‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 96 sur 338 · SCÈNE PREMIÈRE PAULINE, SIDONIE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE PAULINE, SIDONIE

SIDONIEj amenant Pauline.

Tiens , Pauline , viens causer. Il est impossible d'échanger quatre mots de suite au milieu de cette cohue. Ici, nous serons libres pour quelques instants, jusqu'à la fin de la contredanse.

PAULINE

Mais Blanche ?

SIDONIE

N'est-elle pas sous la protection de son chevalier, M. Pierre?...

PAULINE

M. Froment est sans doute un homme des plus honorables ; mais...

SIDONIE

Mais?

PAULINE

C'est un jeune homme.

SIDONIE

Le fils du domestique n'oserait, je suppose, lever les yeux sur la fille du maître.

44 LES SCEl TIQUES

PAULINE

Ma chère Sidonie, il n'y a ici ni maître, ni domestique ; il y a un propriétaire et un fermier qui se connaissent, s'estiment et s'aiment depuis longues années. Quant au fils du fermier, M. Pierre Froment, le comte d'Apremont en fait le plus grand cas et professe pour lui une affection paternelle.

SIDONIE

N'en parlons plus. Parlons de toi, de nous, à cœur ouvert, comme au couvent et quelquefois depuis. Asseyons-nous. (Elles s'asseoient sur un canapé.) Là grande question, es-tu heureuse?

PAULINE

Le comte est toujours parfait pour moi.

SIDONIE

Et tu l'aimes ?

PAULINE

De toute ma reconnaissance et de tout mon dévouement.

SIDONIE

Mais l'amour?

PAULINE

J'y ai renoncé depuis longtemps et pour jamais.

SIDONIE

Et l'autre ?

PAULINE

Qui?

SIDONIE

Tu ne m'as pas dit son nom, mais tu m'as raconté votre histoire. Ce beau jeune grand seigneur rencontré dans une ville étrangère, tu ne l'as jamais revu?

PAULINE

Jamais,

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