‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 163 sur 338 · CUBA I N · texte numérisé non relu

CUBA I N

Oue, quand notre mère vous boude, elle souffre, et que, quand elle vous pardonne, elle rt-nait. Faites-vous pardonner souvent.

LE DUC

Oh! cette fois-ci, mon cher, j'avais, pour ne pas venir, un empêchement bien sérieux ; mais je ne peux pas le dire à ma mère.

URBAIN

Ut à moi, le pouvez-vous?...

LE DUC

Tenez-vous à le savoir?

URBAIN

Oui ; c'est?...

LE DUC

Eh bien, c'est honteux à dire, mais j'avais des gardes du commerce à mes trousses sur le chemin qui mène de chez moi ici.

URBAIN

Vous en étiez là?

LE DUC

Hélas!

Comment êtes-vous venu aujourd'hui?

LE DUC

Parce que je ne viens pas de chez moi. Mon valet de chambre m'a apporté votre lettre... où j'étais! (u rit.)

URBAIN

Où étiez- vous donc?

LE DUC

J'élais sous le onzième arbre à gauche, en entrant dans la foret de Foniainebloau par la route de Melun... C'est là que je demeure quelquefois.

URBAIN

Vous, mon frère?

LE DUC

Cela vaut encore mieux que Clichy... et il y a vraiment des choses divertissantes dans cette vie nomade. Vous allez bien loin chercher des impressions de voyage! Moi, j'en trouve partout.' J'ai, par exemple, un valet de chambre merveilleux pour me procurer des surprises. N'importe où je couche, fût-ce dans la Cité, fût-ce à l'hôtel du Lion d'or sur n'importe quelle route, fût-ce au pied d'un arbre comme cela m'est arrivé encore hier, je le trouve à mon réveil, ayant tout disposé comme si nous étions dans notre hôtel, mon nécessaire ouvert à côté de moi, mon chocolat cuit à point sur son réchaud à esprit-de-vin ; ainsi, ce matin, il m'a kirbifié, coiiïé et habillé sous le onzième arbre dont je

vous parluis tout à l'Iieurc, ul il m'a apporté les journaux, (|ue j'ai parcourus pendaiiL ce temps-là. J'ai lu le discours de M. do Clusey ; il est fort bien, cl le gouvcrnciiiciit n'a qu'à se bien tenir.

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