BLA>X'HE
C'est son grand mot et sa seule coquetterie.
SIDONIE
Pardon, mademoiselle. Je vous ai oubliée, en m'oubliant moi-même aux souvenirs de l'amitié.
BLANCHE
Vous avez raison, madame. Il faut d'abord penser à ses amis. (Apercevant Pierre.) Bonsoir Pierre. (Elle lui tend la main.)
PIERRB, lui prenant la maiu avec une politesse respectueuse.
Mademoiselle, j'ai l'honneur de vous présenter mes hommages.
Mademoiselle! J'ai l'honneur! Mes hommages! (Elle se met à rire.) Et VOUS me prenez la main du bout des doigts, comme si vous aviez peur de vous brûler.
LION' EL, à part.
Peut-être.
BLANCHE
Vous devenez bien cérémonieux à Paris, monsieur Froment. A la campagne, vous n'y mettez pas tant de façons. Pourquoi ne pas me donner aussi bien ici que
là-bas une bonne poignée de main, franche comme notre yieille affection? Pourquoi ne pas me répondre tout simplement : Bonsoir, Blanche, quand je vous dis : Bonsoir, Pierre? Et encore autrefois, c'était bien autre chose : on se tutoyait; et je ne sais pas la raison pour laquelle on nous a fait changer, d'une année à l'autre, cette bonne habitude.
PAULINE
Ma chère Blanche, j'approuve la réserve de M. Froment, et je crois que tu ferais bien de l'imiter.
BLANCHE
Pourquoi? Quel mal est-ce que je fais en disant la vérité, ce que je pense et ce que je sens.
PAULINE
Paris n'est pas la campagne, comme tu le disais fort bien tout à l'heure ; et le monde a ses convenances qu'il faut respecter.
Je n'y entends et n'y entendrai jamais rien. Je suis une sauvage , accoutumée au grand air de la liberté. Pourvu que je n'aie aucun reproche à me faire, c'est tout ce qu'il me faut.
PAULINE
Enfant terrible I
BLANCHE
Maman grondeuse I Mon père, lui, ne me gronde jamais.
PAULINE
Aussi m'a-t-il délégué son pouvoir, se sentant trop faible pour l'exercer.
BLANCHE
Qu'y gagnez-vous tous les deux? Avec lui, je suis toujours d'accord; avec toi, toujours en révolte : ce qui