‹ Les Idées Coloniales des PhysiocratesChapitre 7 sur 34 · ROSE · texte numérisé non relu

ROSE

Les actionnaires pofileront de la cessation du privilège

Les bilans accusent chaque année une diminution de capital ; les dividendes sont fixés d’une manière arbitraire ; les actionnaires ne peuvent fonder sur les bénéfices futurs aucune espérance raisonnable de continuer leur Commerce avec plus de succès. La Compagnie, pour continuer à vivre, à besoin de fonds nouveaux. D'après Ja situation présente, elle ne pourra se les procurer que très difficilement et en offrant des intérêts très élevés ; il Jui faudra donc les secours de l'Etat.

La France n'était pas encore cultivée comme le désiraient les Physiocrates et c'est à l’intérieur du pays qu'ils souhaitaient que l'argent fût dépensé ; aussi élaient-ils hostiles aux subventions que l'Etat pourrait faire à des exploitations exotiques.

. Mirabeau demandait le développement et le bon entretien du royaume. Quesnay abondait dans l’opinion dé Mirabeau « que l’on facilite les débouchés et les transports des marchandises, par la réparation des chemins et par la navigation des rivières ».

= Morellet d'autre part souhaite que la France soit traversée de canaux navigables et'que les impôts soient moins pesants.

On voit l'hostilité des Physiocrates contre la Compagnie des Indes, qui non seulement laissait péricliter le commerce français, mais occasionnait de lourdes charges à la collectivité française.

Le lourd monopole avait eu pour principal effet d'augmenter la dette publique, d'enrichir les uns

aux dépens des autres, sans procurer à nos nationaux des débouchés en rapport avec les sacrifices du roi.

« De toutes les manières de défendre la nécessité de conserver l'exercice du privilège exclusif de la Compagnie, la plus mauvaise sans doute est celle de mettre en avant le prétendu patriotisme que l’'Etat ne demande point, qu'on peut regarder avec raison comme l'ouvrage du préjugé, ou ce qui serait mieux encore d’une inutile affectation. »

Les partisans du privilège exelusif feront re- “marquer qu'au cas où la Compagnie ne serait pas en état de vivre par elle-même, c’est le rôle de l'Etat de lui fournir les moyens de subsister.

Morellet estime que c’est une extravagance de vouloir faire vivre une entreprise qui n’est pas née viable.

Les intérêts de l'Etat seront lésés en soutenant le commerce des Indes

La Compagnie est incapable de vivre par eliemême : l'Etat ne fera que perdre ; on peut juger la situation de la Compagnie en examinant ses bilans successifs : depuis quelques années elle se ruine progressivement. ;

À la rigueur même, si le commerce exclusif rapportait de l'argent à la métropole, il faudrait réfléchir avant de lui donner des subsides car le trafic libre donnerait de bien meilleurs résultats.

Voici un passage de Morellet qui montre bien son adhésion à l'Ecole physiocratique :

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