Creust, du verbe croître, grandir, augmenter
7. Ains, mais. « Ains, dit la Bruyère (chap. De quelques usages), a péri : la voyelle qui le commence, et si propre pour l'élision, n"a pu le sauver. Il a cédé à un autre monosyllabe et qui n'est au plus que son anagramme. >> Notons que waî's n'est pas l'anagramme de ains. Le premier de ces mots vient de magis et le second de ante.
S. Pagine, page (pagina).
9. Remarquer ce souci de la diction, du débit, assez rare à une époque qui semble n'avoir guère connu que la déclamation emphatique ou la psalmodie monotone,
10. Anagnostes, mot grec qui signifie lecteur. Ce jeune page serait Du Ghatel, fils d'un gentilhomme wallon, natif de Baschy en Provence. François 1°' le fit d'abord son lecteur et le nomma aux évêchés de Màcon,puiâ d'Orléans.
tiirclles. Là son prccopteiir ropetoit co, que avoii, oslé Ion, lui cxposnnt les poincts plus obscurs et difficiles. Eux, retornans, consideroient l'eslat du ciel, si tel cstoit comme l'avoient noié au soir procèdent : et quolz signes eulroit ' le soleil, aussi la lune, pour icollc journée.
Ce l'aicl, esloit habillé, peigné, tostonné -, acoustré ^ et parfumé, (liu-ant lequel Icmps on luy ropetoit les leçons du jour d'avaut. Luy mesmes les disoit par cueur, et y fondoit* quelques cas pracli((ucs et concernons l'eslat bumain ; lesquelz ilz estondoient aulcunes fois jusques doux ou (rois lieurcs ; mais ordinairement cessoient lors qu'il cstoit du fout"^ babillé. Puis, par trois bonnes beures, lui esloit faicfe lecture.
Ce faict, issoiont^ bors, tousjours conférons des jiropos de la k'clure, et se desporloient en Bracque', ou es prés, et jouoient à la balle, à la paulme, à la pile trigone'*, galantomont'-' s'exercens les corps, conuno ilz avoient les âmes auparavant exercé ••*. Tout leur jeu n'esloit qu'on liberté : car ilz laissoioiit la. partie (piand leur plaisoil; et cessoient ordinairement lors que suoient parmi le corp.-, ou estoient aullremont las. Adonc estoient très bien essués^' et frottés, cbangeoient de chemise, et, doulcement se pourmenans, alloient voir si le disner cstoit prest. Là alteudans, recitoient clairement et eloquentenient*- quelques sentences retenues de la leçon.
Ce pendant monsieur l'appelit^^ venoit, et, par bonne opportunité, s'asseoient à table. Au commencement du repas, esloit louc^* quelque histoire plaisante des anciennes prouesses,
1. Rabelais emploie en'^ore ce verbe à l'actif, comme en ]».l\n{ii}lrare locum) ainsi que le verbe sortir, co qui semble moins logique.
2. Nous avons flcjà vu ce moL c.-à-il. faire la tète, coifl'er.
3. Acoustré ; le verbe ar.coufror, mettre des habits, a vieilli; le subst. accoutremont est encore en usage.
i. Fondait, du vcvbe fondre, mêler.
."i. Du tout, totalement, complètement.
(5. I.tsoient. de l'anoien verbe issir, sortir: nous avons conservé le participe issu et le substantif dérivé issue.
7. Jeu de paume dans le faubourg Saint-Mar>-'cau, h l'enseigne du ciiien brai/ue.
S. Ancien jeu de paume, à trois personnes placées aux angles d'un triangle, d'où elles se renvoyaient la balle. Les trois joueurs étaient rangés trirjonah'iiii'.nt, d'où le nom du jeu.
9. Galantement, galamment, avec un mélange de grâce et do force : « Le mot f/alant, dit Litlré, reçut une signification plus noble dans les temps de chevalerie, où le désir de plaire se signalait dans les combats. »
10. Nous verrons Montaigne, lui aussi, faire également la part des exercices ., de l'esprit et du corps : « Ce n'est pas X une àmc, ce n'est pas un corps que l'on dresse, c'est nn /tomme. {Essais, livre I", ch. XXV.)