ACTE PREMIER
ne nous empêche pas d'être les meilleures amies du monde.
PAULINE, à Sidonie.
Comment lui résister?
BLANCHE
Ne m'attaque pas, il n'y aura jamais de lutte. LIONEL, à Pierre.
Elle est d'une crâuerie 1
PIERRE
L'effronterie de l'innocence, plus belle encore que la pudeur.
LIONEL
C'est adorable, mais bien dangereux.
PIERRE
Pour elle, tout au plus.
LIONEL
Et pour celui qui sera son mari ?
PIERRE
Ah ! la loyauté même !
LIONEL
Ce n'est pas assez pour une femme d'être loyale, il faut encore qu'elle soit prudente. N'importe. C'est un charmante fille. — Veux-tu me présenter ?
PIERRE Avec grand plaisir. (S'avançaut avec Lionel vers le groupe des trois femmes.) Madame la comtesse, mademoiselle Blanche, je dis mademoiselle et Blanche pour ne mécontenter personne, permettez-moi de vous présenter mon meilleur ami, M. le marquis de Trésignan.
PAULINE
Je crois, monsieur, que nous avons eu déjà le plaisir
de vous rencontrer. Nous serons enchantées de faire avec vous plus ample connaissance.
LIONEL
Vous êtes trop bonne, madame la comtesse. Mademoiselle , voulez-vous me faire l'honneur de danser avec moi ?
BLANCHE
La seconde contredanse , volontiers , monsieur le marquis; la première est promise à Pierre depuis longtemps.
LIONEL
Mademoiselle , j'espère que notre ami Pierre m'aime assez pour me céder son tour et sa bonne fortune.
PIERRE
Avec plaisir.
BLANCHE
Ainsi, l'on dispose de moi comme d'une esclave?
PIERRE
Sauf votre agrément, bien entendu.
BLANCHE
Soit. J'abandonne volontiers qui me laisse. Adieu, monsieur Pierre. Allons danser, monsieur de Trésignan. Et vous, mesdames les grand'mamans, venez jouer votre rôle de chaperons et faire tapisserie. (Blanche prend le bras de Lionel, Pauline celui cle Pierre, Siclonie
celui cle Pauline, et tous sortent par la galerie du fond à
droite. Le bal continue. Le rideau ne s'abaisse pas. On entend
la musique du bal.)