ACTE TROISIÈME
Jo pourrais donc lui avouer que je l'aimais et le lui avouer à la face de lous. Voilà pourquoi je chantais tout à l'heure, voilà pourquoi je jetais à tous les vents les vers de mon poëte chéri. Voilà j)Ourquoi je viens de courir sur les falaises, tout seul entre les nuages et les flots, parce que j'avais besoin d'espace, de liberté, d'infini, parce que mon cœur déborde, parce que j'ai vingt ans, parce que j'aime enfin, que c'est le premier amour de ma vie, que ce sera mon seul amour jusqu'à ma mort et que je voudrais
le dire à la nature entière! (S'approch mt de Jeannlne qui est agenouiUée
auprès de son enfant.) C'cst de VOUS qu'll s'agit, madame, vous le savez bien. Voulez-vous être ma femme? (jeannine, sans changer
d'attitude, remue la tète arec un signe négatif.) VouS ne m'aimCZ paS?
(Elle reste immobile.) Vous en aimez un autre?
JEANNINE, relevant la tète et montrant ses yeux baignés de larmes, d'une voix étouffée.
Non*!
CAMILLE
Pourquoi, alors?
JEANNINE. du mérae ton.
Demandez à votre mère.
CAMILLE
Alors, si ma mère consent, vous consentirez ?
JEANNINE
Je ferai tout ce qu'elle voudra que je fasse.
CAMILLE, à Valraoreau.
Ah! mon ami. que j'ai hâte de voir ma mère!
VALMOREAU, à lui-même.
Voilà un gaillard qui va souffrir, mais je voudrais bien souffrir comme ça.
FIX DU TKOISIEiJE ACTE.