‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 161 sur 307 · Fermit, affermit (firmare · texte numérisé non relu

Fermit, affermit (firmare

CHAPITR!^ XXV

nostres, sans ciller Mes yeulx: tant de niilliasses* d'hùmmes enterrez avant nous, nous encouragent à ne craindre d'aller trouver si bonne compaignie en l'aultre monde; ainsi du reste.

Nostre vie, disoit Pythagoras ^, retire* à la grande et populeuse assemblée des jeux olympiques : les uns s'y exercent le corps, pour en acquérir la gloire des jeux; d'aultres y portent des marchandises à vendre, pour le gaing : il en est, et qui ne sont pas les pires, lesquels n'y cherchent aultre fruict que de regarder comment et pourquoi chasque chose se faict, et estre spectateurs de la vie des aultres hommes, pour en juger, et régler la leur^.

Aux exemples se pourront proprement assortir touts les plus proufitables discours de la philosophie, à laquelle se doibvent toucher'' les actions humaines comme à leur règle, Oa luy dira,

Qiiid fas optare, quiJ asper Utile nummiis habet; patriai carisqiie propinquis Quantum elargiri deceat:quem te Ueus esse Jussit, et humana qua parte locatus es in re; Quid sumus, aut quidnamvicturi gignimur''...

que c'est que sçavoir et ignorer, qui doibt estre le but de l'ostude ; que c'est que vaillance, tempérance, et justice; ce qu'il y a à dire entre l'ambition et l'avarice, la servitude et la subjection, la licence et la liberté ; à quelles marques on cognoist le vray et solide contentement; jusques où il fault cramdre la mort, la douleur et la honte ;

Et quo quemque modo fugialque feratque laboremS;

1. Ciller. Remuer les cils. On dit encore desiillcr, ouvrir les yeux ; on ne dit plus siller pour les fermer.

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