N'en est-il pas de même partout
Cela ne tient-il pas à la grâce naïve et séduisante du premier âge, auquel succède faialemeut ce qu"on a justement appe'.é l'âge ingrat. Mais on sait que Montaigne n'aime pas ces « geaules » qu'on a appelées collèges, et ce n'est pas sans raison, s'il n'y a pas trop d'exagéralion dans les ta-
bleaux que nous présentent Rabelais et l'auteur des Essaxs. Ce sont moins des classes que des champs de carnage.
6. Vewre, le soir. Vesper. d'où vùpres, oflice et prières du soir.
7. On voit avec quelle insistance Montaigne revient sur ce système d'un enseignement pratique donné en tous lieux et en toute occasion. De même Rabelais : « Quant à la congnoissancc des faïctz de nature, je veux que rien ne te soit incongneu {Pantagruel. Il, vu).
S. Plutarque, Symposiaques, I, î.
assemblée pour rire et faire bonne chère, ce seroit un meslange de trop mauvais accord* ; et autant en pourroit on dire de toutes les aultres sciences. Mais, quant à la philosophie, on la partie où elle traicte de l'homme et de ses debvoirs et offices, c'a esté le jugement commun de tous les sages, que, pour la doulceur de sa conversation, elle ne debvoit estre refusée ny aux festins ny aux jeux; et Platon l'ayant invitée à son Convive^, nous veoyons comme elle entretient l'assistance d'une façon molle, et accommodée au temps et au lieu, quoyque ce soit de ses plus haults discours et plus salutaires.
/Eque pauperihiis prodest, lociipletibus fcque; l^t, ncgiecta, aeque pueris senibusque nocebit'.
Ainsi, sans double, il choumera'' moins que les aultres. Mais, comme les pas que nous employons à nous promener dans une galerie, quoyqu'il y en ayt trois fois autant, ne nous lassent pas comme ceulx que nous mettons à quelque chemin desseigné": aussi nostre leçon, se passant comme par rencontre®, sans obligation de temps et de lieu, et se meslant à toutes nos actions, se coulera sans se faire sentir; les jeux mesmes et les exercices seront une bonne partie de l'estude; la course, la luicte, la musique, la danse, la chasse, le maniement des chevaulx et des armes'*'. Je veulx que la bienséance extérieure, et l'entregent, et la disposition de la personne, se façonne quand et quand * l'ame. Ce n'est pas une ame, ce n'est pas un corps, qu'on dresse ; c'est un homme : il n'en fault pas faire à deux ^ ; et comme dict Platon, il ne fault pas les dresser l'un sans l'autre; mais les conduire egualement, comme une couple de chevaulx attelez à mesme timon '"; et, à l'ouyr, semble il pas prester plus de temps et plus de sollicitude aux exercices du corps, et estimer que l'esprit s'en exerce quand et quand, et non au contraire?
1. C'est-à-dire un mélange de parties s'aocordant trop mal ensemble.