Les moyens de la Colonisation (La politique coloniale
4) Uriliqe du Pacte Colonial ét dés Compagnies privilégiées
Les physiocrates veulent assurer la prospérité des colonies. Aussi critiquent- ils les entraves que l’on net à leur développement économiqué. C'est l’esprit mercantile qui dicte l'attitude des commerçants,
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leur faisant rechercher des bénéfices immédiats souvent aux dépens des intérêts de la colonie.
Les premiers conquérants étaient guidés par la soif de l'or. Ensuite ce fut un intérêt, moins brutal en apparence, qui poussa les Européens à coloniser, mais ce fut toujours un intérêt aveugle et égoïste qui est le mobile de l’action Coloniale.
= « L'esprit de commerce, dont le ressort est de vouloir tout pour soi et rien pour les autres, regarde les Colonies comme les fermes du Commerce, veut les nourrir, les vêtir, les meubler, les parer à son prix et à sa fantaisie... il traiterait enfin les colons comme l’on dit que les chats huants traitent les souris. dont ils font la provision pour l'hiver, leur apportant du grain mais leur cassant les jambes pour les empècher d'aller chercher où bon leur semble leur nourriture ». (14)
Voilà le système commercial de l'Ancien Régime ! Etait-il favorable aux colonies ? Certes non. Les Colonies ne pouvaient cultiver toutes les denrées dont elles avaient besoin. Elles ne pouvaient pas profiter des prix avantageux qui leur auraient été faits par des nations voisines.
On faisait miroiter aux Colonies qu'elles avaient un marché tout trouvé, celui de la métropole. En réalité, les situations n'étaient pas égales et les intérêts des colonies se trouvaient considérablement lésés. |
Les intérêts de la métropole et des Colonies sont solidaires. Ayant l'intention de profiter abusivement
(14) Mirabeau (L'Ami des hommes) 1758, in-4°, p. 536.
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de leurs colonies, les puissances européennes les ont ruinées complètement et par contre-coup ont sacrifié leur propre intérêt.
Turgot souhaite que les colonies puissent jouir de la liberté du commerce et que l’on ne leur demande d’autres impositions que celles nécessaires aux
frais de leur propre administration.
Avec des Colonies riches, les relations entre l’Europe et les Colonies seront prospères. La navigalion prendra une grande extension, car les richesses des Colonies et de la métropole seront exploitées parallèlement. Les colonies puissantes seront comme des provinces se suffisant par elles-mêmes, n'ayant pas besoin de secours financiers de la métropole et susceptibles de se défendre contre une agression possible.
Comment amener la prospérité des colonies ?
Chez Smith nous trouvons une étude minutieuse de ce problème : car cet économiste s'intéresse beaucoup au sort des colonies : Son grand désir c’est qu'une certaine autonomie soit donnée aux colonies, qu'elles puissent délibérer sur les questions importantes de leur vie économique et plus particulièrement de leur politique douanière.
Que doit chercher la métropole dans sa politique coloniale ? dit Smith, c'est surtout la prospérité des colonies.
; « Une colonie d'hommes civilisés qui prend pos- ‘* session ou d’un pays désert, ou d’un pays si faiblement peuplé que les naturels font aisément place aux nouveaux colons, avance plus rapidement qu'aucune
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dütré sociêté humaine vers un état de grandeur et d'épuleñce ». (15) L'aboñdance des lerrés coricédées aux colons, les connaissances üñi agriculture et datis les autres arts utiles éoritribuëñt aux progrès dés nouvéäux lerfitoires. Smith montre que les colonies, où les progrès furent les plus rapides, furent celles de l'Amérique Sepleñtfionale. Car C'est là que la politique Colüniale fut là plus libéralé : Urñié demi aülôhomie stiniule l'activité dés colüns.
