CHAPITRE VllI
volonliers l'eslat do ma volonlé et de mou jiigemeat envers eulx, comme envers un chascun : je me haste de nie produire et de me présenter: car je ne veulx pas qu'on s'y mescomple*, de quelque part que ce soit-. Entre aultrcs coustumes particulières qu'avoient nos anciens Gaulois, à ce que dict César ^, cette cy en esloit l'une, que les enfants ne se prescntoient aux pères, ny s'osoient trouver en public en leur compaignie, que lorsqu'ils commeuçoicnt à porter les armes-, comme s'ils eussent voulu dire que lors il estoit aussi saison que les pères les receussent en leur familiarité et accointances.
J'ay veu encores une aultre sorte d'indiscrétion en aulcuns pores de mou temps, qui ne se contentent pas d'avoir privé, jiondant leur longue vie. leurs enfants de la part qu'ils debvoient avoir naturellement en leurs fortunes, mais laissent encores aproz eulx à leurs femmes coite mesme auctorité sur louts leurs biens, et loy d'en disposer à leur fantaisie. Et ay cogneu tel soigneur, des premiers ofliciors de noslre couronne, ayant, par espérance do droict à venir, plus de cinquante mille escus do rente, qui est mort nécessiteux, et accablé de dobtes, aagé de plus de cinquante ans, sa merc, en son extrême décrépitude, jouissant encores de touts ses biens par l'ordonnance du père, qui avoit de sa part vescu prez de quatre vingts ans. Cela ne me semble aulcuuement raisonnable. Pourtant trouvé je peu d'advancemeut à un bomme do qui les all'aires se portent bien, d'aller cbercber une femme qui le cluirge d'un grand dot; il n'est point do debte estrangicre qui apporte plus de ruyne aux maisons : mes prédécesseurs ont communément suyvi ce conseil bien à propos, et moy aussi. Mais ceulx qui nous desconseillent les femmes riclies, de peur qu'elles soient moins traictables et recognoissantes, se trompent de faire perdre (|uelque réelle commodité pour une si frivole conjectures
t. C.-k-il. qifon s'y niépreane, qu'on éprouve quelque mécompte.