‹ Les idées de Mme Aubray, comédie en 4 actes, en proseChapitre 97 sur 338 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

SIDONIE

Comment peut-il renoncer à une femme telle que

toi?

PAULINE

Pourquoi me rechercherait-il après m'avoir trahie ? En tous cas, mon changement de nom, de fortune et de position lui aura fait perdre ma trace, Dieu merci ! Et j'espère que le spectre du passé ne viendra pas troubler ma tranquillité présente.

SIDONIE

Qui sait? un hasard...

PAULINE

Je ne te remercie pas de l'augure. Laisse-moi mon espérance de repos et ma confiance en Dieu. Je tc\che d'oublier; oublie aussi, et no m'en parle plus. Parlons de toi, à ton tour, es-tu heureuse?

SIDONIE

Autant que peut l'être la femme de M. Landurel.

PAULINE

Comment donc? Est-ce qu'il ne serait pas bon pour toi?

Excellent, magnifique, admirable; il me donne autant de toilettes, de bijoux, de voitures que je veux, et plus de domestiques que je ne voudrais. Toutes les femmes doivent m'envier un mari pareil.

PAULINE

On ne sait jamais si tu parles sérieusement ou pour te moquer.

SIDONIE

Sérieusement, ma chère, trop sérieusement ; je n'y suis pas habituée, cela me fatigue.

PAULINE

Je sais bon gré à M. Landurel de te rendre si heureuse et je voudrais lui serrer la main ; mais je ne l'ai pas encore vu ce soir, où est-il?

SIDONIE

Au jeu, avec son duc.

PAULINE

Quel duc?

SIDONIE

Le duc de Villepreneuse.

PAULINE, se levant brusquement.

Le duc de Villepreneuse?

SIDONIE, se levant aussi.

Oui.

Richard de Villepreneuse?

SIDONIE

Il n'y en a pas deux que je sache.

PAULINE, retombant sur le canapé, à moitié évanouie. Ah ! mon Dieu !

SIDONIE

Qu'as-tu donc? Que se passe-t-il?

PAULINE, se relevant par un violent effort. Rien ! ma voiture, mes gens, vite î

SIDONIE

C'est donc lui?

PAULINE

Tu connais maintenant mon secret tout entier. Si tu as quelque amitié, quelque pitié pour moi, pas un mot, ni à moi, ni aux autres.

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