Les impôts relativement niodiques ne surchargent pas les cultiväteurs et leur permettent de consacrer une partie de leurs revenus à l'extension des entreprises. La situation prospère des colonies angläises ést un argument très fort pour les Physio: crates en faveur de leurs théories libérales:
Quelle était la politique commerciale anglaise ? Quelques marchandises devaient obligatoirement venir sur le marché de la mère patrie ; ce sont celles qui sont énumérées dans l’Act de Navigation ; les autres marchandises pouvaient être transportées librement dans les autres pays.
« La plus parfaite liberté à été laissée 4u com: merce qui se fait entre les colonies anglosaméricai: nes el les Indes occidentales pour les matchañdises énumérées, comme pour les autres: Les Colonites sont devenues aujourd'hui si peuplées et si florissantes que chacune d'elles peut trouver dans quelques-unes des autres un vaste marché. Toutes ces tolonies pri:
(15) Adarii Smith (Richesse des nations) J: Garhiër 1843.
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ses éhs6Hiblé forthent dit imilieñsé inafché ifitérieur pour leurs divérs produits fespettifs 5 (15 bis).
Si la Grande Brelägrie avait né politique exélu- Sive vis-:vls dé certäitiés défiréés colonialés, En revanche, elle favorisait l'exportation d'autrëés produits:
Lä politique de la Grande Bretagne à l'égard du éoniéree Colôdial ëst moins Gppréssivé, toutefois que celle d'aucune autre riation.
Lelrôsié envisigeant les moyens d'assurer la prospérilé dés colonies, blâme la politique de ceux liberté éñlière di éoininérce. Il souhaite que la Fiiñcé donné la liberté à sés colonies, dès qu'elle sé sera donné la libérlé de son conimerce extérieur.
Les Physiocrates recherchaient la prospérité des colonies, ils étaient en avance sur l'opinion éclairée dé eur époque, car si l’on consulte l'Encyclopédie et les journaux du letnps, on peut voir sur eette question un mélange de tendances libérales et de préoccupalions mercaniiles. Ce qui prouve que l'opinion publique n'était pas encore gagnée aux idées libérales qui n'avaient lou d'abord fait des adeptes que daris une élite.
La critique du monopole de la Compagnie des Indes
La politiqie du tnônopôle élait basée sur l'injustice : elle lésait les irilérêts des négociants et des consommateurs métropolitains.
(15 bis) Smith (Richesse des nations) p. 211,
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Les Physiocrates ne vont pas être les premiers à attaquer le privilège des compagnies. Déjà, avant eux, Gournay avait montré les inconvénients de ce régime commercial si néfaste aux intérêts du royaume.
La question de la Compagnie des Indes se ramenait au grand problème du monopole commercial. Turgot définissait lumineusement les avantages de la liberté commerciale.
« C’est alors qu'on appréciera la valeur exacte de ces colonies, appelées par excellence colonies de comunerce dont les nations européennes croyaient s'approprier toutes les richesses en se réservant de leur acheter tout exclusivement. On verra alors combien la puissance fondée sur un système de mo- : nopole était précaire et fragile et peut-être s’apercevra-t-on, par le peu de changement réel qu'on éprouvera, qu'elle était aussi nulle et chimérique dans le temps qu’on en était le plus ébloui » (16).
Condillac à parfaitement étudié les inconvénients du monopole. Il fait dans son traité du commerce l'apologie de la liberté du trafic,
« Lorsque Le commerce jouit d'une liberté entière et permanente, les richesses se répandent partout et se versent d'une province à une autre. d’un Etat à un autre, l’agriculture est florissante.
Mais dès que l’on porte atteinte à la liberté du commerce, il y à un changement complet dans les relations commerciales.
(6) Turgot (mémoire au roi), édit. Daire 1846. p. 550.
