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analogues à ceux des habitants de la métropole. Condorcet vantera le régime libéral des colonies britanniques; il partage absolument les idées de Smith.
Parlant des colons de la Nouvelle Angleterre, Smith s'exprime ainsi :
« Leur liberté est égale, à tous les égards, à celle de leurs concitoyens de la mère-patrie, elle est garantie de la même manière par une assemblée de représentants du peuple se prétendant du droit exclusif d'établir des impôts pour le soutien du gouvernement colonial. »
L'autorité de cette assemblée tient en respect le pouvoir exécutif et le dernier colon, le plus suspect même n'a pas la moindre chose à craindre du ressentiment du gouverneur ou de celui de tout autre officier civil ou militaire de la province.
C'est peut-être parce que les colonies avaient une notion trop rigoureuse de leurs droits que Île premier acte d’arbitraire de la métropole amènera leur insurrection et leur indépendance complète.
Les Colons sont-ils la classe stérile ou la classe productive ?
— ... « Nos colonies ont des objets de commerce que nous n'avons ni ne pouvons avoir. Elles manquent de ce qui fait l'objet du nôtre ».
« La culture des colonies n’est que le résultat des productions du royaume employées par les ouvriers et les commerçants. Puisque ce sont ses productions, ses manufactures, son commerce, qui ont
établi les colonies, qui les entretiennent toujours en les fournissant d'esclaves, en pourvoyant à leur nourriture et à tous les leurs autres besoins. » (+2)
On a soutenu que les productions des colonies ne sont pas d’une grande utilité pour les habitants du royaume et pour les colons ; que nous faisons avec elles un échange de choses nécessaires contre des choses supertlues. 4
Les colonies sont-elles des manufactures de luxe pour le débouché des marchandises européennes ? Si c’est la vérité on comprendrait très bien les argujuents des mercantilistes en faveur de l’exclusivisme colonial et les arguments des Physiocrates, qui confondent la culture du royaume avec celle des Colonies perdrajent beaucoup de leur valeur.
L'exclusion des étrangers dans la fourniture d'une manufacture de luxe est-elle utile ?
Lorsqu'on construit une manufaeture. c'est pour en retirer le plus grand profit possible : Si le prix des ouvrages n'est pas très élevé, les produits se vendent et peuvent défier la concurrence mondiale.
« Il n'est pas nécessaire que ces mêmes ouvrages soient le moins coûteux qu'il est possible, afin que tout le prix payé par le consommateur puisse entrer dans les mains du manufacturier. De même qu'il est nécessaire de trouver des fournitures à bas prix, de même il faut établir la plus grande concurrence possible entre les débitants ».
(3) Journal de l'agriculiure, mai 1766.
Aussi toute mesure tendant à limiter soit le nomvaleur des arguments, qui pour légitimer l'exclusion dans Je commerce colonial, l'assimilent ay commerce de manufactures de luxe. Si lon arrivait à prouver l’analogie entre une manufacture de luxe et le commerce colonial, on verrait la nécessité d'ouvrir le commerce à tous, Car le plus grand dommage suscepdible d'arriver à une manufacture de luxe c’est le sysième de la prohibition.
Une manufacture de luxe est-elle propre à élendre fa consaramalion, le débouché des productions d'un empire agricole qui esl silué faporablement
pour le commerce ?
On a soutenu la parité entre les manufaelures de luxe et les colonies : les colonies ont-clles pour but d'étendre la consommation des productions de la métropole comme les manufactures ?
Les manufactures, même utiles, n'étendent point les débouchés des productions d'un pays. Quant aux manufactures de luxe on sait qu'elles ne peuvent suhsister naturellement.
Si Ja liberté du commerce existait, les manufactures de Juxe ne pourraient vendre à l'étranger puisqu'il Y aurait uniformilé de prix el qu'elles auraient contre elles le désavantage des frais de transport. Dans ce cas elles n’étendraient nullement [a consomnation et le débouché des productions du territoire.
De Tee
Dans le cas où les manufactures nationales ne pourraient produire qu'à un prix de revient supérieur à celui de l'étranger, non seulement nous ne pourrions exporter nos produits, mais nous serions obligés de protéger notre marché intérieur contre la concurrence étrangère.
Un Etat ayant des manufactures de luxe, s’obstinant à vouloir fournir l'étranger des ouvrages de ses manufactures, devrait prohiber le commerce de ses productions : le commerce de luxe diminuerait le débit, la culture des productions.
Il semble donc qu'une manufacture de luxe d'un Etet agricole avantageusement situé ne peut jamais étendre la consommation et le débouché des productions, mais mène à un résultat contraire.
