I. K DUC, pn>;s,'int à droite
Liiisse-moi donc! ma mère no fonde plus sur moi aufiinc espérance de gloire et de forlune. Cest toi, quoi (juc tu en dises, fini salisferas son ambition par le grand mariage. Ah! c'est comme ça; tu t'y décideras, c'est ton devoir! Te voilà passé chef de famille, mon clier Urbain; tu deviens l'aîné, l'espoir et l'avenir de notre maison. Moi , je fais oublier mes turpitudes en disparaissant de la scène du monde; je me marie humblement, et je fais une bonne fin dont tout l'honneur te reviendra.
URBAIN
A moi ?
LF' DUC.
Oui, ingrat! sans toi, je serais encore sous mon arbre, rêvant à des [)éronnelies, et attrapant des rhumatismes! S.»nge donc, fiucllc différence à présent! une chaumière et un cœur! car j'aurai une chaumière, à deux pas d'ici, au bout du parc. J'ai le mojen de vivre en paysan. Je me ferai peut-être laboureur, moi, je ne sais pas; si c'est amusant! ça ne doit pas être bien difTicile. En un mot, je deviens un sage; aussi, quand tu auras besoin d'un conseil, j'espère que tu viendras me trouver.
C'est charmant! Alors, tu es sûr de plaire à mademoiselle de Saint-Geneix ?
LE DUC
Parbleu! Je vas être si aimable! D'ailleurs. je compte sur toi pour lui inspirer une grande confiance en moi.
URBAIN
D'ici à un quart d'heure?
LE DUC
11 y a trois mois qu'elle nous connaît. Le monde a été fait en sepl jours; c'était bien plus compliqué.
URBAIN
Il ne t'en Itmdra pas tant pour changer d'avis.
LE DUC
Je ne changerai plus d'avis.
URBAIN
Jamais ?
Jamais!... jamais!... On ne peut pas répondre à ça! Tu mo poses des questions... Enfin, me voilà fixé pour un bon bout de temps.
URBAIN
Eh bien, il faut commencer par en parler à notre mère !
LE DUC
Non pas, non pas ! elle n'entend rien aux préliminaires ; elle y met trop de solennité; c'est ce qui fait que Ion mariage n'avance pas ; moi, je veux que le mien marche à la vapeur. Je commence par plaire à Caroline; dès qu'elle m'aimera, je te préviens, et c'est toi qui seras chargé de lui dire : « Mademoiselle de Saint- Geneix, vous aimez la campagne, la vie simple; voulez-vous être duchesse, simplement, à la campagne? » Ce n'est pas plus malin que ça.
URBAIN, remontant à droite.
Allons ! que Dieu protège mademoiselle de Saint-Geneix !
LE DUC , passant à gauche.
Tu doutes do moi? C'est absurde!
PIERRE, entrant par le fond.
Madame la marquise fait savoir à M. le duc et à M. le marquis que M. le comte de Dunièros vient d'arriver. ( ii rcsto nu
fond. )
LE DUC
Diable ! il n'y aura pas moyen ce soir.
URBAIN
Tant mieux ! la nuit porte conseil 1
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LK DUC
Mais, si elle ne me conscil!e pas ce que je veux faire?... Vicns-lu ?
URBAIN
Voir Diinièrcs ? Oui, je te suis.
LE DUC
D(»pèchc-loi. (a Pierre.) Au jardin ?
PIERRE
Au salon, monsieur Je rluc. (lo duc son par le fon.i. )
URBAIN
Pierre, j'avais prié mademoiselle de Sainl-Geneix... (c^roiine
entre par la galerie. — Pierre sort par le fond.)