M A DAME A U B R A V
Morts tous deux.
VA LMOREAU.
C'est quelque chose. Est-ce tout?
MADAME AUBRAV.
Non, cette jeune femme...
VALMOREAU.
Cette jeune fille...
MADAME AUBRAY
Cette jeune femme...
Elle est veuve ?
MADAME AUBRAY
Peut-être.
VALMOREAU.
Ah! ici, madame, je ne comprends plus du tout.
MADAME AUBRAY
Voyons, monsieur Yalmoreau, soyons sérieux. Ce que vous venez de nous dire tout à l'heure sous une forme plaisante qui convient encore à votre âge, à votre caractère, à vos habitudes passées, n'était-ce qu'une plaisanterie ou bien était-ce sincère?
VALMOREAU.
C'était et c'est sincère.
MADAME AUBRAY.'
Vous regrettez franchement d'avoir mené jusqu'à présent une vie inutile, dangereuse par conséquent pour vous et pour les autres, car elle était en même temps pleine de vilaines actions et de vilains exemples, votre vie de jeune homme?
VALMOREAU.
Certainement, je le regrette.
MADAME AUBRAY
Comprenez-vous que vous avez fait le mal, un mal positif, et que celui qui s'en est rendu coupable, s'il veut réparer ses torts, doit mettre dans sa conduite nouvelle autant de délicatesse, de surveillance et d'abnégation qu'il a mis d'étourderie, d'entraîné- . ment et d'insouciance dans sa conduite première?
VALMOREAU.
C'est vrai!
MADAME AUBRAY
S'il veut qu'on croie à son repentir, il faut qu'il en donne une preuve éclatante. Une jeune fille pure, riche, belle, qu'il aimera, dont il sera aimé, qui lui apportera la famille, la consi-