C II A YEN A Y
Eh! quel bon vent vous amène? mon ami, vous n'êtes jamais à Paris qu'à la fin de l'année!
NANTYA.
J'ai un peu avancé mon voyage cette fois... Une affaire sérieuse; une grande résolution que j'ai prise, et à laquelle vous ne serez peut-être pas étranger!
CH A YEN A Y
Moi? (Du Bourg remonte et va feuilleter les albums du piano.) NANTYA-.
Je vous dirai cela. —Et madame de Chavenay?
CHAYENAY.
Vous aurez le plaisir de la saluer tout à l'heure, ainsi que madame Du Bourg, qui a bien voulu dîner ce soir avec nous, et le jeune ménage à qui je donne l'hospitalité tout cet hiver, pour veiller un peu sur ce gamin de Troènes!
NANTYA, après un coup d'neil autour de lui.
Et mademoiselle Antoinette?
CHAVENAY.
Mademoiselle Antoinette est un peu grise de Paris, comme une petite échappée de couvent qu'elle est!... Ce soir, elle va à rOpéra.
NANTYA.
Sans vous ?
CHAVENAY.
Madame de Luz, qui loge dans cette maison et dont la fille est amie de pension d'Antoinette, désirait conduire ces demoiselles à l'Opéra. C'était la première fois qu'Antoinette allait au théâtre! Elle en mourait d'envie, et je n'ai pas su lui refuser cette joie...