‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 222 sur 307 · Ni d"un cùté ni de l'autre, eux sur moi, moi sur eux · texte numérisé non relu

Ni d"un cùté ni de l'autre, eux sur moi, moi sur eux

:î. Guerre des Gaules, VI, 18.

■i. Accoiiitance, commerce, fréquentation.

5. Montaigne qui pense si souvent avec les anciens et n'est guère indul- ;.'ent pour les femmes dont il craint " l'ordinaire faiblesse ». a raison de ne pas partager l'avis de Plaute en ce qui roueerue les épouses dotées. « Les femmes qui ont apporté une dot veulent tenir leur mari sous le joug ; c'est

un orgueil intraitable. » (Menechinns.) " Plus je réfléchis, dit un mari du Kevenant, plus je vois que, quand on a épousé une femme richement dotée, on perd le sommeil. » C'est surtout le personnage de Mégadore de la Marmite qui expose dans une longue et véhémente tirade l'inconvénient d'épouser des femmes riches : « Une femme (pauvre) ne viendrait pas vous dire :

ma dot a plus que doublé tes biens, il faut que tu me donnes de la pourpre et des bijoux, des femmes, des mulets, des cochers, des laquais ^our me suivre, des valets pour mes commis-

206 ESSAIS Dr-: MONTAIGNE.

Aune femme flcsr.-iisOTiiiablo, il ne coiisle non plus de passer par dessus une raison, que par dessus une aullre; elles s'ayment le mieul.v où elles ont plus de tort : l'injuslice les alleiclic; comme les bonnes, l'honneur de leurs aclions vertueuses; et en sont débonnaires d'autanl, plus qu'elles sont plus riches; conmic plus volontiers et ^glorieusement chastes, de ce qu'elles sont belles.

C'est raison de laisscîr l'adminislralioii des aiïaires aux mères pendant (jue les enfants ne sont i»as en l'aaye, selon les loi\, pour en manier la charjxe; mais le père les a bien mal nourris', s'il ne peult espérer qu'en leur maturité ils auront plus de sagesse et de sullisance que sa femme, veu l'ordinaire foiblesse du sexe. Bien seroil il toulesfois, à la vérité, plus contre nature, de faire despendre les mères de la discrétion de leurs enfants-. Oti leur doibt donner largement de quoy maintenir leur estât, selon la condition de leur maison et de leur aage; d'aulaiit que la nécessité et l'indigence est beaucoup plus nudseante et malaysee à supporter à elles qu'aux niasles : il fault plulost eu ciiarger les enfants <|ue la mère.

En gênerai, la i)lus saine distribution de nos biens, en mourant, me semble esire les laisser distribuer à l'usage du pais : les loix y ont mieulx pensé que nous; et vault mieulx les laisser faillir en leur esleclion, (jue de nous bazarder de faillir témérairement en la nostre. Ils ne sont pas proprement nostrcs, ])uisque, d'une prescription civile, et sans nous, ils sont destinez à certaitis successeurs. Kt cncorcs que nous ayons quelque liberté au delà, je tiens qu'il fault une grande cause, et bien apparente, pour nous faire oster à un ce que sa fortune luy avoit acquis, et à quoy la justice commune l'appelloit; et que c'est abuser, contre raison, de celte liberté, d'en servir nos fantasies frivoles et privées. .Mon sort m'a faict grâce de ne mavoir présenté des occasions (jui nie peussent tenter, et divertir^ mi»n affection de la connnune et légitime ordonnance. Jeu veois envers qui c'est temiis perdu d'employer un long soing de bons olïices : un mot reccu de mauvais biais ^ elfacc le mérite de dix

sions. (les churs iioiii- luos ooui'sos. » Knlin réiHimération dos dépenses et du luxe de l'épouse dotée se termine par (■elle sentence : •( Une femme qui n'apporte rien est soumise à son mari, mais une épou.se richement dotée, c'est lin flcau. une désolation I » Montaigne s'est chargé de répondre à ces exagé-

raliun<; du comiipu' laliu.

Page 1