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Il y a un moyen de détruire tous les abus, c’est d'accorder au commerce une liberté pleine et enteTe ro
Tous les inconvénients occasionnés par les Compagnies privilégiées sont développés par Condillac:
Exclusion de certains commerçants qui avaient contribué au développement des colonies ; lenteur des compagnies dans leurs opérations, emprunts effectués à gros intérêts, aide nécesaire du gouvernement. À
Les compagnies privilégiées nécessitent des frais énormes, un personnel important, aussi les entreprises sont-elles onéreuses et mal combinées.
L'abbé Baudeau, (18) définit ainsi le «monopole ». « Que tel lieu soit prohibé, que telle personne soit déclarée incapable de commercer, tout cela forme le monopole, c’est le privilège exclusif de personnes, de lieux, de manières ».
Smith de son côté blâme le commerce exclusif « qui diminue les jouissances de tous les pays en
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général et de l'Amérique en particulier ».
Monopole de la Compagnie des Indes
Les compagnies privilégiées des petites nations réussissaient très bien dans le commerce des Indes. Aussi, les grandes nations ont voulu adopter le mèê-
(17) Condillac (Commerce et gouvernement), Théry 1821- 1822. P. 392.
(1x8) Abbé Baudeau « Introduction à la philosophie économique). p. 36.
PT pes me système pour les opérations exotiques. Alors que chez les petites nations, le profit du commerçant se confond avec celui de l'Etat, puisque ce dernier est presque entièrement composé de commerçanis, il n'en est pas de même pour les grands pays.
«de pareilles compagnies établies dans de
grands royaumes y font de petits états à part, dont avec le commerce naturel du pays et les intérêts de la nation ». (19)
Ces compagnies sont en réalité les ennenis déclarés de l'Etat.
Si les Physiocrates n'ont pas tous la même conception sur la façon de faire le commerce des colonies, ils sont tous d'accord pour critiquer le privilège de la compagnie des Indes, tel qu'il existait à cêlte époque.
« Son intérêt a été non seulement de dégrader dans tous les cas la valeur du produit syrabondant des colonies, mais encore, dans la plupart des circonstances, de décourager l'accroissemeñt de cette quantité et de la tenir au-dessous de son état naturel. » D'après l’auteur de la « Richesse des Nations », le meilleur moyen pour arrêter le développement commercia| de Pinde à été d'y inslituer une compagnie exclusive, Voilà Ia politique qu'ont suivie tous les peuples qui ont trafiqué dans les pays exotiques.
Morellet à traité la question des privilèges des
compagnies d'une façon parfaite el complète, re-
(9) Mirabeau. « Philosophie rurale ». 1763, in-4°. P; 384.
prenant les arguments de Gournay, il en a ajouté d’autres qui montrent bien ses idées physiocratiques.
Son mémoire est comme l'exposé de la dactrine physiocratique sur cette question :
Hislorique de la Compagnie des Indes orientales
La Compagnie a flé constituée en 1664 ; elle avait le privilège exclusif de conmereer dans toutes les Indes ef Îles mers orientales. Exemptée de tous droits de sortie pour les bois, chanvres, fûts et cordages. De plus, l'Etat lui avançait trois millions, somme qui fut portée en 1668 à quatre millions. C'était une situation privilégiée : de 1655 à 1684, le capital se trouva diminué et bientôt réduit au quart de ce qu'il était auparavant.
« Voilà, dit Morellet, un ecommerce immense qui ayait élé nul parce qu'il était réservé à une Compagnie, » (20)
La Compagnie d'occident a été constituée sur les mêmes bases, Pen à peu les fonds de la Compagnie tendent à diminuer ; les dépenses augmentent ; néanmoins on essaie de donner l'illusion que les affaires vont bien et que la situation est prospère.
La compagnie est obligée de suspendre le paiement des dividendes des années 1744 et 1545: en
- 1704, 1765, 1766 des lettres patentes du roi procurent des ressources à la Compagnie,
(20) Morellet, « Mémoire sur la situation actuelle de la Compagnie des Indes » édit, 1760.