CHAPITRE VIII
VOUS vivez en espérance d'eschaiiffer leur volonté : mais d'une, souche, il n'y any qu'espérer, ni que jouir qui vaille i.
Or quoy, si je prends les choses aultrement qu'elles ne sonl'' Il peult eslrc : etpourlant^ j'accuse mon impatience » et liens premièrement, qu'elle est egualement vicieuse eu celuv qui a droict, comme en celuy qui a tort; car c'est tousjours une aigreur tyraunique, de ne pouvoir soulTrir une forme diverse à la sienno ; et puis, qu'il n'est S à la vérité, point de plus grande ladeze^ et plus constante, que de s'esmouvoir et picquer des fadezes du monde, ny plus hétéroclite «; car elle nous formalise principalement conireuous; et ce philosophe du lemps passé' neusi jamais eu taulte d'occasion à ses pleurs, tant qu'il se feust considère. Myson, l'un des sept sages, d'une humeur limonienne et dcmocritieune«, interrogé. De quoy il rioit tout seul : « De ce mesme« que je ris tout seul, » respondit il. Combien de sottises d.sjeetrespondsje touts les jours, selon mov; et volontiers doncques combien plus fréquentes, selon aultruy? si je m'en mords les lèvres, qu'en doibvent faire les auKres? Somme i» il tault vivre entre les vivants, et laisser la rivière courre soubs le pont,^saus noslre soing, ou, à tout le moins, sans nostre altération . De vray, pourquoy, sans uous esmouvoir, rencontrons nous quelqu un qui ayt le corps tortu et mal hasty ; et ne pouvons souffrir le rencontre »^ d'un esprit mal rengé, sans nous mettre en cholere? cette vicieuse asprelé tient plus au juge qu'à la laulle. Ayons tousjours en la bouche ce mot de Phuou : « Ce que je ireuve mal sain? n'est ce pas pour eslrc '^ mov mesme mal sain? ne suis je pas mov mesme en coulpe'^? monadverlissenient se peut-il pas renverser'^ contre moy? « Sage et divin refram, qui touette la plus universelle et commune erreur des hommes. Aon .seulement les reproches que nous faisons les uns auK
i. A lircr aucun profit qui vaille.