Doil-on regarder les colonies comme des manufactures de luxe ?
Certains auteurs prétendent que les colonies ne sont pas d'une utilité absolue pour la métropole : ils les assimilent à des manufactures de luxe.
Les colons ont besoin de leurs productions c’est grâce à elles qu'ils peuvent vivre, se dédommager des avances primitives ; sans la liberté d'exportation les colons perdraient une partie de leurs droits. Lorsqu'on envisage l'Etat formé de la réunion de provinces et de colonies, il est nécessaire que les productions des colonies soient abondantes. Il est d’une utilité absolue, pour tous les honimes, d'employer leurs terres non pas à produire des choses qui leur sont le
plus nécessaires, mais à faire naître les productions dont l'échange leur pourra procurer la plus grande quantité de choses nécessaires.
On a soutenu que la culture des colonies n'était que le résultat des productions du royaume, d’autre part on prétend que ce sont les manufactures du royaume qui établissent et font vivre les colonies. Il y a analogie entre les cultures de la métropole et celles des colonies : ce n’est pas une raison pour considérer les exploitations agricoles de la métropole comme des manufactures de luxe. « S’ensuit-il que l’on doive restreindre le droit de propriété des eitoyens à qui appartiennent les terres et de ceux qui font les avances de la culture ? ».
On comprendrait très mal l'interdiction qu'auraient certains pays étrangers de venir chercher des denrées métropolitaines sous prétexte que ce sont des négociants qui ont fondé les exploitations agricoles.
….« l’agriculture fait naître des productions nouvelles qui n’existaient point auparavant et qui viennent suppléer celles que les hommes sont perpétuellement forcés d’anéantir : les manufactures s’exercent sur des productions déjà existantes, auxquelles elles n’ajoutent rien » (13).
On voit là le fond de la théorie physiocratique qui distingue l’agriculture productrice de richesses, à côté des autres industries stériles.
En réalité on n’a aucune raison pour assimiler les manufactures de luxe aux colonies ; au cas où
l’on admettrait cette théorie, leur rôle ne serait pas
(13) Journal de l’Agriculture, mai 1766.
LA
A ve
dé servir hhiquemént dé débouché äü Cofiniérce iélfopolittin, oh conéevrait Île régirie de la co: eurrence comme le stifiiläni de l'activité coloniale.
Cofivteit-il de céder bu de ne rien véder utix étrangers dans le Gommerce de lu Métropole tivee les colonies ?
Les coloris ont quitté volontairement la métro- Lüle, e’est eh vain que l’on pourrait affirmer que les colofies ont été formées par et pour la mère patrie & La inétropole voit tout simplement que le commerçant porte peu aux eolonies et en rapporte beau coup : c’est pour lui; commerçant, qu'est ce profit que la nation lui paye elle-même, elle croit ci c'es pour elle »:
Be vrai moÿerïi d'amener la jrospérité dès eulütlies serait que 18 débit des pfoductions fût assüré à un prix modéré sûr tôus 18 marëhés: Les lois prohibitives hüisent aux intérêts du royaume car élles S'opposént aux progfès de la cullhre daïls nos tolonies : élles cornpromettént la nôurrituré dés eseläves.
Les 1618 probibitives peuvent avoir à l4 Fi#uëur leur ulilité, lorsqu'elles pèrinetient le débüuëehé de denfées inétiopoliiaines dônt là é6nkbiitilation serit difficile eh Europe: :
Au XVII siéêle; l'iniérét dé là Métropole est glié lës volüiies soiént tft fiches ël Qué IEuF maréhé soit escluslrethent FFE à la inere patrie.
Les colons soit très HeureUx dé E6lté Bériôte vérité, la deuxième les attriste,
Les corimerçants de là inéiropole ne voient qu’une partié di problèine. Peu leur importe l'intérêt des colonies, pourvu que le régime préhibitif leur soit profitable.
Lè Gouvernement dévia conciller les intérêts dés Cofninerçants et ceux des Colôns.
Au cas où le régime de là libérté complète pri: vérait là métropolé de tout avantage dans 16 commérte colônial, il faut qué lé gouvernement protège par quelques restriétions le commerce national, caf les éoloñies ont été fondées par la métropole et à ses frais.
Mäis là inétropole ne dévra pas oublier que les colons sont allés aux colonies librémiént pour travailler ét pour faire prospérer leurs affaires « ils n'y ont porté leurs capitaux que sous la condition de leur approvisionnement. Le privilège exclusif dés Côminérçants hé pétit pas avoir plus de droits qué la prophiété qui ellé-méine se perd par abandon 5.