Les espérances que nous font con- '■ovoir les enfants
S. Les eonjei'tures de l'avenir dont l'auteur vient de parler.
9. Vice qu'on ne peut amender, corriger. Si un chef de famille ]>eut déplorer ces « énormes difformités corporelles » et, dans l'inlérèt de sa race et de sa descendance, songer à ces substitutions dont parle Montaigne, la loi ne reconnaît heureusement pas de pareilles exceptions et la morale ne permet pas de déshériter pour intirniités physiques celui que la nature a déjà déshérité si cruellement.
iO. Traité des lois. liv. XI, vi. Dialogue entre un Athénien et le Cretois Clinias.
nous auront servi en nos maladies, en nostre vieillesse, eu nos affaires, de leur donner plus et moins, selon nos faulasics! » A quoy le législateur respond en celte manière : « Mes amis, qui avez sans double bientost à mourir, il est malaysé et que vous vous cognoissiez, et que vous cognoissiez ce qui est à vous, suyvant l'inscriplion delpliiquc '. .Moy, qui foys les lois, liens que ny vous n'estes à vous, ny n'est à vous ce que vous jouissez*. Et vos biens et vous, estes à voslre famille, tant passée que future; mais encorcs plus sont au public et voslre famille (!t vos biens. Parquoy, de peur que quelque llatleur en voslre vieillesse ou en voslre maladie, ou quelque passion, vous solicite mal à propos de faire testament injuste, je vous en garderay : mais, ayant respect et à l'interest universel de la cité et à celuy de vostre maison, j'establiray des loix, et feray sentir, comme de raison, que la commodité particulière doibl céder à la commune. Allez vous en joyeusement où la nécessite bumaine' vous appelle. C'est à moy, qui ne regarde pas l'une chose plus que l'aultre, (jui, autant que je puis, me soigne du gênerai ^ d'avoir soucy de ce (pie vous laissez. »
Revenant à mon [iropos, il n)e semble, en toutes larons, qu'il naist rarement des femmes à (jui la maistrise soit ileue sur des hommes, sauf la maternelle et naturelle; si ce n'est pour le chasliment de ceulx qui, {lar quelque humeur fiebvreuse, se sont volontairement soubmis à elles : mais cela ne louche aulcunement les vieilles, de quoy nous parlons icy. C'est l'apparence de cette considération qui nous a faict forger et donner pied si volontiers à cette loy, (jue nul ne veit oncques, qui prive les femmes de la succession de celte couronne^; et n'est gueres seigneurie au monde où elle ne s'allègue, comme icy, par une vrayseMd)lnnce de raison qui l'auctorise : mais la fortune luy a donné plus de crédit en certains lieux quaux aullres. Il est dangereux de laisser à leur jugement la dispensalion de nostre succession selon le chois qu'elles feront des enfants, qui est à touts les coups" inique cl fantastique ' : car cet appétit desreglé et goust malade qu'elles ont au temps de leurs groisses*,
1. Conn;iis-toi loi-mèine. c'est la devise (le Socratc quiso lisait inscrite au fronton du leniplo de Delplies.