18 juin 1768.

Monseigneur,

Il n’y a pas de doutes que nous réussirons suivant vos vues à faire de cette colonie l'entrepôt général du commerce de l'Asie, si je pouvais y protéger celui des armateurs particuliers pendant quelques années ; mais les violences de M. Dumas, la restriction qu'il met à l'ordonnance de Sa Majesté pour la liberté du commerce, ses menaces continuelles envers tous les habitants, enfin toute sa conduite dégoütent tellement les armateurs particuliers que tous cherchent à. fuir et sont décidés à nous abandonner malgré les efforts que je fais pour les rétenir, en les exhortant à attendre vos ordres avec patience.

IT est certain qu'avec les connaissances que j'ai des différents commerces qui peuvent se faire dans toutes les parties de l'Inde, s’il y avait ici un commandant tel que M. de Belmonde, par exemple qui fut un homme doux et désintéressé, le commerce particulier prospérerail quoiqu'il n'y ait pas d’argent dans l'isle. Les armateurs iraient d'un port dans un autre, ils commenceraient par des voyages à la côte de Madagascar, à l’isle d'Anjouan, aux Maldives el autres lieux semblables où avec peu de mise dehors on peut faire beaucoup de profits et eXportant

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