Print cainpos (campus, champ
Expression encore usitée pour dire se donner congé.
S. Lerjuf/p. Prieuré du Bas-Poitou dont Rabelais avait connu deux prieurs successifs. Geoffroi d'Estissac et Antoine Ardillon, abbé de Fontenay-le- Comte. L'auteur profite de ce voyage dans des localités trop bien connues de lui par les persécutions qu'il y a endurées, pour nommer avec honneur ses protecteurs et ses amis.
6i' RABELAIS,
Coiiilo', saluaiis lo doclc Tiraquoaa - : cl de là arrivcrcnl à Maillezais, où il visila le S('[iiilclire iliulicl GoollVoy à la graml dent : dont il eut quelque peu de frayeur, voyant sa porlraicture, car il y est en imago connue d'un lioninie furieux, tirant à deniy son grand malclius ^ de la gaine. Et demandoit la cause de ce. Les chanoines dudict lieu luy dirent que n'estoit aultre cause sinon que jyictoribus atque poelis *, etc. : c'est à dire que les peintres et poètes ont liberté de peindre à leur plaisir ce qu'ilz \eulent. Mais il ne se contenta pas de leur respouse, et dist : « Il n'est point ainsi peinct sans cause ^. Et nie iloubte (|u'à sa mort on luy a faict quelque tort, dont il demande vengeance à SCS parens. Je m'en enquesleruy idus au plein, et en feray ce que de raison. »
l^iis retourna non pas à Poictiers, mais voulut visiter les aul- 1res universités de France : dont, passant à la Rochelle, se mit sur mer et vint à Bordeaul.v, auquel lieu ne trouva grand exercice, sinon des gaharriers^ jouans au luettes '^ sur la grave*. De la vint à Thoulouse, où il apprint fort bien à danser, cl à jouer de l'espée à deux mains, con)me est l'usancc ^ des cscoliers de ladicte université ; mais il n'y demeura gueres, quand il vit qu'ilz faisoient brusler leur regens tous vifz comme harans sorelz *o, disant : « Ja Dieu ne plaise que ainsi je meure, car je suis de ma nature assez altéré sans mecIiaulVer ilavaiitaige. »
Puis vint à Montpellier, où il trouva fort bons vins de Mirc-