‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 223 sur 307 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

ans. Iloiiroux (jui se Ireuve ;i i)uiiict pour leur oindre la volonté sur ce dernier passage*! La voisine action l'emporte- : non pas les meilleurs et plus Irequcnls ofllces, mais les plus récents et présents, font l'opération*. Ce sont gents qui se jouent de leurs testaments, comme de }»ommes ou de verges, à gratilier ou cliaslier diasque action de ceul.v qui y prétendent intercst. C'est chose de Iroj) longue suitte, et de tro[) de poids, pour esire ainsi promenc^e à cliasque instant; et en laquelle les sages se plantent une l'ois pour toutes^, regardants surtout à la raison et observance publicqne. Nous prenons un peu trop à cœur ces substitulions masculines?, et proposons une éternité ridicule à nos noms. Nous poisons^ aussi trop les vaines conjectures de l'advenir, (|ue nous donnent les esprits puériles". A l'advcnlure eust ou faict injustice de me desplacer de mon reng, pour avoir esté le plus lourd et plombé, le plus long et desgousté en ma leçon, non seulement que iouts mes frères, mais que touts les enfants de ma province; soit leçon d'exercice d'esprit, soit leçon d'exercice de corps. C'est folie de faire des triages extraordinaires sur la foy de ces divinations % ausquelles nous sommes si souvent trompez. Si on peult blecer celte règle, et corriger les destinées au cliois qu'elles ont faict de nos héritiers, on le peult, avecques plus d'apparence, en considération de quelque remar(juable et énorme dilTormité corporelle, vice constant, inamendable'', et, selon nous grands estimateurs delà beaulté, d'important préjudice.

Le plaisant dialogue du législateur de Platon'" avecques ses citoyens, fera honneur à ce passage. « Comment doncques, disent ils, sentants leur lin prochaine, ne pourrons nous point disposer de ce qui est à nous à qui il nous plaira? 0 dieux! quelle cruauté, qu'il ne nous soit loisible, selon que les nostres

i. Adourir. <lis|)r)ser fnvornblemonl, coinitio on oint une blessure d'une pommade lénitive.

2. C'est un mot de SalIuRtc : « Postiemn meminere. » On n';i de .«nuvcnir ijue pour les dernières impressions.

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